Le masque du Mouton Noir

Mon amie Margaux, aka Le Mouton Noir, a un projet de série de photos accompagnées de textes de sa plume, appelée Le Masque. Ça parle des femmes, toutes les femmes, de toutes ces façons dont elles sont empêchées, contraintes, limitées, depuis la nuit des temps. C’est féministe, bien sûr. C’est beau, aussi. Et j’ai eu le bonheur qu’elle me demande de poser sur l’un des clichés.

Le texte qui suit est le sien. Les cordes rouges ce sont les miennes, et les mains qui posent les cordes ce sont celles de mon amie Armony.

EVE

EVE

« La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair, restera 7 jours dans son impureté. Quiconque la touchera restera impur jusqu’au soir ».

Enfant d’Eve, engendrée dans la douleur, couverte de sang, tu es venue au monde et les hurlements de ta mère se sont mélangés aux tiens dans un ensemble sordide et funeste. 

« Tout lit sur lequel elle couchera pendant son impureté, sera impur et tout objet sur lequel elle s’assiéra sera impur ».

Une fois par mois tu mourras puis renaîtras. Tu auras honte d’être femme.
Ta pureté ne sera que facette, cette flamme qui te consume de l’intérieur réduira tes organes jadis féconds en cendres, et donnera à ton coeur la dureté et la froideur du diamant.

« Si un homme couche avec elle et que l’impureté de cette femme vienne sur lui, il sera impur pendant sept jours et tout lit sur lequel il couchera sera impur. »

Une fois par mois, succube au visage d’ange, l’éclat de ta chevelure couleur feu sur ta peau laiteuse fera vaciller le plus dévôt des hommes. Tu couvriras donc ton corps dans la honte, afin de préserver la dignité de ton mari.

Une fois par mois, tu auras peur. tu auras mal, tu auras honte. Bel oiseau de malheur enchaîné à la terre, la mort s’échappera de ta toison comme le sang des stigmates du Christ.

Une fois par mois, comme le martyr à la couronne d’épine, tu expieras le péché de tes ancêtres.
Pour Eve qui osa se laisser séduire par les belles paroles d’un serpent, tu paieras ainsi que tes descendantes.

Ainsi tu resteras prisonnière entre terre et ciel, paralysée par les chaînes de ta culpabilité. Tu te tordras le cou pour apercevoir la lumière, sans pouvoir l’atteindre.

Amen.

Direction artistique/ histoire /coiffure : Le mouton noir
photographe : Vincent Ducard
Rigger : Armony Kinbaku
Lieu : Place des Cordes

Publié par

Florence Rivières

"Hold my tea." • Autrice, comédienne, modèle et photographe.

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