Get the fuck out

Il y a quelques temps que je suis arrivée à un point de saturation vis-à-vis de l’être humain en général. Tout est là, assaisonné de fatigue physique assez intense et de temps libre inexistant. De sorte que j’ai décidé de ralentir très, très fort sur la pose, au moins le mois qui vient. Bien évidemment mon agenda s’est aussitôt constellé de projets en tant que photographe et d’idées de tournages. Le repos n’a et n’aura semble-t-il jamais sa place dans ma vie. Mais on ne pourra pas dire que je n’ai pas essayé de l’y attirer.

Bon et puis la fatigue ça te rend plus sensible au ras le bol. Ce truc qui fait que tu as juste envie d’envoyer tout valser. Que tu le fais, même. Sirithil et moi nous entendons bien, merci, seulement Sirithil commence à en avoir marre des gens qui la définissent malgré elle – et de travers, avec ça, ça va des gens qui te disent « mais si, ton pseudo c’est ça » alors que non à ceux qui donnent carrément une note à la qualité de ton âme, comme s’il était seulement possible d’argumenter sérieusement sur un sujet pareil. Et au fait je voulais te dire, ton aura est vraiment dégueulasse ma pauvre! – tandis que Florence est lasse d’avoir à expliquer que non, elle n’est pas QUE une nymphe éthérée, et que non, ça n’est pas grave, parce que si on était tout le temps une nymphe éthérée je peux vous dire que la vie serait bien limitée.

Ce n’est pas parce que je ne me sens jamais si entière que seule, en forêt, à juste respirer l’air et la solitude, que je perds du même coup le droit à me mettre en soutien-gorge en plein concert de Rammstein ou à apprécier une soirée Jdr / film ou à juste être frivole une fois de temps en temps. Y a pas d’incohérence. Ce n’est pas mal d’être humain; c’est comme ça. Seulement un humain ça peut être beaucoup de choses et c’est de toute façon beaucoup de choses. Que serait un humain monofacette parce qu’il aurait décidé qu’il était au dessus de toutes les autres parties de son humanité? Je vais vous aider un peu, on appelle communément ça avoir un balai où je pense. Accepter qui l’on est ce n’est pas la même chose que refuser d’évoluer ou d’essayer de s’améliorer. C’est la condition sine qua non pour y parvenir. Accepter l’autre et faire preuve d’honnêteté intellectuelle sont aussi de bons points de départ.

Histoire de tempérer un peu mon propos, je tiens quand même à dire que je reçois aussi beaucoup de soutien et d’amour, et que là, je parle d’une minorité de gens tout sauf bienveillants. Mais que voulez-vous, le surmenage ne pousse guère à l’optimisme et le fait que mon statut de personnage « public » (« comme Mélenchon », m’a dit une amie) serve de justification à des gens qui ne me connaissent ni d’Eve ni d’Adam pour nous mettre, Sirithil, Florence, River tant qu’on y est, dans des cases qui n’ont pas lieu d’être sur des bases inexistantes a tendance à me scier les nerfs. D’où pause. Cette entité que vous appelez « Sirithil » n’est pas une histoire sans nom et sans visage sur laquelle vous pouvez pérorer à l’envi ni deux ou trois histoires scandaleuses dont on se fout de vérifier la véracité, c’est un être humain avec une âme et un coeur qui bat. Avec violence et en dépit des raisonnements. Avec des sentiments. Des griffes et des dents, bordel de merde. On n’a pas besoin de s’inventer des raisons de ne pas s’aimer, le monde est déjà assez vilain comme il est. Et le monde, votre monde, je m’en retire pour un moment -enfin, j’essaie.

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Auteur : Florence Rivières

"Hold my tea." • Autrice, comédienne et photographe. Addictions : le thé et l'auto-stop.

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