cosconv2018

Convention du costume

La convention du costume, c’est l’endroit où j’ai fait ma toute première conférence, en décembre 2016. Ça implique certaines traditions, comme le fait de demander aux gens s’ils sont bien certains d’être dans la bonne salle avant de commencer, de bannir les amis de la salle par retour du syndrome de l’imposteur, placer des citations de Kaamelott dans les parties improvisées de la conférence et être contente parce que les gens sont gentils.

Alors, voilà.

Merci Fenriss pour la photo (et pardon de te forcer à regarder les captations) !

cosconv2018

gfgroupe

Geek Faëries 2018 – Les Souverains et un peu de SVVD

On pourrait, vu mon assiduité en convention des… cinq dernières années,  s’étonner de ma présence aux Geek Faëries de cette année. J’en suis la première étonnée, mais il faut attribuer la paternité de cet événement à Xander et plus globalement au Vrac ; on y présentait la saison 2 des Souverains, dans laquelle j’ai joué un personnage l’été dernier. On y écoutait aussi en boucle la musique du teaser de la saison 1 :

Mais, en fait, outre le fait d’être avec des gens bien et juste à côté du stand des Seigneurs d’Outre-Monde, je voudrais saluer la bienveillance de tout le monde dans le quartier des webséries. L’un des arcs scénaristiques du week-end aura été, pour moi, une sorte de reboot de The Art of Asking sous forme d’escape game grandeur nature. Une cascade d’événements impliquant entre autres les créateurs de Roleplay That Movie, le créateur des Comptines Barbares et plusieurs assistants réal’ de SVVD, je me suis retrouvée à présenter un teaser de la série monté en vingt minutes derrière le stand juste avant la nocturne et à la présenter au débotté.

Du coup, j’en profite pour vous montrer… le nouveau teaser !

Je n’ai pas réussi à intégrer un lien vers leur série à mon histoire, mais je voulais aussi signaler un gros coup de coeur pour l’équipe de Paradigma, dont le travail est plein de promesses, et le genre de promesses qui me plaisent beaucoup : la profondeur camouflée sous l’humour, notamment.

Ce post est finalement assez peu utile, si ce n’est mon envie de remercier ceux qui ont fait de ce week-end ce qu’il a été, et, d’une manière générale, tous ces gens qui sont, pour moi et les autres qui sont comme moi, des occasions de moins s’excuser.

Merci, et ravie. (#Eravis) (#humourdefan)

gfgroupe

IMG_1129

Trente-huit minutes

« Dis, ça fait combien trente-huit minutes en âge de renard ? »

Des bribes.

Je n’aurai pas le temps de vous dire au revoir à tous. C’est une évidence. Parce que je frôle tous les milieux sans faire partie d’aucun, parce que socialement je suis presque un outsider professionnel – parce que je n’ai pas le temps et que j’ai réalisé dernièrement que je ne le prendrais pas.

Un an ce n’est rien. J’en connais que ça désespère tellement c’est long. Avant-hier je discutais avec quelqu’un de mon âge et on se disait qu’on allait bientôt mourir et qu’on avait perdu – non : passé – assez de temps à chercher qui nous voulions être. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’avons l’intention d’intégrer le très select (non) club des 27 : il y a juste l’urgence de faire et faire encore parce que c’est la seule façon qu’on ait de nous en rapprocher.

Je ne peux plus passer mes étés à faire des tours de France et du monde pour rassurer tous ceux que j’aime sur le fait qu’ils sont importants. Ils le savent. Petit à petit, je me permets d’être un ours quand j’en ai besoin et le monde n’a pas explosé pour autant.

Peut-être que je me referme. Des portes se ferment en tout cas, à l’intérieur, mais pas en réaction. Peut-être ont-elle atteint leur durée d’ouverture maximale. Elles se rouvriront, ou non.  Je ne sais pas prédire ces avenirs-là.

Je crois que je ne connais pas de forme d’amour plus épidermique que les coups de pieds sous les tables, finalement.

Comment tu fais quand tu t’es trompée, et que ça a eu des conséquences sur ceux que tu aimais ? Tu fais comme d’habitude, tu fais avec. Mais cette pilule-là n’est ni rouge, ni bleue : elle est juste dure à avaler. Et toujours cette petite rengaine : si j’avais pris conscience, si j’avais insisté davantage, si je n’avais pas eu cette insistance à croire que c’était moi qui avais provoqué ça, si j’avais laissé tomber le principe de la présomption d’innocence juste cinq minutes.

T’es pas coupable, mais bordel, qu’est-ce que tu donnerais pour revenir en arrière et rejouer toute la scène en ayant ne serait-ce qu’un tout petit peu plus mauvais caractère.

Mais tu ne peux pas.

Et celles qui n’ont pas deviné se sentent encore plus coupables que ceux qui violent, évidemment. C’est comme d’habitude.

Et pour l’autre, le second ? Faut-il avertir ? Mais qui ?

Être une meuf, quand t’as pas de preuves, c’est la merde.

Quand tu as des preuves aussi, remarque.

Par une coïncidence hasardeuse, ma productivité a chuté pile à ce moment-là. D’un coup. Mais tant qu’il reste la possibilité de se raconter qu’il n’y a là que du besoin de repos, tout va bien.

Non ?

Je n’ai pas peur de toi. C’est déjà ça.

L’est-ce ?

Et puis on me le demande encore, et je ne sais toujours pas. Comment on fait. Je l’ignore. Je sais vaguement quoi faire, avec mon corps et mes mains et mes pensées à moi, mais alors « on », comment il fonctionne, c’est un mystère.

Même moi. Je sais comment me redémarrer mais pas encore très bien comment décider de le faire.

J’ai la chance, insensée dans mon milieu de créatifs, d’être consciente de mes forces. La pugnacité. La capacité à faire en sorte que les choses arrivent. Je ne sais pas trop d’où ça vient, mais je décide les choses et après un volume d’efforts et de temps non déterminé, les choses arrivent.

Évidemment la tentation est forte de considérer même cela comme une imposture. Et si le simple fait que mes projets aboutissent, que mes textes soient finis et publiés, que mes épisodes soient tournés, était ma façon de faire croire au monde qu’ils valent quelque chose ?

Du point de vue rationnel, c’est prendre le problème à l’envers. Du point de vue de la Fraud Police à l’intérieur de ma tête, c’est totalement cohérent. Le problème c’est que la police en question est si étroitement attachée à mes émotions – ma matière première donc – qu’il ne m’est pas possible de juste m’en éloigner et l’ignorer comme on le ferait avec toute autre influence nocive. J’ai besoin de rester là, en équilibre, et de la repousser à la main, jour après jour.

C’est bien je crois. Il me semble qu’à force de m’y frotter je la différencie de mieux en mieux de mon instinct de survie.

J’avais oublié ce morceau de moi. J’avais oublié où je me sentais chez moi, et c’est le bord de l’autoroute qui me l’a rappelé.

Comment j’ai pu oublier ?

Qu’est-ce que j’ai oublié d’autre ?

Ceux qui disent que l’ignorance c’est le bonheur n’ont rien compris.

Cette tristesse-là n’est pas partie parce qu’elle fait partie de moi. C’est simplement plus triste certaines saisons que d’autres. Mais il n’y a rien à en faire. Rien sur quoi travailler. Je sais où je suis, et où je ne veux pas être, et quels endroits n’existent plus. Où je suis, en ce moment, n’est ni la seconde ni la troisième option.

La tristesse se contente d’être là. En pointillés, comme l’a toujours été son objet. Mais presque inerte. Juste ce rappel que tu es vivante quand tu tombes dessus, de loin en loin.

C’est comme ça qu’on sait qu’une blessure s’est transformée en cicatrice.

Je crois.

Il y en a trop, partout, et en même temps je crois que je n’accepte pas de dévier de mon agenda. « J’ai décidé de travailler sur cette histoire et je le ferai », me dis-je.

Je crois que j’ai pris un peu trop au pied de la lettre cette histoire de ne pas être l’esclave de ses muses.

Photo : June Sky.

hhhh

Stéréotypes Busters

L’interconnexion des milieux et des projets audiovisuels semble porter en elle-même cette simple loi : plus on tourne, plus on tourne. C’est pour ça qu’en terminant l’un des tournages de SVVD, j’ai rejoint notre script, Maxence Fossat, sur son autre projet : ce court-métrage pour le concours Stéréotypes Busters. On était en terrain connu puisque la totalité des techniciens ont au moins déjà travaillé sur la websérie : Gautier Seguin au son, Cédriane Fossat et Raphaël Firon en directeurs de la photographie.

 

Odalisque Volga-Flo-9-2 Resized

Odalisques

On a fait ça un jour. C’était il y a longtemps. Si longtemps, que je crois que je ne saurais pas vous en retrouver la date pour ranger et article au bon endroit. Il n’y a pas de métadonnées sur les polaroids, je n’utilisais pas Google comme agenda et je crois bien que l’agenda papier sur lequel je notais mes rendez-vous d’alors je l’ai laissé dans les montagnes. J’avais oublié, et puis je l’ai revu il y a quelques années. Peut-être s’y trouve-t-il encore.

Elles ont fait partie de ma vie ces photos, parce que Paul von Borax nous offrait toujours quelques originaux que j’accrochais à mes murs. Au cas où il perde ses négatifs ? Mais rien n’est jamais perdu pour toujours au Piège, manifestement.

Si mon agenda est dans les montagnes, alors je devais avoir vingt, vingt et un ans peut-être. J’étais un bébé. Un bébé qui venait se rouler dans les froufrous et les voilages des autres et tous les miroirs que je me tendais, je n’y voyais que le regard des autres. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas très bien qui j’étais à ce moment-là, même si j’en ai cerné les prémisses.

Mais j’ai bien aimé ces moments-là. J’aime bien avoir avancé. J’aime bien mettre l’enfant et l’enfant plus âgée côte à côte et voir ce qu’elles ont à se dire. Les vieux souvenirs qui dialoguent ensemble, suffisamment longtemps après.

Ce n’est pas grave.
Ça va.
On s’en est sorties.
We made it through.

C’est un peu pour ça que je n’ai pas cherché trop vigoureusement à antidater cet article, finalement.

Je veux bien que tu sois là, maintenant.

Odalisque Volga-Flo-2-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-3 Resized

Odalisque Volga-Flo-3-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-6-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-7 Resized

Odalisque Volga-Flo-9-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-11-2 Resized

 

Odalisque Volga-Flo-16 Resized

Odalisque Volga-Flo-17 Resized

Odalisque Volga-Flo-18 Resized

Odalisque Volga-Flo-18-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-19 Resized

Odalisque Volga-Flo-21 Resized

Odalisque Volga-Flo-21-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-22 Resized

Odalisque Volga-Flo-23-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-25 Resized

Odalisque Volga-Flo-25-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-27 Resized

Odalisque Volga-Flo-27-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-28 Resized

Odalisque Volga-Flo-29 Resized

Odalisque Volga-Flo-29-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-30 Resized

Odalisque Volga-Flo-31-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-32 Resized

Odalisque Volga-Flo-33 Resized

Odalisque Volga-Flo-35-2 Resized

Odalisque Volga-Flo-37 Resized

_MG_9372

Emilie June

Je ne sais pas comment on fait pour rencontrer les gens. Alors je me suis dit que, pour te rencontrer, il valait mieux t’héberger. Ça, je savais le faire.

Et puis je t’ai prise en photo, et toi aussi tu m’as prise en photo.

C’est comme ça que les gens timides se rencontrent en attendant de savoir comment on fait, non ?

Modèle : Emilie June, bientôt sur Sigilí

_MG_9353

_MG_9360

_MG_9365

_MG_9369

_MG_9371

_MG_9372

_MG_9376

Photographe : June Sky – Modèle : Florence Rivières – Tenue : VoriaghIMG_1099

IMG_1107

IMG_1128

IMG_1129

IMG_1145

IMG_1147

IMG_1152

Couv-H-Froids

Les hommes froids

Il y a quelques mois maintenant, je recevais un texto d’Anaël Verdier. En substance : « Tiens, maintenant que tu écris vraiment, tu pondrais 5000 mots sur le thème des hommes froids ? C’est pour aller dans une anthologie. » Et moi qui déjà à l’époque n’avais le temps de rien : « Allez ! »

C’est comme ça que je me suis retrouvée à écrire Froids, juste avant l’opéra, et à le contempler en me disant : Mais comment je peux écrire des choses aussi sombres en allant aussi bien ? Je crois que j’ai compris maintenant.

En tout cas, l’anthologie dans laquelle elle figure aux côtés de huit auteurs et autrices, coordonné•e•s par Patricia Ricordel, sort le 10 Mai. Tous les bénéfices en seront reversés à l’association Maison des parents de l’Océan Indien, et on espère toustes que nos nouvelles vous plairont assez pour permettre de lui rapporter un joli chèque :)

Et moi, je commence par le précommander : j’ai hâte de lire les autres nouvelles.

Couv-H-Froids.

 

30712629_1748374515277125_7094216113818435584_o

Sur tous les fronts

Je crois que je me sens heureuse, en fait. Ça m’a frappée hier matin, cette pensée. Je revenais d’emprunter un sweat-shirt Sea Shepherd, j’avais mes documents de tournage fraîchement imprimés dans les mains, je remontais vers chez moi pour répéter SVVD (comme on recommence à tourner demain, autant vous dire que de la répétition, on en bouffe en ce moment. Dialogue-type : « Et attends, épisode 12 j’ai un SUPER LONG monologue en plan séquence travelling. » « Mais… C’est pas toi, la scénariste ? Pourquoi tu fais ça ? »), et j’ai soudain réalisé que cet ensemble, le soleil, l’odeur du papier, les courbatures et l’excitation, c’était quelque chose que j’avais envie d’appeler le bonheur.

Et puis le soir j’avais cette conférence chez Objectif image Paris, organisée par Nadir Merkal qui a suivi le projet de L’Art de la Pose depuis ses débuts. J’avais décidé que pour une fois, je n’écrirais pas toute mon intervention mais juste des lignes directrices, et qu’on verrait bien. C’était, de mon point de vue, un échec conférencier, mais une réussite humaine – peut-être qu’il va falloir admettre à un moment que je suis plus à l’aise pour parler avec les gens que pour parler aux gens, mais enfin ça se travaille et c’est ce que j’ai fait hier soir grâce à la bienveillance des personnes présentes.

30712629_1748374515277125_7094216113818435584_o

Et puis, il y a cet article paru sur Le Figaro Madame au sujet du polyamour où je suis citée, et où un lien vers l’épisode 1 de Sans Vouloir vous Déranger est présenté. Évidemment, s’agissant d’un média mainstream, on reste un peu en surface et certains raccourcis n’ont pas pu être évités, mais on retiendra de cette expérience que j’ai réussi à faire placer les mots « anarchie relationnelle » dans Le Figaro, ce qui me remplit de joie quoi qu’il arrive.

29542456_1807034902668525_7395713953185136640_n

Et ça tombe bien, parce qu’il reste jusqu’au 21 avril à 11h30 je crois bien, pour faire financer la tournage de la saison 2.

L’état du monde est de plus en plus atroce, mais bizarrement l’état de mes projets, ça va.

On se reparle vite ? :)

IMG_9966

« Worth it » is a fine goal

J’avais oublié mais c’est ce que font les réseaux sociaux – ils nous le rappellent. Ils ne nous laissent rien oublier, et parfois, rarement peut-être, je crois que ça dépend de ce qu’on leur donne à manger, c’est beau de se rappeler.

Ça fait un an.

Il y a un an, j’ai reçu les tout premiers exemplaires de L’Art de la Pose. On sortait de tournage, tout juste l’avant-veille, j’étais épuisée et Maxence était venu attendre le facteur avec moi, ce qui fait qu’il a hérité du tout premier exemplaire que j’aie dédicacé. On a monté les 650 kilos de livres jusqu’à la petite boîte carrée que, et c’était encore un peu nouveau, je pouvais appeler « Chez moi », j’ai ouvert un carton, arrêté pour un moment les mouvements désordonnés de mon corps emporté par l’euphorie, et j’ai ouvert un carton, et je les ai tenus dans mes mains. Les exemplaires de mon premier livre.

Bon sang que c’était bon.

Je me suis rappelé les galères, les moments de résistance, les vampires et les fantômes qu’il avait fallu chasser, les pièges qu’il avait fallu éviter – et ceux dans lesquels, au contraire, il avait fallu que je tombe pour pouvoir apprendre à en sortir. Les moments de doute et de découragement. Les nuits blanches passées à écrire, les pages blanches qui m’angoissaient tellement, les certitudes qui avaient volé en éclats. Je me suis rappelé de tout ça et, alors que mes mains touchaient le papier, je me suis dit que, si rien d’autre, ça avait valu le coup, pour ce moment. Et puis je me suis dit que, que ça vaille le coup, c’était bien, comme but.

Je crois que je me suis promis de ne faire que des choses qui vaudraient le coup sans vraiment me le dire, ce jour-là. Je n’ai pas toujours tenu cette promesse – mais rétrospectivement, j’ai grandi de chaque instant.

J’aimerais vous dire, de façon un peu emphatique, que je n’ai rien accompli de plus important de ma vie, et ce serait peut-être vrai, mais la réalité c’est que depuis que j’ai commencé à écrire ce livre, tout est devenu important. Je laisse les choses qui me tiennent à coeur l’être, surtout. C’est cette première réussite tangible qui m’a appris à quel point les échecs étaient précieux, et en cela, elle marque le commencement de quelque chose qui était resté en germe toutes ces années.

J’ai cet exemplaire que je destine à une éventuelle réédition. Il est plein de post-its indiquant des coquilles, des corrections à faire, des changements. « Cotisations » au lieu de « Charges ». Un pronom neutre pour la personne présente sur cette photo. Ce genre de choses. Je me le suis dédicacé. J’ai juste écrit : « You made it through« . J’étais pressée alors j’ai fait une rature. Il y a la page des remerciements, sur laquelle certains noms sont biffés, les noms des gens qui m’ont déçue, ou à qui j’ai accordé une place que, en réalité, j’étais la seule à fabriquer pour eux. Pourtant, je ne regrette pas de les avoir écrits là en premier lieu. Je crois que ces changements-là, je les ai faits en conscience – la conscience que ce qui était vrai à l’instant T de l’édition ne l’était plus, et que ma loyauté se devait à elle-même une sorte de clause de réciprocité. Certains liens finissent, et même après coup : still worth it.

Je me rappelle de la peur de ne plus rien avoir à offrir à ce moment. D’avoir tout sorti. Quelque part, loin dans les montagnes, un chevalier de gouttière éclatait de rire à ces mots. Il avait beau savoir que j’étais sérieuse, mes mots, eux, ne pouvaient être pris au sérieux. Il avait raison ; on ouvre une porte et on pense avoir déjà exploré toute la pièce sans réaliser le nombre de passages secrets, sorties cachées et dédales imbriqués que recèle cette première pièce.

Je ne peux pas écrire avec mon bracelet, je crois que c’est comme ça que je l’ai perdu. Et pourtant je ne veux pas me passer de lui. Ni d’écrire. Ni de jouer. Ni du moindre centimètre carré de liberté créative et émotionnelle. « J’ai principalement envie de tout« , comme dans Sex’Y.

Je veux écrire et je veux jouer et je veux tomber amoureuse et ensuite je veux écrire à ce propos, et recommencer. À un moment je voulais écrire, écrire, écrire jusqu’à en crever parce que j’aurais tout sorti justement, tout ce qu’elles contenaient, même ce qu’on ne pensait pas pouvoir utiliser. Même les restes et les échecs. Toutes mes tripes posées sur la table et réagencées, recopiées sur du papier. Mais on ne peut pas les faire rentrer ensuite, il me semblait, parce que quelque chose avait changé chez elles, dans leur nature, pendant le processus, ou alors c’est la place, à l’intérieur de moi, qui aurait changé ? Peut-être que je me sentais comme une modèle de Portrait Ovale, une qui aurait été une autoportraitiste – et peut-être qu’il y a de ça. Mais c’est pour ça qu’on a besoin de tomber amoureux – des gens, d’un instant, d’un paysage, d’un mouvement. Parce que c’est du mouvement. Et si ça bouge à l’intérieur, alors ça crée.

Et ça vaut toujours le coup, quand ça crée. Tôt ou tard.

Et dans mon cas, ça a vraiment commencé avec cette chose-là.

test coverEt ça continue dans tous les sens.

.

Paris, France | "L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité." Oscar Wilde