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Petit manifeste à l’usage des bien-pensants

Plus jeune, j’étais passionnée. Je le suis toujours; mais ça se voyait davantage. Là où je tapais du poing sur la table, aujourd’hui je hausse les épaules. On appelle ça la maturité, ou encore savoir répartir son énergie. Bon, soyons honnêtes, je tape toujours du poing sur la table, juste moins. D’ailleurs, je vais le faire – mais calmement -, là. Il n’y a aucun intérêt à essayer d’expliquer à un idiot en quoi il est idiot dès lors qu’il est enfoncé et légitimé -croit-il!- dans sa petite morale bien-pensante, et croyez-moi, j’ai essayé. Vous pouvez donner tous les arguments, toutes les preuves tangibles du monde à quelqu’un, si cette personne n’a pas l’esprit ouvert elle ne se remettra PAS en question. C’est mathématique. Le plus beau, c’est que les gens qui ne se donnent pas la peine de réfléchir mais persistent à vous expliquer en quoi leurs préjugés sont en fait non pas des préjugés, non pas des opinions, mais des FAITS, mais la VÉRITÉ, rien que ça, le font souvent à coups de contresens et de sophismes, dans un discours qui dit blanc et noir à la fois, avec des structures argumentatives telles que celle-ci:

p  (¬p  q)

Rien qu’avec ça, sans savoir ce qui est dit, vous pouvez être sûrs que le raisonnement de votre interlocuteur est invalide. p ET non-p steuplais. Comme disait Biff Tannen dans Retour vers le futur: « Allô! Il y a quelqu’un au bout du fil?! » En logique propositionnelle ça s’appelle une contradiction, si vous faites ça je suis désolée mais toute votre autosatisfaction gonflante et dégoulinante ne changera pas ce fait: vous aurez perdu.

Pourquoi je vous dis tout ça? A la base, les gens me font peur. Ils me font peur parce que je ne les comprends pas, je ne les comprends pas parce qu’ils agissent de façon illogique, ou plus précisément, sans saisir la logique inhérente à leurs propres motivations. Ce que je veux dire par là c’est que les gens sont hypocrites. Cela dit, dans la vie, il faut survivre, et moi quand je ne comprends pas, ça ne va pas. Les humains qui m’entourent et surtout ceux qui ne m’entourent pas sont donc devenus un sujet d’études et j’ai petit à petit appris à reconnaître quand tenter d’élever le débat est inutile et à lâcher du lest.

Sinon, oui, j’ai des amis. Je les choisis juste capables de se remettre en question et d’avoir une réflexion de fonds sur les problématiques psychologiques et sociales.

Il y a deux ans, j’ai posté sur un réseau social ce petit montage, à la portée intellectuelle limitée, mais drôle. Pas mal de memes sur ce modèle tournaient à l’époque sur internet, ça m’a fait rire de faire le mien, bref. Par la suite des gens m’ont expliqué, avant de me le montrer, que tout le monde n’était pas beau et gentil, et dernièrement, en retombant sur cette image, j’ai été saisie d’un malaise diffus parce que… Ce montage est tellement vrai qu’il en devient symptomatique d’un problème de fond dans la société, appliqué à la pratique de la photo.

what i actually do

 

Voilà pourquoi j’ai eu finalement envie de vous parler de culture du viol, de slut-shaming, de sexisme ordinaire et de bêtise humaine, des sujets qui ont largement été abordés déjà, mais sous l’angle particulier de la photo et à partir d’anecdotes que j’ai vécues mais dont, j’en suis sûre, des tas de modèles dans mon entourage ont eu à pâtir.

Le coup du « Tu poses à poil alors TG. »

C’est un classique. On m’a fait le coup plusieurs fois. Cet argument consiste à te dire que puisque la moitié d’Internet a accès à des photos de tes seins, ton cerveau a perdu tout aspect fonctionnel, donc retourne à ta cuisine, gourgandine.

Alors perso chacun fait ce qu’il veut mais moi la photo, en plus d’être une passion ça me paie mes études de droit et de philosophie, juste, un peu. Sans jouer au concours de qui a le plus gros cerveau (qui est à peu près aussi élévateur que le concours de qui a la plus grosse… cuisse), je ne pense pas être un exemple de déficience intellectuelle, loin de là. Parfois je partage une actualité qui m’a touchée, comme cet article d’une photographe sur le sexisme ambiant dans le monde de la photo, l’histoire de cette fille qui a défoncé la gueule au mec qui l’agressait dans le métro, en a parlé, et s’est pris insulte sur insulte parce que, oh la sa***, elle portait une jupe, ou je me contente de (oh là là) donner mon opinion sur un sujet. Et là, c’est le drame.

« Retourne poser, c’est ce que tu sais faire » (un illustre inconnu qui, au moins, a eu la délicatesse de me reconnaître un talent (rire, humour, drôle))
« C’est bizarre que tu partages cette histoire, vu ton activité, tu ne te sens pas visée? » (Mais oui bien sûr, je pose nue donc c’est ma faute si les invités aux mariages peuvent être de gros beaufs et si les mecs se promènent avec leur téléobjectif au salon de la photo!)
« Ah je vois que tu poses nue alors la discussion ne sera pas possible! » (Celle-là, ce n’est pas moi qui l’ai reçue, mais rien qu’en partageant cette histoire j’ai eu droit à plus de 300 commentaires de trollage sur la tête, dont du très haut niveau et même un « Mal baisée, va! », donc je me sens fondée à la partager avec vous.)
« Non, mais toi, on voit bien que tu es une garce narcissique qui ne pense qu’à elle-même, sinon pourquoi tu aurais toutes ces photos de toi? » (Ben punaise, si pour être modèle on devait obligatoirement être une pimbêche qui se regarde le nombril je pense que beaucoup de photographes de ma connaissance se seraient mis à la photo animalière depuis longtemps… Attention, je ne dis pas qu’il n’y a pas une petite dose de narcissisme dans la démarche de base qui consiste quand même à décider qu’on sera le support, ou le sujet, de ce qui est destiné à être une oeuvre d’art, mais ceci est un autre débat. Ce que je dénonce ici c’est la généralisation de l’axiome Modèle = fille un peu décérébrée qui s’Âîîîîîme. Et qui, en tout cas, n’a pas son mot à dire dans une discussion entre grandes personnes.)
Et ma favorite, reçue en pleine poire alors que je me défendais d’une attaque ad hominem particulièrement violente au sujet de mon physique (j’étais jeune, ça fait un moment que j’ai arrêté de faire ça) (l’orthographe est d’origine): « C bon depuis ke ta posè pr 3 photographes pédophiles tu t prend tro pr 1 reine de beauté 1 jour tu te fera violer é abandoner ds 1 fossé et se sera bien fait ».

Oui, pour être crédible, il n’y a pas que les bases de la logique, il y a celles de la grammaire aussi. Ce que j’aime dans cette dernière réplique c’est qu’il y a l’essence de la culture du viol ET des préjugés du « grand public » au sujet des modèles mesurant moins d’un mètre soixante-quinze et des photographes dedans. Pour info, l’adjonction subtile du « pédophiles » c’est parce que j’étais très (trop) maigre à l’époque et que j’ai toujours fait jeune pour mon âge. Du coup si quelqu’un trouvait mon visage intéressant c’était malsain tavu.

Je pense que le postulat de base du « Tu poses nue, t’as rien à dire » est double: premièrement, les gens aiment les cases. Dès qu’ils peuvent mettre quelque chose dans une case, ils sont ravis. Je reviendrai d’ailleurs sur ce point. Deuxièmement, les gens ont pour caractéristique principale de ne pas assumer.

Dans l’imaginaire général des gens non familiers avec la photo, la fille un peu dévêtue, voire nue (sacrilège!!!) est associée à l’image de la bimbo: souvent blonde, jamais très intelligente, souvent pourvue de grands attributs par la nature ou son chirurgien, la bimbo apparaît dans des contextes (souvent télévisuels) peu flatteurs intellectuellement; pour résumer, la bimbo est bonne, mais conne. Je me rappelle avoir dit un jour que j’avais un trop joli fondement pour que les gens prêtent attention à ce que j’écrivais. C’était cruellement vrai malheureusement.

Sauf que les mecs, la taille du décolleté d’une fille n’est pas inversement proportionnelle à son quotient intellectuel en fait. (Je viens d’imaginer un monde de science-fiction où les gens ne pourraient pas se déshabiller sans devenir bêtes comme des radis et devraient, en été, résoudre le dilemme perpétuel du confort ou de l’intellect. C’est profond, il faut que je fasse breveter ça.) Genre Adam et Eve ils étaient au stade animal au Paradis alors comme ils étaient bêtes  c’était pas grave qu’ils soient nus mais après ils ont pris conscience alors ils ont eu honte parce qu’être nu c’est mal tu sais. Du coup pour être à l’aise nu faut être bête. (Ceci était un exemple de sophisme ainsi qu’une interprétation particulièrement réductrice de l’ancien testament, mais le pire est quand même qu’il y a VRAIMENT des gens dans le monde qui pensent comme ça.) Donc non. C’est une excuse. Pire, c’est un argument ad hominem qui, très commodément, vous permet de ne pas avoir à argumenter en emportant (au moins dans votre esprit) la bataille, car vous avez mis votre adversaire face à ses vices, et, grand prince, vous lui avez même indiqué l’adresse du confessionnal le plus proche afin qu’elle puisse se laver de ses péchés.

Regardez-vous en face. Vous avez certainement un tas de qualités. Mais à l’instant où vous faites ça, vous vous comportez juste en gros beauf.

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Juste pour être sûre que tout le monde suive: ce dont on parle c’est ce genre de choses, hein. Même pas de la dernière pub du casque Sennheiser. Et quand bien même d’ailleurs…

Le conformisme, ou le poison de notre époque.

L’autre truc avec les filles nues c’est que ça met les gens mal à l’aise. Et on en vient au second problème. On vit dans une société où on voit de plus en plus de centimètres carrés de peau dans la pub, le cinéma, partout, et je m’en moque éperdument, mais par contre on fait culpabiliser les gens sur leur physique, en leur vendant des régimes, des abonnements aux clubs de sport, des épilations totales, de la chirurgie plastique, des push-up, MAIS STOP! Une fille qui était à la une de Vogue il y a soixante ans, aujourd’hui on dirait, par respect du politiquement correct, qu’elle est ronde, pulpeuse, enfin pas mince. Et les femmes à la mode à la cour de Louis XIV n’en parlons pas. Je n’ai rien contre les filles très minces au contraire, mais si on ne nous montre que ça (et qu’on surligne « régime » avec le nouveau stabilo boss pour elle, tant qu’on y est), il ne faut pas s’étonner que les gens aient honte (tellement souvent à tort) de leur corps et en veuillent à celles et ceux qui, sans correspondre aux critères de beauté « actuels » assument le leur. C’est quoi votre problème avec la nudité des autres? C’est votre fuite par rapport au problème que VOUS avez avec VOTRE corps, parce que la nudité d’autrui NE VOUS FAIT PAS DE MAL. A la limite si visuellement vous n’aimez pas, personne ne vous oblige à regarder, mais qu’est-ce qui vous donne une hauteur morale pour juger d’autres filles et pour leur expliquer que ce qu’elles font est mal et que, si elles se font insulter, c’est logique? Que les gens ne sont pas respectueux mais bon, ils sont nombreux, alors vous devez faire pareil?

Oui oui, je n’invente rien, quelqu’un m’a vraiment dit un jour « Je sais que les gens ont tort de t’insulter pour le simple fait d’être toi-même, mais ils sont en majorité, donc tu dois renoncer à ton individualité pour rentrer dans le moule ». Je vais marquer une pause dans l’écriture pour vous laisser le temps d’aller vomir. Mon opinion est celle-ci: ce qui fait la richesse de l’espèce humaine, c’est sa diversité. Si tout le monde doit se ressembler que devient l’intérêt de la vie? Out, exit, kapputt. Le fun de la vie tué par la morale judéo-chrétienne. J’en profite pour vous coller une ou deux répliques de Doctor Who parce que le ton de ce post est un peu trop sérieux, et ne saurais trop vous renvoyer aux travaux du Dr Erich Fromm en matière de conformisme pour plus de détails. De façon très résumée: le malade, n’est-ce pas celui qui est parfaitement adapté à une société malade, plutôt que celui qui ne s’y retrouve pas? A méditer.

« Am I… funny? Am I sarcastic? Sexy? Right old misery? Life and soul? Right-handed, left-handed, a gambler, a fighter, a coward, a traitor, a liar, a nervous wreck? »

« You know what? In nine hundred years of time and space and I’ve never met anybody who wasn’t important before. »

Les gens qui m’aiment parlent de jalousie, mais ils le disent parce qu’ils m’aiment, moi je suis profondément convaincue que le vrai moteur, le plus profond, à l’oeuvre ici, c’est la peur de la différence. Et l’ignorance, mais pas que. L’ignorance est bien commode, elle tend à devenir constitutive d’une excuse. Je ne connais aucune modèle qui ne se soit un jour fait traiter, à des degrés divers, de puterelle ou de gourgandine, pour rester dans du désuet vaguement correct. Je ne sais pas ce que les gens s’imaginent qu’il se passe pendant une séance photo mais je dois mal faire les choses, il ne m’y est jamais rien arrivé de sexuel. Pourtant, si poser doit faire de moi une sal***, il faut bien que je doive passer à l’acte à un moment…, non? Ah, quoi? On me souffle dans l’oreillette que les gens transposent leurs propres motivations au fait d’autrui et ce faisant se plantent totalement sur l’interprétation à donner à celui-ci? Vous me rassurez…

 L’autre chose que les gens n’ont pas l’air en mesure d’assumer ce sont leurs propres réactions. C’est d’ailleurs ce qui les pousse à se montrer aussi incohérents. Et violents verbalement. Et voilà pourquoi la première réaction qu’on obtient quand on parle d’une fille qui s’est fait agresser c’est, dans 80% des cas « Comment elle était habillée? ». Personnellement il ne me suffit pas de voir un homme en caleçon (ou sans caleçons, mais restons prudes et droits) pour me faire dissoudre ma petite culotte, ça a d’ailleurs plus de chances d’arriver si le sujet de mon  observation conserve ses vêtements dans un premier temps. J’attends donc des membres du reste de l’espèce humaine la même retenue, à savoir, ne pas se mettre à baver convulsivement en mode « fi-fiiiiille » dès qu’ils aperçoivent un téton. C’est un dérivé de la culture du viol en fait. On te voit nue. Des gens te trouvent désirable. C’est donc forcément pour allumer ces gens que tu t’es mise nue, ça ne peut pas être pour l’art (ou pour ne pas mettre ta robe en dentelle neuve dans un marais puant)! De la même façon: tu portais une jupe. Un mec s’est excité et t’a agressée. Attends mais tu l’as cherché, c’est évident que tu ne portais pas ta jupe pour toi ou ton confort ou simplement te trouver jolie, c’était pour te faire désirer. Tu as été violée? Ta faute. Tu ne vas pas EN PLUS te plaindre, c’est plutôt flatteur, non? (Je ne reviendrai pas sur le fait que ce genre de raisonnements est AUSSI insultant pour euh, bah les hommes, qui ont un cerveau aussi, enfin je crois) Les gens sont, certes, stupides et méchants quand ils tiennent ce genre de raisonnements, mais leur vrai problème c’est qu’ils confondent l’effet avec la cause. « Elle met du rouge à lèvres, c’est pour attirer l’attention sur ses lèvres, suceuse ». Non. Elle a mis du rouge à lèvres pour (probablement) se sentir jolie. TU as eu l’attention attirée sur ses lèvres et TU as fait le choix de penser non pas « joli sourire » mais « suceuse ». Si tu as pensé ainsi, c’est probablement parce que tu es formaté par la société, qui t’a également appris que les jupes au dessus du genou c’était pour les filles de mauvaise vie, et que la fâme doit rester chez elle, et qu’il est normal qu’à défaut, elle soit payée 30% moins à diplôme égal. C’est très patriarcal quand on y pense. La fâme ne peut avoir agi qu’en fonction du regard de l’Homme qui va la voir, elle ne peut pas juste s’être fait belle pour elle. Moi j’avoue que hors shoot ça me gonfle considérablement de m’apprêter, j’estime que les gens n’ont pas à me trouver jolie pour m’apprécier, ou alors ce sont des connards. C’est aussi probablement la raison qui me rend transparente dans la rue et qui fait que je ne me suis jamais de ma vie fait agresser et très rarement emmerder: de loin, j’ai l’air d’un mec. Pour autant, je comprends le concept du « se faire belle pour se sentir bien soi-même », ce serait bien que le reste du monde en fasse autant. C’est très égocentrique finalement, non?, de penser que le moindre mouvement de hanche d’une fille est fait à votre attention alors qu’elle a peut-être juste mal aux pieds. De la même façon, si une modèle est à moitié nue, peut-être qu’il y a une histoire derrière. Un symbolisme. Peut-être que c’est cohérent avec une démarche philosophique. Peut-être que c’est une étape dans une démarche d’acceptation de son corps.  Peut-être qu’elle et le photographe ont juste pensé que ce serait joli. Dans tous les cas, si elle s’est déshabillée je peux vous assurer qu’en AUCUN CAS ce n’était pour déclencher une érection chez tous les pervers du net.

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Outre ça, nous devons arrêter de penser que notre corps est ce que nous avons de plus intime. Ce serait franchement triste. Notre corps est infiniment fragile. Il peut être détruit dans un accident. Des gens peuvent le modifier à grands renforts de scalpels. Les publicitaires lui imposent un espèce de diktat sordide pour nous dire à quoi il doit ressembler. Relisez cette phrase. Des gens se permettent de nous dire à quoi notre corps devrait ressembler. Et vous n’avez pas envie de les rouer de coups pour leur apprendre à vivre? Chacun est libre d’avoir son propre rapport au corps, mais pour moi ma nudité n’est qu’une tenue supplémentaire. Parfois je mets une robe de princesse, parfois un blouson en cuir, parfois je mets juste ma peau. C’est tout. Si des gens veulent y voir autre chose je refuse d’en être responsable.  Un studio photo, un plateau de tournage, ne sont pas une boîte de nuit, et même en boîte de nuit il serait inacceptable (de mon point de vue, mais j’admets que mon expérience de ces endroits est limitée) qu’une jeune fille dévêtue soit traitée comme une catin à ce seul motif.

Le problème plus large qui se pose -je dis qu’il est plus large parce qu’il englobe tous les rapports humains-, c’est que les gens ont tendance à penser à la place des autres, mais sans se repositionner dans leur point de vue. Ce qui fait que même en cherchant les motivations des autres on a tendance à leur calquer les nôtres même quand il n’y a pas lieu. C’est de l’anthropomorphisme à petite échelle. Ca fait des ravages.

Et je vis un truc vraiment rigolo en photo, qui est un peu le contraire de ça, c’est quelque chose qui m’a sauté aux yeux alors que je réfléchissais à la perception que l’on a du travail d’autrui, plus que d’autrui lui-même. Un jour, une amie me disait un peu ce qu’elle voulait obtenir comme rendu et m’a dit « Fais-moi ton expression glamour que tu fais si bien ». Je lui ai dit « Euh le glamour c’est juste le truc que je sais le moins faire au monde alors il va falloir être plus spécifique là. » Elle m’a dit « Mais si, tu le fais tout le temps », je lui ai dit « Bon, montre-moi ». Elle a cherché dans mes albums et en avait parcouru environ la moitié, comme je l’avais prévu, avant de trouver quelque chose qui corresponde. Ce n’était pas méchant de sa part; mais c’est très symptomatique d’une tendance qu’ont les gens à ne retenir que ce qui les arrange pour, justement, nous coller dans une case. Objectivement, je n’ai pas de case. Je navigue dans tous les milieux sans appartenir à aucun et en me fichant de ce qu’on pense. Pourtant, pour les gens qui font de la mode (et les gens hors du milieu de la photo… tout simplement), je suis la fille qui pose nue (alors que pas tant que ça), pour les gens qui font du fetish je suis la fille qui pose en nymphe, pour les gens qui font des nymphes je suis la fille qui pose en latex… Et j’ai même eu des gens qui m’ont dit (toujours gentiment) de ne pas changer de couleur de cheveux parce que ça tuerait mon côté femme fatale.

Mon côté femme fatale. J’ai cru avaler de travers. J’ai un visage XVIIIème, des traits doux, des formes assez neutres et des expressions éthérées. Je n’ai pas un côté femme fatale. Ne venez pas me dire que je me déprécie ou quoi que ce soit, j’ai un tas de qualités mais je n’ai pas un côté femme fatale. Je peux éventuellement m’en donner un parce que je travaille mes expressions et que je ne reste pas figée dans un personnage mais je suis désolée, ce à quoi je ressemble au naturel, sans effort, ce n’est pas ça:

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C’est plutôt ça:

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Ca a l’air anecdotique comme ça, mais si je vous en parle c’est que je suis convaincue que la plupart des gens ont intériorisé tout un tas de symboles et les appliquent pour justement classifier les gens comme si c’était une recette magique et ce sans tenir compte de leur personnalité. Alors les blondes c’est doux, les rousses c’est femme fatale et les brunes c’est domina. Oui, mais non. Les choses ne sont pas si simples. Les gens non plus. Les jupes ça peut être excitant comme ça peut être confortable, une fille nue ça peut être excitant comme ça peut être poétique, une fille dans un lac ça peut être Ophélia tout comme ça peut être n’importe quoi d’autre. Les objets ne sont pas cantonnés à un seul rôle, les gens non plus, et le monde serait beaucoup plus agréable à vivre si les gens cessaient d’avoir peur de ce qu’ils ne peuvent pas réduire à une fonction connue. Soit dit en passant, en tant qu’êtres humains, il me semblait acquis depuis les Lumières au moins que nous étions des fins en soi et non des moyens. Je dis ça comme ça…

Pour conclure ce déjà trop long post, quelques généralités qui vont de soi, mais qui vont mieux en le rappelant: rien ne justifie qu’on agresse qui que ce soit, que ce soit physiquement ou verbalement. Si vous soutenez le contraire vous salissez tout le monde, vous compris, pas que la victime. Les gens n’ont pas forcément le même mécanisme de pensée que vous, et le meilleur moyen de vous faire une opinion sur eux, c’est encore de parler avec eux. Encore que le plus sain soit selon moi de ne pas avoir d’opinion sur les gens qu’on n’a pas eu l’occasion de rencontrer. Je parle ici bien sûr des gens, non du travail de ceux-ci. La nuance est de taille et mérite d’être soulignée.

Je suis toujours en jean.

« Notre intégrité est facile à ignorer, mais elle est vitale. C’est une force invisible qui coule dans nos veines. C’est grâce à elle… Que nous sommes libres.
(…) Et différent devint dès lors synonyme de dangereux. Je n’ai toujours pas compris…,
pourquoi ils nous haïssaient autant. »
Valery’s letter, V for Vendetta.

Edit du 23 novembre 2015 : Si tu as lu cet article jusqu’au bout, tu seras probablement intéressé de savoir que je travaille en ce moment sur un projet de livre sur toutes ces problématiques et bien plus autour de la pose, l’image, le corps… Et que tu peux soutenir et partager le projet jusqu’au 9 janvier 2016 en cliquant là : 

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52 réflexions sur “ Petit manifeste à l’usage des bien-pensants ”

  1. Tombée sur ce post totalement par hasard, accrochée dès les premières lignes et absorbée jusqu’au bout. J’en ai lu pas mal, des articles et des billets sur ces comportements, mais aucun n’est aussi percutant que celui-ci

    Bravo et merci

  2. J’avais aussi la haine de la manière de penser des autres, je ne comprenais pas les si grands écart de mentalité entre les peuples, pourquoi les scandinaves étaient bien plus « civilisés » que les français (je parle à l’échelle du pays, pas individuel), ou pourquoi le moyen-orient avait 200 ans d’écart avec les français. Et ça me foutais la rage, j’avais envie de tout bombarder, mais un ami m’a montré ce livre très intéressant sur une vision du développement humain, et depuis j’arrive mieux à comprendre et à accepter que tout le monde ne soit pas au même niveau.
    https://drive.google.com/file/d/0B5pSC1cdsXGAbHJobjBadzNObjQ/edit?usp=sharing

    (J’espère que tu peux le télécharger, sinon je te l’envoi par mail)

    J’espère que ça t’aidera comme ça m’a aider, car je ne pense pas qu’on puisse vivre pleinement en ayant la rage (et je pense que personne ne le devrait, mais ça je ne peux rien y changer au niveau mondial).

    Et sinon continue à faire ce que tu veux sans lire les commentaires des trolls et des haters.

    1. Waouh parler de « niveaux » d’évolution Nord-Sud ou comment poser les bases du racisme…
      Je te rappelle que les « scandinaves » comme tu les appellent ont conservés une culture vivace du nazisme… Si ça, ça les fait se placer en haut de l’échelle du développement humain je ne veux pas savoir sur quelle valeur tu t’appuie pour en imaginer les barreaux !

  3. Remarquable analyse, remarquablement exprimée et écrite.
    Deux conclusions s’imposent:
    une question: mais comment diable trouves-tu le temps…
    Une certitude: à te lire et à te voir, on ne peut qu’avoir envie de mieux te connaître et donc de te rencontrer. La réalité virtuelle, c’est bien, la réalité tout court, c’est mieux.
    Encore merci pour les bons moments dont tu me fais profiter.

  4. Bonjour Sirithil,

    Tout ça est malheureusement vrai… Et ça va même plus loin que ça ! Regarder des photos de nus, c’est mal, ça prouve qu’on est obsédé sexuel, etc.

    Je pense aussi que les gens ne sont pas bien avec leur corps et celui des autres.

    Mais moi j’aime regarder les photos de Sirithil, de Mejika Setsunai (qui est une jeune femme super gentille, sympa et bien dans sa peau aussi), d’Anaïs, etc. J’ai découvert votre monde de modèles et de photographie via Facebook et je trouve ça vraiment admirable.

    Pour avoir parlé avec plusieurs d’entre elles, j’ai toujours échangé avec des femmes (ou des hommes aussi d’ailleurs) bien dans leur tête et certainement pas décérébrées ou blondasses.

    Ces photos m’apportent du rêve parce que vous êtes belles mais aussi parce que vous dégagez de la personnalité… Parce que les mises en scène sont recherchées… Parce qu’il y a un travail sur vous-mêmes aussi… Je me souviens de Mejika qui ne posait pas nue il y a quelques années et qui le fait maintenant… Du travail !

    Merci beaucoup pour toutes ces belles choses ! Et aussi pour ce coup de gueule (mais le mot est fort) percutant et révélateur de ton intelligence.

    Continue à nous faire rêver ! :-)

    Merci pour tout !

    Amitiés

    Christian

  5. Un article très intéressant et bien écrit.

    Quand j’étais ado, je me souviens avoir aimé des styles assez marginaux… et n’avoir jamais vraiment « basculé » dans ces styles, simplement parce que j’avais peur du regard des autres et de me faire agresser… Je ne suis pas une fille jolie, je ne suis pas irrésistible, je suis même plutôt passe-partout, comme toi quand tu marches dans la rue, d’après ce que tu décris, mais parfois j’aimerais oser davantage, avoir le droit de m’habiller un minimum sexy, même pour me sentir désirée, parce que ce n’est pas un crime… mais comme tu le dis si bien « oh lala mais tu veux te faire violer? Tu cherches quoi avec ton style de pétasse »
    … Et comme toi je soupire et hausse les épaules…

    Au niveau de l’art et dans un autre degré, même si dans le fond le débat est le même…
    Il y a quelques années, je discute avec deux adultes, plutôt cérébrés et avec une certaine culture, de nus artistiques.
    Je sens leur réticence à avoir « ce genre » de tableaux/photos chez eux.
    Et je lance comme ça : « j’ai un nu dans mon salon ».
    Et de suite « un nu masculin alors? »
    Et moi de penser, bah oui évidemment parce que le nu est forcément érotique et hyper-sexualisé et comme je suis hétéro je ne peux qu’avoir un nu masculin chez moi ça coule de source…
    « non un nu féminin »
    « De dos? »
    Et oui apparemment, avoir un tableau montrant une femme nue chez soi en étant une femme hétérosexuelle, c’est difficilement concevable, mais alors si son sexe est visible ça devient carrément une hérésie.

    J’ai donc chez moi un magnifique tableau, peint par mon frère, que je lui ai réclamé dès que je l’ai vu tant je le trouvais fabuleux, d’une femme, nue, et de face, dans une position révélant absolument toutes « les zones intimes » ou presque.
    Et j’adore ce tableau. Je ne me lasse pas de le regarder et de l’avoir chez moi, accroché sur le mur de mon salon.
    Je ne fantasme pas dessus.
    Et mon copain ne passe pas son temps à le mater en se disant « putain elle est bonne » parce que j’ai la chance d’avoir pour compagnon un specimen qui semble en voie de disparition et qui n’associe pas systématiquement nudité et sexe.

    Voilà c’était mon petit pavé à moi dans les commentaires de ton article très intéressant que j’ai pris plaisir à lire et j’espère avoir l’occasion de lire d’autres articles de toi par la suite :)

    1. Tu fantasme sur ce que tu veux peut importe ton orientation sexuelle inutile de la préciser ou de te justifier.
      Aux autres de justifier leur sous entendus d’aller au bout de leur questionnements. Ça auras au moins le mérite de leur faire entamer une petite réflexion.
      1- »Pourquoi tu a/fait ça ? »
      2- »Pourquoi tu me le demande ? Que veux tu dire en me demandant ça ? »
      1- »Parce que… »
      2- »Quand tu seras arrivé au bout de ton raisonnement tu méritera alors que j’en fasse autant »
      1a »Silence…* » ou 1b »Merde »

      *Seul ce cas mérite alors d’y revenir et le second reste seul face à sa bêtise

  6. Bonjour, alors pour commencer je lis de temps en temps ce genre « d’articles » et je n’y réagis jamais. Là, je sais pas, je me suis senti inspiré au fil des paragraphes et ça m’a donné envie de donner un peu mon avis. C’est d’ailleurs le but je crois, que des gens réagissent.

    J’aimerai surtout commenter certaines phrases.

    - »(Je viens d’imaginer un monde de science-fiction où les gens ne pourraient pas se déshabiller sans devenir bêtes comme des radis et devraient, en été, résoudre le dilemme perpétuel du confort ou de l’intellect. C’est profond, il faut que je fasse breveter ça.) » => Ça, ça m’a bien fait marrer parce que c’est vrai. Et ça l’est d’autant plus que ça vaut aussi pour les mecs, peut être à moindre échelle. Je parle en connaissance de cause, j’en suis un. Pour le bien de mes études, je me retrouve une bonne partie de l’été à gratter la terre en plein pic du soleil et dieu qu’on a envie de se foutre torse poil pour profiter de la moindre brise pouvant rafraichir.
    Bon, hors toute considération sanitaire concernant les dangers du soleil sur la peau nue, pourquoi je, et d’autres, ne le font pas? Parce que les premières réactions sont « nan mais regarde comment il se la pète lui, il est même pas musclé et il a des poils, ça sert à rien de se montrer » (c’est un souvenir approximatif, mais ça vient de jeunes filles). Je suis le premier à être taquin, et je suis pas susceptible, mais bon, on peut avoir envie de se mettre à l’aise sans se dire « hinhin allez je vais dégager un peu de testo ». Et ça marche du coup pour les filles, je les plains, à être obligée de garder sous-tif et t-shirt ou débardeur quand il fait 40 degrés. Bwef, tout ça pour souligner ta petite parenthèse qui fait sens, selon moi. Maintenant, le contexte communautaire (fouilles archéologiques) dont je parle amène à côtoyer des personnes que l’on ne connait pas et on peut comprendre qu’il n’est pas de bon goût de s’exhiber devant elles (les personnes).

    Ça soulève d’ailleurs les points que tu as énoncé, sur le regard d’autrui sur la nudité des autres. Et ça peut être parfois aussi « violent » pour les mecs. On se met torse nu, alors on se la pète. Le conditionnement social (je devrai mettre ça entre guillemets) des hommes peut faire que ça va moins nous choquer, nous marquer, parce qu’on va se dire « j’en ai rien à foutre », m’enfin c’est quand même là. C’est le genre de truc qui me fait pas chialer le soir, mais je tenais à en faire part, peut être que ça fera réagir certaines personnes.

    -La photo où tu as mis en note « Juste pour être sûre que tout le monde suive: ce dont on parle c’est ce genre de choses, hein. Même pas de la dernière pub du casque Sennheiser. Et quand bien même d’ailleurs… »
    => Pour moi, et ça en dit long, l’intérêt central de ce cliché c’est pas que tu es à poil. En la regardant, mon regard a directement été accroché par le visage et la magnifique « mise en scène » (je sais pas comment on le dit en termes techniques) des cheveux. Dans le sentiment que ça m’a donné, le corps nu n’est là que pour mettre en valeur ces deux éléments. Si je dis ça, c’est pour souligner le fait qu’on est pas tous égaux face à l’art et que si certains vont y voir l’intérêt artistique, d’autres y verront la vulgarité. J’ai la chance d’avoir eu une petite formation en histoire de l’art et arts plastiques, mais ça m’a aussi appris qu’on a tous notre propre seuil de tolérance face aux oeuvres d’art. Et malheureusement, le seuil de certain ne dépasse pas la semelle de leurs Air Max (« hé vas y une paire de sein, j’ai trouvé un nouveau site de cul »).
    Maintenant est-ce qu’on peut reprocher aux gens de ne pas avoir été initiés à la complexité de l’art? Je ne pense pas. Est-ce que peut leur reprocher leur niveau de tolérance 0 , je pense que oui (ces mêmes personnes qui reprocheront ardemment à certains politiques, ou institutions religieuses leur manque de tolérance) . En me relisant, je vois que l’on pourrait penser que je vise les arabes (n’ayons pas peur des mots), mais ce n’est pas mon intention. Y’a des cons partout et pas besoin d’être blancs, beurre, noir ou jaune pour être un sombre connard (ça, c’est de la réflexion de bas étage, mais bon.)

    Pour finir, parce que c’est déjà très long et on pourrait commenter l’article pendant des heures, je n’ai pas retrouvé le passage exact mais à un moment tu commentes les nombreux commentaires moisis qui ont pu t’être adressés. Tu tentes d’y trouver des raisons, qui se tiennent, mais il me semble que tu n’as pas exploité l’une d’entre elles. Personnellement, je vois dans ce genre de commentaires une sorte de perversité refoulée publiquement, déversée très facilement depuis un clavier seul dans son salon. Et qui, j’en suis certain, entraine une espèce de satisfaction malsaine « allez c’que je lui ait mis à cette pute » . C’est hyper triste, mais je comprend que certains peuvent se satisfaire de ça. C’est con, et c’est un peu résigné (ce que tu critiques dans l’article aussi), mais ça fait partie de notre nature humaine actuelle, héritée de nos derniers 10 000 ans d’histoire. Je dis nature humaine actuelle car je ne pense pas qu’elle soit immuable.

    Et (après j’arrête promis), j’aimerai apporter mon point de vue sur le commentaire de Mammstein concernant les écarts de mentalité entre les peuples. Je n’ai pas lu le livre que tu as proposé, donc pardon d’avance si je dis des choses qui y sont explicitées. Ayant fait des études d’histoire, et maintenant d’archéologie, ça fait maintenant 5 ans que je « blow my mind » sur ce genre de questions. En plus, j’étudie les interactions sociales et économiques d’il y a 3000 ans.
    Et du coup, je ne pense pas qu’il y ait d’écarts de mentalité entre les peuples. Il y a seulement des héritages culturels différents. Et nous, avec nos grosses chaussures d’occidentaux « bien évolués », on juger, puis pisser sur ce qui nous semble moins évolué. On est personne pour faire ça. Le peuple occidental doit être celui qui a le plus de sang sur les mains, et qu’on ne me dise pas qu’on a dépassé tout ça parce que c’est des conneries. Si on en est là aujourd’hui, c’est parce qu’on a eu le temps de se développer à notre rythme. On a pas eu une bande de connards bénéficiant d’une supériorité technologique et qui, forte de celle ci, se sont mis à vouloir nous apprendre la vie et nous faire sauter 500 ans de développement. On passe pas d’une société de type chefferie ou clan à une démocratie en claquant des doigts. Les écarts de mentalité, c’est nous qui les avons créé, qui les créons encore, et on en est encore à vouloir apprendre la vie à tout le monde. Sans tirer des leçons de ce qu’il s’est passé les deux derniers millénaires.
    Je suis pas entrain de dire qu’il faut défendre, ni même laisser faire, le lapidage d’une femme parce qu’elle s’est pas pointée voilée. Ou laisser un oncle violer sa nièce de douze ans pour lui apprendre à satisfaire son futur mari. Mais en tentant de le changer de force, on ne fait qu’aggraver les choses et derrière, on s’étonne que des bombes pètent dans nos métros. A quel moment on peut se dire qu’on est tout blancs en allant massacrer de l’arabe pour du pétrole et qu’ils sont méchants en répliquant par leurs moyens? Ils réagissent de manière extrême, à un comportement extrême. Seulement nous, on a les médias qui nous disent « non, nous, c’est bien ce qu’on fait ». (Pour l’anecdote, le coup les gamines aborigènes violées a douze ans par leur oncle, c’est Lévi Strauss qui le raconte. Sauf que, même si ça n’est pas excusable, les aborigènes le font par héritage d’une culture ancestrale remontant à bien avant l’émergence de nos petites valeurs. Lui, occidental, et ses compagnons se sont pas gênés pour prendre part à la fête et faire comme eux. Mais dans leur cas, c’était pas par respect à une tradition vieille de 5000 ans, ou plus, c’était par pure perversion impunie. Qui sont les gros chiens maigres dans l’histoire? A méditer.)
    Enfin bon, j’arrête là, je laisse le débat ouvert.

    Pardon pour la longueur du commentaire, le léger hors sujet final et l’aspect « paté » que tout ça aura. Pour conclure sur l’article, je le trouve très bien écrit et il y a de très bonnes réflexions. Un petit bémol, selon moi, c’est qu’il ressemble quand même pas mal à d’autres de ce type dans la forme et le style employé. Probablement imputé au fait que tu as lu de nombre de ces articles, mais avec de l’entrainement et de l’expérience, je pense que tu gagneras énormément en faisant évoluer ton style et te l’approprier. Je pense que tu écriras alors des choses redoutables ;)

    1. Whaaaat!
      Si je m’attendais à ça^^ (Je t’ai reconnu, mais uniquement grâce à ton adresse mail, je l’avoue, et m’avoue curieuse sur la façon dont tu as bien pu atterrir ici!)
      Mon histoire rigolote (mais profonde) était aussi à double sens: cette problématique du confort de celui qui n’a pas conscience des problèmes, du trop-plein de réalité en pleine figure que tu te prends lorsque tu prends la peine de réfléchir… Ce n’est certes pas nouveau: les gens qui réfléchissent sont plus malheureux que les autres (Merci Ray Bradbury). D’où mon départ un peu pessimiste en mode « de toute façon ça sert à rien », qui vise finalement à se débarrasser d’un trop-plein d’affects…
      Bref…
      Ne t’excuse pas, j »ai trouvé ton commentaire très intéressant et enrichissant. Pour répondre à ton bémol: tu as correctement inféré ma lecture régulière d’articles de ce genre (et qui m’ont touchée), mais je n’ai pas vraiment l’habitude d’écrire des textes engagés, j’ai tendance à leur préférer le débat. Mais cette petite synthèse (non-exhaustive, loin s’en faut!) de mes réflexions a dû, in a way, m’apparaître nécessaire, et les réactions des gens me remerciant d’avoir mis des mots sur ce qu’ils vivaient n’ont fait que me conforter dans cette idée: même si on n’ouvre les yeux qu’à une personne sur cent, on se sent moins seules après ça.
      Par contre toute la question du conformisme est un truc qu’il m’intéresserait vraiment d’étudier plus en profondeur, je passe déjà beaucoup de temps à y réfléchir (et aux sujets connexes) mais il n’est pas exclu que j’en fasse une étude un jour.

    2. Et bien le livre parle de ce que tu décris en gros. Le livre parle d’une théorie « créée » par un psychologue qui a bossé dessus pendant plus de 25 ans.
      En résumé rapide pour ceux qui n’ont pas envie le livre donne ça :
      La Spirale Dynamique, comprendre pourquoi les Hommes s’organisent et pourquoi ils changent.
      - Au début l’Homme a besoin de survivre dans la nature hostile, donc il se regroupe, chasse, survit. Puis il commence à se poser des questions sur les différents phénomènes naturels.
      - Ainsi commence l’ère du shamanisme, inventer des esprits d’animaux qui régissent les phénomènes que l’on ne comprend pas. Une fois ces éléments maitrisés, que le groupe d’humain (en l’occurence tribus) sécurisé et nourris facilement, viens l’étape suivante.
      - L’Homme a besoin d’étendre son village et donc de conquérir, il a aussi besoin de reconnaissance et d’être le plus fort, c’est l’époque des empires (romains, ottoman, huns, etc…). Mais la tuerie ça lasse au bout de quelques siècles, lorsqu’il n’y a plus rien à conquérir, donc l’Homme commence son évolution suivante.
      - L’Homme va changer de religion, plutôt que d’adorer plusieurs dieux belliqueux, il va en vénérer un seul miséricordieux. Il va vivre non plus pour la gloire mais pour se faire pardonner, il va donc se concentrer sur les autres, essayer de faire le bien pour accèder à la vie éternelle après la mort. C’est l’ère des religions monothéistes.
      - Au bout d’un moment ça saoule un peu, du coup l’Homme décide de recommencer à s’occuper de sa pomme et de ses semblables plutôt que de faire plaisir à un dieu. C’est l’avènement des Lumières, puis du capitalisme. Là l’Homme n’a plus besoin de conquête géographique, mais sociale, c’est le concours de bite classique.
      - Puis l’Homme prend conscience que sa quête de gloire a foutu le bordel sur Dame Nature, donc il essaye de réparer, c’est l’ère éco-responsable.
      - Etc…

      Je vous laisse lire le livre (130 pages seulement, et écris gros) pour découvrir les étapes suivantes, et approfondir celles ci-dessus.

  7. Même sans être une femme (je dirais presque « Malheureusement »…), je suis totalement d’accord avec les différents articles dont tu parles et ce que tu viens d’exposer (ou exploser, selon la vision des gens qui liront ton article).

    Ce genre de situations me font de plus en plus avoir honte d’être un homme, et me dire que plus on avance dans une société ou la mode est au 90-60-90 ne mangeant presque rien, où l’on prône la « Télé-Réalité » et ses Nabilla et où la peau est souvent plus montrée que le tissu sensé la recouvrir, plus on décrédibilise la Femme Moderne qui possède autant de charisme que d’intelligence…

    Bref, Prions pour que tous les articles de ce genre puissent un jour Réveiller les Esprits…

    Amicalement.

    1. Les fameuses « 90-60-90″ font appel proportionnellement au nombre d’or et c’est Marylin Monroe qui a popularisé ses mensurations en particulier donc très loin des mensurations des mannequins de l’industrie de la haute-couture actuelle ou de la TV réalité et qui porte sur un tout autre débat.
      Tu parle ensuite de peau plus montrée que de tissu en opposant l’intelligence et la nudité c’est assez navrant vu que c’est le sujet principal de l’article que tu viens de lire et que tu semble plébisciter…
      Il y a encore un sacré boulot à faire pour effacer les clichés sociaux bien ancrés depuis l’enfance !

      Et sinon pour parler du cas de Nabilla, si on prend du recul et qu’on analyse vite fait sa stratégie commerciale personnellement je trouve ça très malin, c’est loin d’être nouveau mais preuve est que ça fonctionne. Donc si c’est entièrement pensé par elle, elle est surement beaucoup plus intelligente (ou super forte en marketing) qu’elle ne le laisse penser (et elle a tout intérêt à continuer à faire croire qu’elle est stupide pour coller aux clichés et s’en servir pour faire du fric). Si c’est pensé par un tiers ça reste malin financièrement parlant mais ça prend une tournure beaucoup plus inhumaine.
      Dans les deux cas reste le problème entier de sa responsabilité dans l’influence médiatique négative sur le jeune public en entretenant, valorisant et monnayant les clichés.
      Et pour finir ce qui est sur c’est qu’elle n’aide personne à part son compte en banque.

  8. En commençant à lire cet article en me disant « ah encore une qui surfe sur le « ça fait bien d’être décalée » ». Je vous présente mes excuses pour min erreur car votre article est tout simplement vrai. Un constat que chaque femme peut faire aujourd’hui… malheureusement. Par contre je ne suis pas d’accord sur le fait qu’avoir la rage n’apporte rien. Sans cette rage cet article n’existerait pas et je ne serai pas entrain d’écrire ce commentaire. Dans la même optique je vous conseille « Superman est arabe » de Joumana Haddad qui a selon moi une portée universelle. En tout cas je vous souhaite une bonne continuation dans votre travail et votre réflexion !

    1. C’est vrai que la résignation c’est mal, je le dis d’ailleurs plus bas, mais je me suis mal exprimée. D’ailleurs ça se voit, j’ai commencé à écrire en me disant « ça ne sert à rien », puis j’ai continué et j’ai levé le nez de mon clavier au bout de 2h à laisser les mots couler. Alors oui, la rage je l’ai toujours, et toujours des ulcères à chaque fois qu’il m’est donné de contempler la bêtise humaine. Mais je pense aussi qu’il est préférable de se détacher autant que possible de ses affects dans ce genre de combats, parce que si tu persistes à tout prendre en plein cœur quand bien même tu sais que c’est débile ça finit par te détruire. Et les chers bien pensants à l’origine de ces problèmes ne méritent certainement pas ça.

  9. Bon, je n’ai pas l’habitude non plus de commenter, surtout que je ne connaissais pas ton site avant d’atterrir sur cet article… mais pour le coup, ça me donne envie d’aller naviguer un peu ! :)

    Donc je dirais que je suis d’accord avec toi sur tous les points, et c’est quelque chose qui me dégoûte au quotidien… mais le pire, c’est quand je me rends compte que ma famille proche, mes parents qui m’ont éduquée, pensent aussi comme ça… un jour, ma belle-mère m’a dit :

    « Mais depuis quand tu portes des jupes ? Depuis que tu veux choper des mecs, non ? Et puis tu me demandes pourquoi on pense que les filles préfèrent le rose ? Mais parce que c’est dans les gênes ! Hein, elles portent des jeans bleus la plupart du temps de nos jours ? Mais c’est parce que nos gênes ont évolué ! »

    Depuis que j’ai entendu ça, je ressasse et je me rends compte que je n’aurais rien eu à répondre à ça… car quand on sort des abérations en ayant l’impression de lire le Livre Saint, je sais qu’on aura beau sortir n’importe quel argument, il n’aura aucun effet car l’autre trouvera des raisons carambolesques sans même s’interroger sur leurs origines (si ma belle-mère s’entendait et qu’elle y réfléchissait à dix fois, peut-être qu’elle trouverait des failles à cette… « argumentation). C’est un mode de pensée à part entière.

    Mais ce qui me débecte le plus, comme tu l’as souligné dès le début, c’est la perception de la femme qui « veut plaire ». Personnellement, je ne mets plus de jupe depuis que j’ai vu comment les passants me regardaient. Dès que tu fais attention à ton apparence, que ce soit en mettant une jupe / en dévoilant tes épaules / en mettant du rouge à lèvres, des mecs te voient comme un objet et les filles te voient comme une péteuse qui « écarte les jambes » pour tout le monde. Et je trouve ça désolant aussi pour les hommes, car longtemps ils m’ont tous dégoûtés à cause de ça alors que c’est une minorité… et je sais que beaucoup de filles sont dans mon cas.

    Bref. Avoir peur quand on se balade car on prend soin de soi, c’est désolant. Tout ce qu’il faut, c’est ne pas se faire remarquer. Il faut être NORMALE. Et je dis tout ça car j’y ai été particulièrement sensible quand j’ai eu ma période Gothic Lolita, cette mode japonaise où on met des robes aux motifs enfantins. –> là, je n’étais pas sexy, j’étais juste mignonne, et encore, je ne mettais pas de rose et des robes à motifs de cupcakes et autres… mais comme je portais une robe à froufrous, beh je voulais séduire. Je voulais séduire les pedos du coin. Si j’avais eu un look gothique, on m’aurait dit que j’étais lesbienne; si j’avais eu un look… je sais pas… bref, qui sortait de la norme, ça aurait toujours eu le même effet, car j’aurais voulu me faire REMARQUER. Et ça passe pas. Parce que je me mets à l’écart de la société toute seule, alors je suis une inconnue et ça veut dire que je ne veux pas connaître la société. Alors je fais peur.

    Maintenant j’ai changé, parce que je suis à la fac et que je ne peux plus supporter une telle marginalisation. Mais j’aimais bien comment je m’habillais, au moins, je ne me cachais pas. Tant pis, il faut se cacher en société.

    Bon, au final, moi aussi j’ai fait un roman ! Tout ça pour dire que je te soutiens et que le meilleur moyen de contrer cela, c’est de l’accepter mais sans jamais oublier qui on est (du moins, c’est comme ça que je le gère). Et ça ne nous empêche pas de tenter de faire évoluer les choses : d’ouvrir l’esprit des gens.

    Et pour finiiir, ce qui me désole, c’est que je suis certaine que ces personnes fermées d’esprit n’auront pas lu ton article, ou en tout cas pas jusqu’au bout… enfin, je dis ça en étant pessimiste, mais j’espère que tu auras pu faire évoluer les pensées de quelques personnes par ce texte.

    Voilà.

  10. Salutations.

    J’ai envie de réagir vis à vis du sujet viol :

    Je trouve cela aberrant que des personnes arrivent à dire « c’est de sa faute elle était légèrement dévêtue »…je veux dire…le raisonnement me semble aberrant est illogique en soi…

    ça me rappelle un petite « histoire » :

    Une personne avait posté sur son mur Facebook un article comme quoi, une femme sur le point de se faire violer, a tout simplement mis le feu aux habits de son agresseur et s’est enfuie.

    Et il y avait pléthore de commentaire sarcastique :

    « En même temps, il cherche, avec des habits aussi inflammables! »
    « Il faudrait forcer les gens à porter des habits ignifugé pour dissuader les autres personnes de mettre le feu à leurs habits »
    « Il faudrait apprendre aux gens à se comporter de sorte à ne pas donner envie aux autres de mettre le feu à leur habits »

    …bref des déclinaison sarcastique de tout les types d’argument à la noix ce ce type que l’on peut trouver.

    Bref tout ça pour dire que je rejoins le fait que si il y a viol, il faut arrêter d’essayer de trouver des excuses pour le violeur.

    Autre point sur lequel j’aimerai réagir : La perception que les gens peuvent avoir d’une personne qui pose pour de la photo :

    je dois admettre qu’il m’est déjà arrivé de « mettre une personne dans une case » sans même la connaître :

    J’étais à la plage avec ma cousine, nous étions dans un sorte de « bar de plage branché ». Et il y avait une séance photo qui se faisait, probablement pour des maillots de bain. Le fait est que le physique de la personne, et les postures prises pour les photos, correspondait tellement à l’archétype décrié dans cet article, que j’ai immédiatement pensé « probablement une personne superficielle qui pète plus haut que son cul ».

    Cet article m’a forcé à remettre en question ce genre de jugement que je peux avoir.

    Je tente d’être à la recherche de la sagesse et de la connaissance, et à mon sens, pour se faire un avis fiable sur un sujet, il faut tenter d’écouter et de mettre en opposition tout les points de vue qu’ l’on peut recueillir.

    C’est une chose difficile à faire, et je te remercie pour cet article qui m’aura permis d’avoir un point de vue nouveau sur un sujet auquel je n’ai jamais vraiment été attentif. Et je vais tenter de me remémorer cet article à chaque fois que j’émettrai un jugement sur quelqu’un et de me dire « tu ne connais pas son histoire alors arrête »

    Dernier point : Poser nue

    En effet au vu de la photo que tu indique en exemple dans ton article, je ne vois pas en quoi la photo est choquante…ça m’a juste fait penser au tableau « La naissance de vénus » je trouve que ton corps a une ressemblance avec celui du tableau. Et que oui c’est clairement à caractère artistique on est loin, très loin de l’exhibitionnisme d’une image pornographique.

    Bref…mon avis sur le schmilblik.

  11. Ho et j’ai retrouvé cet extrait très intéressant, au sujet du conformisme, du travail d’Erich Fromm, qui a une jolie place dans mon panthéon des penseurs:

    « Quelles ont été les répercussions des perfectionnements techniques sur les hommes au cours de ces récentes années ? Voici la réponse que donne le Dr Erich Fromm, philosophe-psychiatre :
    « Notre société occidentale contemporaine, malgré ses progrès matériels, intellectuels et sociaux, devient rapidement moins propre à assurer la santé mentale et tend à saper, dans chaque individu, la sécurité intérieure, le bonheur, la raison, la faculté d’aimer; elle tend à faire de lui un automate qui paie son échec sur le plan humain par des maladies mentales toujours plus fréquentes et un désespoir qui se dissimule sous une frénésie de travail et de prétendu plaisir. »
    Nos « maladies mentales toujours plus fréquentes » peuvent trouver leur expression dans les symptômes des névroses, très voyants et des plus pénibles. Mais, « gardons-nous », écrit le Dr Fromm, « de définir l’hygiène mentale comme la prévention des symptômes. Ces derniers ne sont pas nos ennemis, mais nos amis; là où ils sont, il y a conflit et un conflit indique toujours que les forces de vie qui luttent pour l’harmonisation et le bonheur résistent encore ». Les victimes vraiment sans espoir se trouvent parmi ceux qui semblent les plus normaux. Pour beaucoup d’entre eux, c’est « parce qu’ils sont si bien adaptés à notre mode d’existence, parce que la voix humaine a été réduite au silence si tôt dans leur vie, qu’ils ne se débattent même pas, ni ne souffrent et ne présentent pas de symptômes comme le font les névrosés ». Ils sont normaux non pas au sens que l’on pourrait appeler absolu du terme, mais seulement par rapport à une société profondément anormale et c’est la perfection de leur adaptation à celle-ci qui donne la mesure de leur déséquilibre mental. Ces millions d’anormalement normaux vivent sans histoires dans une société dont ils ne s’accommoderaient pas s’ils étaient pleinement humains et s’accrochent encore à « l’illusion de l’individualité », mais en fait, ils ont été dans une large mesure dépersonnalisés. Leur conformité évolue vers l’uniformité. Mais « l’uniformité est incompatible avec la liberté, de même qu’avec la santé mentale… L’homme n’est pas fait pour être un automate et s’il en devient un, le fondement de son équilibre mental est détruit ».»
    - Aldous HUXLEY, « Retour au meilleur des mondes », 1958.

    De rien.

  12. Merci à toi de défendre l’inégalité hommes/femmes et de t’attaquer au sujet de la culture du viol afin de te défendre toi même. J’aime beaucoup ton argumentation même si j’aurais mis un rapport direct au viol dans le 1er paragraphe ^^ . J’espère que tu seras heureuse toute ta vie après avoir lu ça !

    De savoir que tu étudies la philo et que tu sais repartir et organiser ta thèse de cette façon me donne bien envie d’etudier la même chose!

  13. Je vais faire court…
    Ce que j’ai toujours trouvé sexy chez une jolie femme, c’est son intelligence…
    Et là, je craque ;)
    Ça fait toujours plaisir de lire des vérités qui s’accorde avec ce que l’on pense soi-même…

  14. Sans avoir quoi que ce soit de réellement constructif à apporter, je souhaitais simplement souligner d’un petit merci, ton très beau texte.
    Beau parce que sans haine, et c’est chose rare.
    Et puis, sans être (mais alors, vraiment pas) quelqu’un d’impliquée et de révoltée (tendance nonchalante et blasée, shame on me) , je trouve malgré tout que ce genre d’écrit n’est peut être pas vain, et vaut le coup d’exister.

  15. Suite à ta réponse en MP sur FB, je me suis finalement décidé à poster ici mon message (en enlevant le nom d’une photographe pour éviter toute polémique! ).

    Bonjour,
    je reconnais ne pas aller régulièrement sur ton blog et suivre davantage tes messages sur FB. Et donc avoir raté ce post percutant ainsi que les réponses tout aussi intéressantes. Tes études juridiques et philosophiques se sentent au travers de ce message. Ce qui n’est en rien déplaisant, bien au contraire. Comme le fait remarquer « TuMeReconnaitrasPeutEtre », je suis curieux de lire d’autres de tes écrits pour voir comment ton style va évoluer et se démarquer.
    La culture du viol est absolument intolérable. Rien que d’écrire le mot, j’en ai des nausées. C’est un acte de destruction tant physique que psychologique, utilisé comme tel dans nombre de conflits armés tant anciens que contemporains. A se demander si l’être humain a réellement évolué en 3000 ans…
    Et le fait de plaisanter lorsqu’une femme subit des agressions verbales et/ou physiques pour « relativiser », revient à cautionner et banaliser ce comportement.
    Insupportable est le seul mot qui me vienne à l’esprit!

    Je reconnais aimer les femmes, leur plastique, leur(s) charme(s) mais aussi leur conversation… Suis-je un pervers pour autant? Je ne pense pas. Mais parce qu’on peut admirer une femme sans pour autant l’agresser.
    « Plus jeune », sans être allé jusqu’à interpeller une jolie femme, je reconnais en avoir regardé plus d’une de façon peu convenable.
    Il y a quelques années de cela, j’étais allé prendre un verre avec un pote gay. Il m’avait emmené dans un bar du marais plutôt soft (même si je suis « gay friendly », je reste à 100% hétéro!). Et là, j’ai découvert ce que peuvent ressentir ces femmes.
    Se faire regarder comme un morceau de viande, subir des regards lubriques et plus que suggestifs alors que tu es juste là sans autre motif que de prendre un verre et discuter avec un copain, c’est extrêmement déplaisant, dérangeant, dégoûtant et j’en passe. Beurk…
    Et depuis ce moment, je regarde toujours les jolies femmes mais d’une toute autre façon. Et qui ne choque en rien ma conjointe, d’ailleurs. En effet, on sait chacun apprécier l’esthétique d’une personne tant par son allure, ses vêtements que ses « caractéristiques » physiques et être respectueux (nul besoin de détailler la personne sous toutes les coutures, que ce soit une femme ou un homme!).
    Le corollaire de ces agressions quotidiennes que subissent les femmes, c’est la quasi-impossibilité de les aborder sans passer pour un pervers, un obsédé ou un satyre. J’aime bien discuter avec d’autres personnes, les découvrir à travers leurs passions, leurs rêves, leurs passe-temps, leurs lectures etc. Et il se trouve que la gente féminine est souvent plus intéressante que la gente masculine (je viens de subir 4 semaines de coupe du monde de football au bureau… Au secours!). Bien entendu, il ne faut pas généraliser. Il suffit de voir le top des ventes de livres à la fnac. Marc Lévy, Guillaume Musso dont les livres me font penser à ce qu’on trouve dans la collection Harlequin, lecture souvent féminine. Je n’ai rien contre eux mais je n’ai rien pour non plus! Au niveau du style, on est loin de Victor Hugo! Sujet, verbe, complément (oui, j’en ai lu, au cas où tu te poserais la question). On voudrait lobotomiser la population qu’on ne s’y prendrait pas différemment. Et au cas où, il y a « l’amour est dans le pré » pour porter le coup final.
    Pour reprendre une formule de la série Sherlock Holmes (celle avec Benedict Cumberbatch!): « Je vis dans un monde de poissons rouges. »
    Bref, difficile d’être non-conventionnel dans le monde actuel quand la norme sociale consiste à suivre « l’amour est dans le pré », par exemple. Alors que mes collègues (fonctionnaires de catégorie A…) n’en ratent pas un épisode!
    Poser nu(e), à mon sens, reflète surtout un travail sur soi, un travail d’acceptation de son corps tel qu’il est, de la perception qu’on en a et que les autres peuvent en avoir. Et souvent les 3 états ne coïncident pas. C’est d’ailleurs ce que tu as superbement illustré avec ton montage photo! Peu de personnes entament une auto-analyse et ouvrent leur vision au monde. Une de mes très bonnes amies, amatrice d’art sous toutes ses formes, possède notamment une photographie de Michel Comte (http://www.format.at/articles/1342/img/367858_e.jpg?1381819769). C’est grâce à cette amie que je m’éveille au monde qui m’entoure. Je ne suis pas exempt de défaut loin s’en faut. Je suis même probablement contradictoire entre mes propos et certains de mes comportements.
    Mais au moins, j’essaie de changer et de m’améliorer.
    Sur FB, je suis quelques photographes dont les travaux me plaisent. Pour certains (ou certaine au cas présent), j’ai même donné mon avis non pas sur la modèle photographiée mais sur la partie « technico-artistique » comme la mise en scène, le cadrage, les couleurs utilisées etc. Je ne suis qu’un amateur (au sens littéral du terme) mais je me dis que je peux peut-être apporter ma pierre à l’édifice et ainsi aider le photographe (voire le modèle) à améliorer son travail. Et finalement, j’ai abandonné. Pour exemple, il suffit de regarder les photos de ******* *******. Je n’ai absolument rien contre elle, c’est juste pour illustrer mes propos. Elle a la chance de photographier, à mon sens, de belles femmes. Mais souvent la mise en scène est réduite au strict minimum et le cadrage pas terrible (membre coupé notamment). Et pourtant, parce que la fille est à moitié nue, tout le monde s’extasie. Et si on émet la moindre critique, on est souvent « lapidé » non pas par la photographe elle-même (qui a très bien pris mes remarques) mais par ses fans!
    Même si je n’aime pas toutes tes photos (comme je n’aime pas toutes les oeuvres de Dali alors que j’en suis un grand fan!), j’aime ce qu’il y a derrière. La mise en scène, le choix des vêtements (ou leur absence!), la coiffure, l’histoire que raconte cette photo etc. Bref, la démarche artistique en elle-même et la modèle/photographe.
    En relisant mon message, je m’aperçois qu’il n’est pas très structuré et n’apporte rien au schmilblick mais j’espère que tu ne m’en tiendras pas trop rigueur.
    Je souhaitais juste te dire que j’apprécie ta démarche artistique et j’espère que tu poursuivras tes travaux photographiques (ainsi que l’écriture!) et que tu n’arrêteras pas de taper du poing! Amicalement.

  16. Bonjour et merci,

    Merci pour cette analyse si juste et si bien écrite. Merci d’être de ces rares personnes qui ne jugent pas les gens sur leur physique mais sur qui ils sont dans leur cœur, et j’irai plus loin en disant merci de défendre la nature qui nous a tous donné un corps différent et qui sait si bien cultiver cette diversité.

    Et si je vous remercie c’est parce que je me retrouve totalement dans vos paroles. Je suis parfois en colère face aux préjugés et aux insultes que certaines de mes amies subissent, et je prends souvent partie pour elles, en me faisant des ennemis, mais peu importe puisque ce sont de toutes façons des personnes que je ne souhaite pas côtoyer.

    Je fais de la photo amateur, je n’ai pas de photographe professionnel (c’est mon homme qui prend plaisir à me prendre en photo), et je suis ronde (on peu même dire obèse, je n’ai pas peur de qui je suis).

    Je ne vais pas ici raconter ma vie, si elle vous intéresse je vous ai mis l’adresse de mon blog. Je suis comme je suis, je n’ai pas à m’excuser d’avoir le corps que j’ai, même si souvent j’aimerai le changer, cela m’est pour le moment impossible, alors j’ai décidé de vivre et d’être heureuse comme je suis plutôt que de vivre dans des espoirs vains qui me feraient passer à côté de ma vie.

    Merci de m’avoir lu, et merci encore d’avoir si bien su retranscrire ce malaise de la société que j’abhorre…

    Bises.

  17. Un sujet très intéressant qui n’est pas souvent abordé de façon aussi intime. Je suis souvent atterrée de voir la réaction des gens face à des photos de nus : pornographique, vicieuse, pédophile tels sont les mots employés, alors que je ne fais que du partage de photos. Merci pour les mots, merci pour le texte que j’ai lu de bout en bout car effectivement le corps nu de l’autre nous ramène à celui de notre propre corps bien souvent déformé par notre société, dans lequel nous vivons mal. Cela se résume tout compte fait à ça : notre rapport à nous même, c’est toujours plus simple de traiter les autres de pute pour se sentir mieux dans son corps…. pauvre de nous !

  18. Bravo pour ce très beau texte!

    Alors c’est vrai, il ressemble à d’autres coups de gueule lus ici ou là, mais ça fait toujours du bien de voir qu’il y a des gens qui ne sont pas (encore?) résignés devant l’imbécillité ordinaire, surtout quand ils font partis de gens dont on apprécie par ailleurs leur art (car on connait tous aussi de grands artistes qui n’en sont pas moins des cons, hélas).

    Donc merci Sirithil, pour ce billet. Maintenant… je l’avoue, si ça m’a fait du bien, c’est aussi parce que je fais parti des résignés. Et en cela, même si je n’ai pu qu’approuver et retrouver les élans revendicateurs de ma jeunesse, je suis triste de constater qu’au final, ça ne me donne pas vraiment plus l’espoir d’un monde meilleur demain. Merci au passage aux commentaires masculins qui ont très bien expliqués que nous aussi pouvons être victime du regard des autres. Évidement, il aurait sans doute été un peu trop miraculeux de trouver un remède au mal qui ronge notre société, comme ça, au détour d’un blog, presque par hasard.

    Dans un de tes commentaires, tu parles du conformisme, et du mystère qu’il y a à s’y complaire (pour moi en tout cas, c’est mystérieux!). Peut-être que le nœud est là en effet, malheureusement, ma misanthropie me fait craindre que ce conformisme va comme un gant aux imbéciles, leur servant de rempart contre « l’horreur de la liberté d’exister et de penser », et que tout aussi malheureusement l’imbécillité fait partie intégrante de l’espèce humaine.

    Merci de faire partie des exceptions, et ne baisse jamais les bras, ton art nous aide aussi à supporter le reste du monde!

    Odon

  19. Aaah, la sacralisation du corps toussa… Ce que j’aimerai retourner à ma petite enfance, cette période bénie dépourvue de filtres idiots, acquis par la suite à cause de mon éducation, mes expériences et mes traumas.

    Les humains manquent cruellement de remise en question – oui, tu as raison la peur est symptomatique. Elle est très mauvaise conseillère et nuit gravement à la santé mentale de celui qui la ressent.

    Ton pamphlet est juste parfait – ça mérite un batlike [https://pbs.twimg.com/media/B1QptaHCUAAO1Er.jpg] – je n’ai pas grand chose à y ajouter, il est d’une justesse effroyable! Bravo!

  20. Tu oublies l’axiome du « je ne pose pas nue »… et en galerie (avec mot de passe), on se retrouve avec des photos plus qu’osées parce que le photographe avait promis une parution, qu’il pouvait l’emmener à L.A. ou que le mec est un « grand » nom de la photo.
    La modèle n’est plus à une contradiction près.

    Le mien étant le « je choisis mes photographes »… pourquoi pas, assez légitime même. Click sur les galeries… La nana choisit ses collaborations, en effet. On voit bien qu’elles dépendent du cachet proposé. Parce que la qualité photographique quand une modèle pourra en préjuger. Sur les doigts d’une main le nombre de modèles qui avaient une culture photographique réelle, et un peu plus qu’un minimum en Histoire de l’Art, et je ne parle pas là de l’école du Louvre.

    Ne parlons pas des « je viendrai accompagnée », ou des je veux les photos brutes (trolol), en totalité sur un CD, deux semaines (trolol), après le shoot.

    Je ne parle pas non plus des « rates » dignes des plus grandes escort parisiennes. Même Zahia n’a pas autant fait payer Riberry. Ou alors un dimanche, avec les heures sup en prime.

    Donc quand le lendemain je me lève pour aller bosser avec des nanas qui remplissent des Zenith ou des Bercy en 2h de pré-ventes, et à guichets fermés, je rigole de la nuit que j’ai passé à consulter les books sur internet.

    Puis le top c’est quand même une nana qui vient nous apprendre la vie, alors qu’elle même est… une voleuse. Une nana intelligente, enfin qui s’en défend, et qui semble le penser. Utiliser les photos des autres pour en faire son fond de commerce c’est une chose, les voler, une autre.
    Je ne vois même pas de copyrights ou de signalement sur l’auteur des photos. Des nanas de book.fr se gargariser j’en ai vu, mais là tu remportes la palme. Narcissisme, comme tu dis sur kickstarter.

    Mais si y’a des pigeons qui veulent bosser gratis, c’est d’ailleurs devenu le fléau majeur de ce genre d’enjeux.
    Je ne m’étonne même plus du pourquoi ce « milieu » parallèle (parce-que la photo elle…) est foncièrement parti en couille ces dernières années. Les iphones bientôt en 4K n’aide pas, mais cette vague d’amateurs à coup de modèles/photographes auto-proclamés aura décidément fait beaucoup de mal. La preuve ici.

  21. Décidément j’ai vraiment l’impression d’avoir lu la dernière pub de la ratp sur le harcèlement sexuel. Entre confondant et con fondant. Mon coeur n’a toujours pas tranché.

    Le vrai problème c’est qu’en plus de faire ta thérapie en photo, tu espères qu’on adhère à ta quête philosophique. Dans les deux cas, on s’en fout.
    Prends un psy, ça t’aidera plus dans ta quête de légitimité et tu te sentiras moins jugée. En attendant, ne reproche pas aux autres de le faire, surtout quand tu t’exposes. Puis comme tu l’as dit, toi aussi tu le fais, ne serait-ce que sur le travail d’un photographe… On commence tous par quelque chose, comme tout à chacun.

    Prends les choses REELLEMENT avec détachement, là on a l’impression de lire une gamine qui tape du pied. Puis la partie du « on fait ça pour nous, pas pour vous ». Ca me rappelle un happening ou un mouvement sur « les trottoirs sans harcèlement », rue de Lappe. A quand les trains anti-mains aux fesses, comme au Japon, pour tous ces DSK en herbe?

    Si autant de nanas mettent du maquillage, des vêtements, c’est purement par confort personnel. Toutafé. La jalousie féminine, être plus belle que l’autre, plus convoitée, l’horloge biologique… Tout ça n’existe pas.
    Laissons de côté l’épisode sur la culture du viol, là on touche le fond. Même ceux qui ont subit ça, ne s’enfoncent pas si loin. Ca m’a donné l’impression de visionner un documentaire d’Ovidie… le pire c’est qu’elle ait persuadé d’avoir un propos novateur… aïe.

    Puis j’ai cherché le visage du 18ème, j’ai pas trouvé.
    18ème… arrondissement?

    Allez la bise, stop la rage, ça finit au Bataclan.

  22. Heu… père dodu, à lire ton long laïus sur les modèles qui semblent n’être jamais assez bien pour toi, j’ai envie de te répondre avec ta propre sortie : stop la rage.

    Trop chères, pas assez cultivées, voleuses, modèles autoproclamées, t’as manifestement fait de sales rencontres, on compatit tous.

    Cependant ma maman me répète souvent, et je partage ce bout de sagesse avec toi, qu’on choisit ce sur quoi on se focalise et de toute évidence tu as choisi de regarder la merde de près. Pourquoi diable ne pas faire oeuvre de résistance plutôt et kiffer un peu ce que tu fais et les gens avec qui tu décide de le faire ?

    Je reviendrai pas sur le « même les victimes de viol dénoncent moins la culture du viol » , franchement savoureux dont tu nous as gratifiés. Enfin pas plus que nécessaire. sais-tu qu’on parle du système de pensée qui fait que les victimes ne se sentent même pas légitimes pour se plaindre, et s’imaginent souvent que c’est leur faute. Que ce qu’on combat le plus souvent c’est son côté insidieux, et que du coup tu as la gueule du parfait exemple ?

    Agite la jalousie féminine et l’horloge biologique autant que tu veux si ça e fais plaisir. ces choses qu’on prend pour justes et véritables parce qu’on les traite comme une évidence dans les conversations. Avant, on traitait avec la même désinvolture le fait que bah bien sûr, enfin, la terre est plate, sinon on le sentirait !

    Tu m’as aussi bien fait marrer avec « le milieu qui part en couilles ces dernières années », du coup je te claque la bise de l’amitié, même si je pense qu’on s’apprécierait probablement pas des masses dans la vie.

    Bonne continuation à toi, et plein de belles images.

    1. Mlle Chérie, je te connais (de nom). Je te connais même de l’époque où tu étais moins « ronde » (c’est contre ce genre de sophisme que je me bats), et même de celle où tu hésitais à laisser exprimer ta vraie nature. Me souviens de ta garde-robe latex, et c’est d’ailleurs pour ça que j’avais pensé à te contacter à l’époque. Comme quoi. On ne s’apprécierait pas, mais je suis plus que correct irl, tu ne me suspecteras donc pas d’avoir un fond de pensée, comme ici.

      Quand tu es payé… si tu es payé, c’est souvent 6 mois plus tard, et/ou à parution. Ou alors les petits, qui ont eux-mêmes étaient remplacés par des presse-boutons, notamment, pour l’interne (style ventes privées). Les editos qui ne payent pas, ou alors seulement au placement/visibilité. Et là je ne parle que de la surface immergée. Donc les book.fr c’est encore autre chose.
      Le milieu je doute que tu le connaisses de l’autre côté de la caméra.
      Ou alors tu ne l’as jamais fait de manière pro (rémunérée), tu tiendrais un autre discours. Fais-tu parti de ces modèles qui s’improvisent photographes, des shootings sur lesquelles elles sont allées, ou des « conseils » des mecs qui les ont « shootées ». J’en ai même vu faire du pur copier/coller. Même lumière, même MUA, même stylisme. Plus rien ne me choque, tu me diras.

      Le viol… mettons le côté. Vous êtes à côté de la plaque. Je ne comprendrais jamais pourquoi tout un pan de la gent féminine s’applique à expliquer quelque chose qu’elles ne connaissent pas, n’y ne connaitront jamais. Se sentir concernée (pourquoi parce que vous êtes du même genre?) est une chose, parler à la place, une autre. Je n’exprime pas le besoin de parler pour tous ceux qui ont eu un cancer des testicules, et pourtant j’ai mal à la couille gauche. Pour ton info, la majorité des viols sont commis dans la cellule familiale, ou par des personnes qu’on connait. Essayez de changer le discours. Féministe à un certain niveau ok, être décrédibilisée… là hein.

      Pourquoi diable ne pas faire oeuvre de résistance plutôt et kiffer un peu ce que tu fais et les gens avec qui tu décide de le faire?
      Ca, je te laisse marquer un point là-dessus. Mais c’est mon côté Don qui chiotte. Un besoin de me battre contre les moulins à vent… un peu comme la créatrice de ce blog.

      Sur ce…

  23. Tu n’aurais pas des actions sur le pétrole parfois, Père Dodu ? :D Si c’est le cas, tu dois être riche à force de creuser toujours plus profond, petit troll.

    1. Creuse encore Lily, et tu nous fais un point Godwin.
      La rhétorique du « troll », tellement cheap, c’est même pas 2.0, quoique c’est la note que tu mérites.

  24. Merci. Merci. Merci! Diversité, tolérance, empathie, respect. Ce manifeste à l’attention des tristes culs pincés est un bijou. J’ai un projet photographique en cours autour de ces mots… J’aimerai assez t’en parler. Par mail?
    Encore merci! c’est plaisant de lire ses propres pensées avec les mots de quelqu’un d’autre…

  25. Il y a la vérité :

    Tu es belle, donc tu es modèle, donc tu excites la jalousie, donc tu excites la concupiscence.

    Il y a la pensée féministe :

    Tu es belle, tu es désirable, mais ce n’est pas pour autant que tu es un objet de désir, si tu ne veux pas. Et je suis d’accord avec çà. Tu n’es pas un objet, à moins que toi, sujet, tu ne le veuilles.

    Il y a ma pensée :

    Je suis fatiguée de lire ad nauseam, de jolies filles raconter à quel point les gens sont méchants. Et ce n’est pas de la jalousie.. Je ne vais pas m’étendre, mais çà va, mon ego va bien. Mais.

    J’ai fini par me dire, peut-être à tort, qu’à trop ressembler aux standards d’une époque, on peut finir par y correspondre si bien, qu’on devient un objet. Parce que pour y correspondre si bien, on l’a un peu voulu. Soit, c’est normal. Le problème c’est que de cet objet, certaines font une conscience, un déballage. Regardez comment je suis un sujet! Et un objet, et un sujet, et un… bref, on a compris. Là où je grince un peu des dents, c’est que çà se fait à l’envers. D’abord, il faut être modèle, pour donner son avis. D’abord, il faut être jolie, et d’abord, il faut se plaindre. Je ne suis pas convaincue. Je crois plus en celles qui de base ont évité de s’imprégner du modèle ambiant, en celles qui ne se plaignent pas, aussi jolies et désirables soient-elles. Oui, oui, il y en a des tas, des filles qui ecrivent sans être modèle, et écrivent finalement de façon moins pervertie. Parce qu’à mon sens se plaindre, c’est déjà avoir avalé trop du décorum obligatoire.

    Alors, je crois, si tu as envie d’être crédible, épargne moi tes chagrins de jeune femme trop belle. Même s’ils sont vrais, même si tu pleures pour de vrai, et même si tu as des tas de bonnes raisons de te plaindre.

    Et je pense, aussi, que si je voulais être défendue, ce serait plus par Simone ou Gertrude que par toi.

    Sinon, aussi, je me demande…

    A quoi sert cet article, à part à résumer un combat somme tout légitime, et que je partage, à quelque chose de très fragile? A quoi çà sert, sinon à faire moins bien? Etudiante en philosophie, vraiment? Etudiante en égocentrisme, non, plutôt?

    Tout çà sans haine… je n’ai rien contre toi. Mais j’ai quelque chose contre ton discours.

    1. C’est rigolo les gens qui viennent critiquer un article en adoptant l’exact schéma de pensée qui y est décrit.

      Du coup, si je suis ton argumentation, je ne peux pas dire que le slut shaming c’est mal parce que je serais jolie, mais du coup, comme je suis blanche, je ne peux pas militer contre le racisme, et comme je suis hétéro, je ne peux pas défendre les droits des homosexuels ? C’est bien, la société va avancer dans le bon sens avec ce genre de raisonnements !

      Plutôt que de se tirer dans les pattes en jugeant qui est un bon ou un mauvais féministe, un bon ou un mauvais militant, si on se contentait, chacun, de faire de notre mieux pendant ce temps-là ?

        1. Réponse du papounet qui nous prouve qu’il cherche juste à attirer l’attention et qui est visiblement frustré de constater que cette « meuf » ne voit aucun intérêt dans ses messages.
          Visiblement tu ne mérites aucune réponse ni aucune censure, une belle image qui te renvoie au vide de tes propos.

          Et toujours cette histoire de ce petit homme qui se réfugie derrière un bon mot pour se donner l’illusion de pertinence. Continue donc cette belle histoire jusqu’à ce que tu sombres à nouveau dans l’oubli.

    2. Et dire qu’on ne se connait pas…
      Rassurant de voir encore des gens à minima cortiqués.
      D’accord sur l’ensemble du commentaire, par contre sur le « tu es belle, tu es désirable », franchement, sans concupiscence, je cherche toujours.

      1. Il est amusant de voir combien tu estimes ton avis indispensable au point de le rabâcher bien qu’une personne t’ai déjà poliment et gentiment expliqué que tu tirais des flèches à mille lieux de la cible (et toujours ce moment croustillant où un homme explique aux femmes ce qu’est la culture du viole…)

        Je suppose qu’on va te voir t’agiter, brasser de l’air, chercher à attirer l’attention en te rendant, mots après mots, toujours plus risibles.

        Mais soit, je t’en prie Père Dodu, raconte-nous une histoire…

  26. En toute vérité, je ne vais probablement pas faire un long commentaire sur votre article, mais je souhaitais transmettre mon admiration pour la découverte que vous m’apportez. Au delà des avis et des propos diverses favorables ou défavorables, je ne tiens qu’à vous transmettre mon vécu en votre compagnie. Pendant longtemps, ne connaissant que les modèles autres qu’étranger passant par des connasses en puissance -C’est le mot hélas- fort belles mais terriblement peu agréable, j’ai finis par croire que ce monde de la photographie et des modèles n’étaient peuplées que de narcissique créature aussi belles que désagréables -voir conne- (Peut-être que je n’appréciais pas les bons modèles). Et puis, je vous ai découvert, littéralement, pas hasard un jour et j’ai réappris à aimer l’art de la photographie, des modèles, grâce à vous.
    En vérité, je vous suis avec plaisir et je suis avide de ce que je peux découvrir grâce à vous, d’autres modèles comme Mademoiselle Chérie ou tout simplement votre univers. J’aime votre plume et votre façon de penser. Il émane de vous une délicatesse, un univers, un monde tout entier que je prends énormément de plaisir à saisir, à voir, à survoler et à regarder. Je redécouvre un monde qui me paraissait totalement dénué d’intérêt à cause de mauvais échange je dirais, je ne suis qu’une simple spectatrice et je ne peux apporter que mon ressentis et mon plaisir à découvrir vos photos ou vos articles, en soit, tout votre travail.
    Votre projet de livre, je l’attends donc avec impatience, j’ai envie de découvrir ce que vous proposez, d’apprendre plus et d’apprécier votre plume comme je le fais souvent. Car il faut bien reconnaître que votre univers tout entier est une perle tout à fait rare qui me plait à suivre. L’autre matin, je me suis amusée à parcourir tout le blog depuis sa création et je peux avouer que l’on ne peut que discerner votre évolution et votre talent, grandir et s’enrichir, se sublimer en quelques sortes.

    Quoi qu’il en soit, bravo pour cet article, bravo pour votre travail! Et merci de m’avoir fait aimer de nouveau cet univers, il ressort toujours de votre personne quelque chose d’étonnamment pétillant, plein de vie, d’assurance et une douceur qui fait simplement du bien! Sans oublier votre savoir faire et savoir être en tant que modèle qui m’impressionne à chaque fois que je peux voir une nouveauté émaner de vous. J’ai hâte de pouvoir vous lire dans ce livre!

  27. Bonjour,

    Je « tombe » par hasard sur votre site avec les critères « honte nudité contre haine ». Le fait est que votre article est riche, d’arguments et de réactions. « C’est de l’abondance du coeur que la bouche parle ».

    Ce que cela m’inspire, c’est que poser c’est prendre un risque, tandis que pour le commun des mortels, vivre heureux c’est vivre caché. Il y bien là deux dispositions d’esprit qui semblent difficilement conciliables, ce que j’ai toujours eu du mal à faire comprendre. C’est Pablo Neruda qui l’a le mieux écrit :

    « … Il meurt lentement
    Celui qui ne change pas de cap
    Lorsqu’il est malheureux
    Au travail ou en amour,
    Celui qui ne prend pas de risques
    Pour réaliser ses rêves
    Celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
    N’a fui les conseils sensés.

    Vis maintenant.
    Risque-toi aujourd’hui… »

    Donc, continuez en faisant vivre vos convictions.

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