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Sortir, dehors. Dare not to.

Vous savez quand je racontais dans ma dernière conférence, et dans mon livre, que l’important n’était pas de voir ou de penser, mais de sentir, quoi faire et quand le faire ?

Eh bien c’était un excellent conseil. J’aurais mieux fait de le suivre.

Parfois, on se lance dans des projets qui ne nous tentent qu’à moitié. Je ne parle pas de peur, même s’il y en a sans doute un peu, mais d’instinct. Il y a cette petite voix en nous qui nous dit « N’y va pas. Ça ne te fera pas de bien. »

Alors, toi, tu essaies de te convaincre que c’est encore la Résistance. Tu en parles autour de toi. Les gens ont confiance en toi, ils te disent de cesser de te dévaloriser, que c’est ton syndrome de l’imposteur qui parle. Tu te dis que si c’est la Résistance, alors il faut l’abattre. Tu analyses. Mais, tout de même, là, au fond, il y a cette chose que tu as assimilée à de la peur qui se débat. Et tu l’enfouis. Tu essaies de l’ignorer. Tu y vas. De toute façon tu as commencé, alors il faut finir.

Allons, sa barbe n’est pas si bleue, tu te raisonnes.

Et tu as tort. Ce sont tes tripes qui ont raison. Certaines peurs sont utiles et c’est là qu’on les appelle instinct.

Comment j’ai fini par admettre que je n’avais pas envie de continuer, je n’ai pas envie de le détailler ici, parce que ce n’est pas le coeur du sujet finalement. Cette vidéo est là pour vous expliquer pourquoi je n’irai pas au bout du kickstarter destiné à la traduction de L’Art de la Pose, pourquoi je ne veux plus communiquer autour de lui.

Ce sera maladroit parce que je me suis rendu compte que je ne savais pas faire autrement, et c’est tant mieux.

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« Malgré les branches »

Le titre de ce post est une private joke entre les personnes ayant concouru à son existence. Il aurait pu s’appeler « Connerie, la guerre », « Je suis un homme, mais j’ai des fêlures » ou encore « Detroit a bien changé », mais là n’est pas l’important. L’important c’est qu’avec ma manie de placer mes foulards Délicate Distorsion partout où je vais, que je pose, que je photographie, que je joue, que je réalise ou que je sois assistante costumière, j’ai rappelé à Camille qu’elle aurait bien voulu avoir, non pas moins de photos de jeunes filles évanescentes avec ses créations, mais un peu plus de celles-ci portées dans un cadre « civil », et un peu plus d’hommes. Je lui ai proposé de continuer à arranger ça cette année encore, et je me suis payé le luxe de choisir mes modèles.

Charles Sara est comédien, Germain Guindey, réalisateur et scénariste. Il se trouve aussi que ce sont deux êtres humains graphiquement très optimisés et avec qui il est assez merveilleux de travailler. Un peu comme Camille, en fait.

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Dans ta cuve ! – Conférence au salon de la photo

Dans ta Cuve !, c’est une association qui promeut les procédés argentiques. Anaïs et Rémy, deux de ses membres, m’ont accueillie ce jeudi sur le stand (ou plus exactement sur l’Espace argentique) pour une conférence sur laquelle j’ai eu un peu carte blanche, et dont voici la vidéo, gentiment captée par Jean-Luc Manh.

Comme vous le voyez, je ne suis toujours pas conférencière professionnelle, mais je fais de mon mieux pour m’améliorer à chaque fois. Je suis un peu partie en improvisation par moments, mais j’avais tout de même écrit les lignes générales de mon « discours » en amont ; je voulais vous en partager le texte :

•••

Quand j’ai commencé à poser, il y a neuf ans, j’étais rassurée par les photographes qui mettaient leur appareil en mode rafale. Ils me disaient que c’était parce qu’une bonne photo se jouait à l’instant, à la seconde près, au petit fragment d’émotion un instant ici, et le suivant enfui. Ils voulaient le capturer, cet instant, et surtout surtout ne pas lui laisser la moindre possibilité de s’enfuir. Moi je ne questionnais pas cette démarche, je me disais qu’au moins, comme ça, il y en aurait bien une de bonne, par accident peut-être, mais une.

Et puis comme je prenais en expérience il m’a semblé que ça, c’était une approche industrielle de la photo. Que c’était fondé sur une logique statistique : si je couvre un plus grand nombre d’instants en déclenchant, alors j’ai un plus grand poucentage de chances de capter “le bon” instant, quoi que ça veuille dire. Finalement, travailler selon cette logique, c’est pour le photographe renoncer à toute forme de prise de décision au moment de la prise de vues, et pour le modèle accepter une simple place d’objet à photographier, sans interactivité avec le photographe. On se disait un jour avec un ami que finalement on ne voyait pas ce qui se passait à l’instant précis où on déclenchait, que c’était comme renoncer à être témoin d’un instant pour l’offrir au monde, mais là c’était renoncer à toute la rencontre et n’avoir au final rien à offrir. Ils étaient seuls derrière leur objectif, j’étais seule devant, et entre nous il y avait la barrière infranchissable des clac-clac-clac-clac-clac du miroir.

Et puis ce n’était pas très intéressant de faire de bonnes photos par accident, pas si l’accident était programmé.

Et puis c’était quoi de bonnes photos ? C’est quoi une bonne pose ?

Pour moi une bonne pose c’est un endroit où la vulnérabilité rencontre une certaine forme de maîtrise. La vulnérabilité parce que ça ne se limitera jamais à disposer ses muscles dans une certaine posture et attendre que l’image soit figée. Parce qu’il faut aller chercher, au fond de soi, une certaine émotion. Et la maîtrise parce qu’il ne suffit pas de savoir ouvrir la boîte, il faut aller y chercher ce dont on a besoin pour la photo qu’on essaie de faire, et parfois d’autres choses sortiront, et peut-être que ce sera encore mieux, et c’est important de se laisser surprendre, mais convoquer l’émotion voulue c’est quand même la première chose dont on a besoin.

Et le truc, c’est que le mouvement pour savoir et sortir ce dont on a besoin se joue en aller-retour, entre le ou la photographe et le modèle. Je vais donner quelque chose, qui sera reçu par l’autre, qui me le renverra sous une autre forme, chargé de son regard, et ainsi de suite.

“Me voilà.”
“Je te vois.”
“Je te vois me voir, et je l’accepte.”

Il y a vraiment cette sensibilité à développer dans la relation entre photographe et modèle, où celui ou celle qui déclenche le fait en sentant, plus qu’en ne le voyant, le bon moment, et où, aussi, celui ou celle qui pose sent le moment du déclenchement et la nature du regard qui est porté, en plus de la lumière et de l’angle de l’objectif. Évidemment qu’on peut s’entraîner à voir quel effet visuel est rendu quand notre corps est dans telle ou telle position, quand on déplace très légèrement tel muscle ou qu’on modifie insensiblement la tension dans tel autre, mais sincèrement, ce qui permet à deux acteurs d’une photographie de travailler vraiment ensemble, c’est le fait de tisser ce réseau presque organique entre deux égaux, et non entre celui ou celle qui regarde et celui ou celle qui est regardé•e.

J’aime bien l’argentique en fait, parce que, même si on ne peut pas dire que ça nous force à entrer dans ce rapport – si tu ne veux pas te connecter tu ne te connecteras pas -, il y a au moins cette tentation de remplacer la connexion par de la statistique qui est évacuée d’office. On a, il me semble, davantage le réflexe de prendre le temps de sentir la scène, comme on devrait toujours le faire, en fait. Ce qui ne veut pas dire qu’on se prive de saisir des choses à la volée, comme je l’ai d’ailleurs appris à mes dépens.

En fait il y a quelque chose de très curieux dans l’activité de modèle, parce que c’est un moment où on puise dans notre intimité pour le cadre professionnel, comme le ferait un comédien ou une comédienne, et qu’on doit de fait être à trois endroits en même temps. Celui où je donne, celui où je reçois (des instructions, un regard, une indication), et celui où je reste conscient ou consciente de tout ce qu’il y a autour. Il faut être totalement là, et totalement dans son corps, jusqu’au bout de chaque membre.

Je vois beaucoup le modèle comme un catalyseur, non seulement de cette interaction particulière, mais de tout ce qu’il y a autour. Le décor ou son absence. La tenue ou son absence. Le hors-champ. Le fait de ne jamais savoir exactement où se trouve le bord du cadre. On doit assimiler tout ça, l’entremêler de notre propre matériau, bouger à partir de notre centre, et ensuite tout renvoyer vers l’objectif et avoir cet échange qui dure le temps qu’il dure et se termine toujours sur nous, parce que ce qui est fixé c’est notre image et ce que cette interaction a fait d’elle, et c’est elle aussi qui parle en dernier lieu.

Ça, c’est comment le fait de poser et donc de travailler sur l’image m’a permis de me rapprocher en fait de mon corps et de m’y ancrer à nouveau. Mais le fait qu’il y aie cette intimité de circonstance qui se crée – qui peut se transformer ensuite en vrai lien, on a le droit de devenir amis – sur une séance photo peut amener certains photographes à avoir un sens des limites qui se brouille, voire disparaît.

Consciente de la difficulté d’appréhender un rapport aussi particulier, je me suis attelée à écrire un livre sur les modèles pour non seulement bien expliquer ce qu’était la pose, pour donner une voix aux modèles dont le point de vue est très souvent invisible, mais aussi pour aider celles et ceux qui aimeraient se lancer à poser des limites et à détecter des interactions qui ne seraient pas saines et tournées vers l’art et/ou le travail. Apparemment c’est vraiment compliqué parce que cette semaine j’ai vu passer sur Amazon un livre qui donnait des conseils pour séduire en séance photo, au calme. C’est juste l’automne 2017, on est bien. En pleine période de libération de la parole ça passe, c’est complètement la chose à faire.

Alors moi une fois en séance photo j’ai eu un maquilleur que j’ai trouvé très charmant et avec qui j’aurais sans doute flirté dans un autre contexte. Sauf qu’on était dans le contexte où il allait devoir me maquiller avec ses pinceaux et probablement ses mains, poitrine comprise, et que juste, lui faire savoir un truc pareil juste avant, ça aurait juste été malaisant. Donc je n’ai rien dit, et j’aimerais bien qu’on dise un peu plus fort que le respect de l’autre c’est aussi ne pas lui créer d’inconfort.

Poser et aller chercher des morceaux d’intime, c’est déjà inconfortable. J’ai connu des photographes qui créaient de l’inconfort à dessein, qui disaient que comme ça ils obtenaient un résultat plus “vrai” et plus “authentique”. Mais à quel moment ? Faire ça, c’est briser la relation de confiance, c’est entrer dans un rapport de domination, c’est le contraire de travailler avec quelqu’un.

Donc, bien sûr que la communication non-verbale ne va pas s’instaurer dès la première séance, mais ce qu’il faut bien garder à l’esprit c’est que vous ne pouvez pas la forcer. Déjà, si vous essayez, elle s’en ira, et ensuite il y a des chances que ce faisant vous soyiez irrespectueux. Donc, parce qu’on est là pour travailler, vous pouvez évidemment accompagner tout ça de mots, d’indications, vous pouvez mimer ce que vous voulez, mais il y a deux choses qu’un ou une photographe ne doit jamais faire.

La première, c’est de toucher le modèle sans son accord explicite.

La seconde, c’est de donner son avis sur le physique de la modèle.

Même si vous pensez que c’est gentil. Même si pour vous ce n’est pas grand-chose. Même si c’est pour lui dire que vous le trouvez beau. Même si vous croyez que c’est un compliment. Vous ne faites pas ça. Quand vous avez choisi votre modèle, vous avez vu à quoi il ou elle ressemblait sur son book, donc le simple fait qu’il ou elle soit là signifie que vous avez déjà validé son corps comme correspondant à ce que vous recherchiez pour cette séance photo. Il n’y a pas besoin de plus.

Acceptons de considérer les modèles comme des êtres humains venus faire leur travail, comme nous considérerions un acteur ou une actrice sur un plateau, et non pas comme juste des gens venus “se faire prendre en photo” avec qui on peut se permettre de surfer sur la limite entre personnel et professionnel. Apprenons à nous comprendre et alors on pourra avoir de ces interactions qui permettent de créer des images fortes, et belles, et signifiantes.

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Si vous êtes descendu•e jusque-là, vous serez peut-être intéressé•e d’apprendre que j’ai écrit un livre qui développe entre autres ces problématiques, que je suis en train d’essayer de réunir les fonds pour le faire traduire en anglais, et qu’on peut acheter la version française via le kickstarter de la traduction pour faire d’une pierre deux coups.

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Groggy

Il y a ces moments dans la vie où on n’est pas à fond. Rien ne va mal, en fait tout va plutôt bien, mais il n’y a pas de grands mouvements. Pour un moment, la marée s’est retirée et le soleil éclaire un peu, mais ne réchauffe pas vraiment le sable, pas fort, pas au point qu’on arrache nos vêtements et qu’on coure vers le large parce que c’est là qu’est notre place. Mon amie Cédriane a trouvé un mot pour ça, hier : être émotionnellement groggy.

On peut accuser la lumière qui descend, la nuit qui tombe à dix-huit heures, ce début de crève qui pointe. On peut accuser la Résistance, la peur d’avancer, la peur de reconnaître tout ce qu’il y a de joli dans notre cercle en ce moment. On peut se dire qu’on nie les départs parce qu’on est encore en train de digérer les fins.

Il y a toutes sortes de fins. Il y a les fins qui sonnent comme des échecs mais résonnent plutôt comme des délivrances. Les fins qu’on voyait venir. Les fins qui finalement nous permettent de laisser le passé là où il est. Et toutes les fins qui essaient de vous rattraper sitôt que vous avez tourné les talons.

Et au milieu de tout ça, si tout n’est pas brillant et magnifique et intense et formidable au point d’en devenir effrayant, il nous arrive de l’identifier à du vide.

J’ai peur d’être en dépression si je ne sens pas l’adrénaline couler dans mes veines en permanence. Je me demande ce qui ne va pas chez moi. Je me dis : est-ce tout ? Tout ce que je peux faire, tout ce que je peux donner ? Peut-être que je suis arrivée au bout. Peut-être que j’ai tout vidé, que j’ai raclé les fonds, que j’ai offert tout ce que j’avais à offrir et à partager et qu’il est temps de reculer d’un pas pour rentrer dans les ombres. Peut-être que je me suis brûlée par les deux bouts en présumant de la quantité de matière qu’il y avait. Quantité de matière. Comme si tout se résumait à une réaction chimique. Et pourquoi pas ?

Mais peut-être que si la marée descend parfois et que le soleil ne brûle pas tout en permanence, c’est qu’il y a une raison. Peut-être que la question n’est pas celle de la quantité de matière et d’énergie à dépenser, mais de la même matière, qui mute, qui grandit, et qu’on réutilisera mais pas de la même façon parce qu’elle aura changé, et que notre regard aussi, et que le monde aussi.

Accepter ces moments de vide relatif. Accepter que je ne contrôle pas tout. Accepter que je ne contrôle pas mon intériorité, et que si je termine un projet qui me tenait à coeur, je passerai par mon post-partum personnel, et plutôt que de tout remettre en cause à chaque fois, remettre en question ce que je mets derrière cette nécessité d’être toujours la meilleure version de moi-même.

Si ça se trouve, la meilleure version de moi-même prend l’aide qu’on lui apporte, se repose quand elle en a besoin et fait en sorte de s’épanouir et de continuer à devenir elle-même sans pour autant partir en plein burn-out. Peut-être que la meilleure version de moi-même est consciente qu’après avoir sorti des morceaux de vie sous forme de websérie, des blessures et des secrets qui ne doivent plus en être mais devenir des conséquences sous forme de #MeToo, et des sentiments sous un tas de formes différentes pendant plusieurs semaines, un bain dans la fontaine de Barenton ne suffit pas à tout nettoyer. Et surtout, que le besoin n’est pas de nettoyer, mais de reconstituer.

Peut-être qu’elle fait tout ça, la meilleure version de moi-même.

« Tu vois, j’ai la sensation d’être là pour accompagner les changements, pour prendre soin d’eux, et à un moment, quand ils vont bien ou qu’ils ont le déclic qui leur manquait, ils partent et ne se rappellent plus jamais de moi », j’ai dit. « Qui part ? » « Tout le monde. » « Mais qui ? Donne-moi des noms. » Et je me suis soudain rendu compte que je ne trouvais à citer que des noms de personnes qui n’avaient pas voulu changer, ou aller bien, ou devenir la meilleure version d’elles-mêmes, ou même regarder en face ce qu’elle pourrait donner.

Et que les renards étaient toujours là, eux, comme les chats sauvages et les écureuils et tous les animaux de la forêt qu’on ne veut pas voir partir mais à qui on ne peut que faire confiance pour rester dans les parages parce qu’autrement qu’est-ce que cela vaudrait ?

Alors j’ai un peu refermé la porte de ma caverne et je me suis mise doucement au travail en attendant que tout se remette en route et que la sensation d’être vivante redevienne brûlante et exaltante, et en sachant qu’elle le redeviendrait bientôt si je lui laissais quelques jours de repos.

Accepter les cycles.

Je suis là. Je suis en vie. Tout avance, de façon trop fluide pour que je le remarque. Comme un travail en sous-sol qu’on n’entendrait jamais mais qu’on pourrait sentir si, juste une fois, on posait un verre sur le sol et on ressentait la très légère vibration de l’eau.

Peut-être que c’est ok.

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Dare to translate it

J’ai fini de lire The Art of Asking il y a un moment. J’ai enchaîné sur un autre livre, et là je suis sur The Handmaid’s Tale,  que je lis lentement parce que, comme le livre d’Amanda Palmer, il tape, ô combien juste.

« Knowing better sometimes isn’t enough », écrit Dani Shapiro dans Still Writing. Dans ce cas précis j’ai beau savoir que je suis au milieu d’un tourbillon de Résistance et de rien d’autre, je ne suis pas pour autant très à l’aise. Mais je saute. Associez ça à un accent anglais perfectible, et vous obtenez cette vidéo :

Pour autant, il est temps : le kickstarter a été lancé, et il n’y a plus franchement de retour en arrière possible. Je veux essayer de traduire L’Art de la Pose – Osez le narcissisme en Dare to love yourself (and then make something out of it) – The Art of Pose.

Le truc c’est que quand j’ai écrit ce livre, je ne savais pas bien à quoi m’attendre, et peut-être bien qu’une partie de de moi se disait encore que je n’écrivais pas pour tout le monde, que ça n’allait pas intéresser les gens. J’ai été bien obligée de reconnaître que non seulement ces problématiques étaient largement partagée, mais aussi que, comme je le pressentais, c’était loin de parler uniquement des modèles, et les critiques qui en ont été faites, en privé et sur Goodreads, n’ont fait que confirmer cela.

Puis il y a eu les amis non-francophones, ceux rencontrés à l’étranger ou au détour d’Internet. Il y a eu ce moment où j’ai sorti mon eBook au milieu d’un parc pour en résumer le contenu dans un anglais trébuchant à des amis qui me pressaient de le faire traduire. Alors d’accord. Mais pour que le contenu de ce livre devienne accessible à l’internationale, je vais avoir besoin de tout le monde.

Ce que vous pouvez faire, en tant que français francophone :

• Parler du livre. Partager le lien de ce kickstarter. Inciter vos ami•e•s à faire de même.
• Parler du livre à vos ami•e•s anglophones (vous en avez forcément), à vos ami•e•s intéressé•e•s par la photographie, la pose, le féminisme, la représentation des corps, l’empowerment, bref, les thèmes abordés à l’intérieur.
• Participer vous-mêmes. Il y a plein de contributions accessibles pour les francophones : acheter la version papier du livre si vous ne l’avez pas encore (en français pour l’instant, et si nous débloquons le palier supérieur qui me permettra de l’imprimer en anglais, vous aurez un questionnaire vous demandant de choisir entre les deux versions à la fin de la campagne), vous offrir un tirage de mes photos, vous offrir une séance de coaching.

Et je suis certaine qu’il y a un tas de façons d’aider ce livre à être traduit.

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Hystrix

Juliette Berny m’a contactée il y a quelques semaines pour me proposer de poser pour HYSTRIX, la dernière collection de bijoux de Masha Poirier. J’étais particulièrement heureuse de ce message puisque le shooting traitait du sort des femmes battues – avec cet extrait qui m’a beaucoup touchée dans le texte de démarche de la collection : Les séquelles sont lourdes, la pensée brisée, mais elles ne sont plus seules. Une partie d’elles est restée enchevêtrée dans les tréfonds de ce maelstrom sadique, mais elles ont envie de renaitre, de se reconstruire. Amarrées au port du nouveau départ, le conflit interne qui les anime aura choisi la vendetta psychologique, qui prendra la forme d’une carapace, d’une armure. « Tu as voulu me briser ? C’est pourtant moi qui gagne, regarde, je suis toujours là. »

Les images ont été shootées au studio Le 106, avec l’aide de Bernard Minier et de la maquilleuse Meyline.

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Steph & Alex

Je suis passée chez Steph et Alex. Ils avaient des cicatrices et des histoires pour moi depuis longtemps.

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Ensuite on s’est posés autour d’un thé. On avait tous plus ou moins la flemme de faire des cordes, et puis Alex a suggéré qu’on se fasse quand même une petite session training histoire de dire, tranquille. Quelques dizaines de minutes plus tard, ceci est arrivé :

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Paris, France | "L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité." Oscar Wilde