Exposition « Les Fumeuses »

Article que j’avais, à la base, écrit pour le webzine Faunerie, mais qui parle du taf des copains, donc:

Dès août 1942, 

une rumeur traversa la ville.
Le bruit disait qu’un lieu de femmes existait
quelque part dans paris.

Un lieu de liberté,
où elles pouvaient s’enivrer,
fumer tous les tabacs
et s’aimer.

Un lieu où aucun homme n’entrait.

Ce ne fut pas toujours un lieu précis…
Il changea au gré des rafles et des descentes,
pourtant, et malgré tout cela, il perdurait.

La rumeur avait appelé ce bastringue errant :

« Les Fumeuses ».

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C’est ainsi que débute le premier livre de Paul von Borax. Paru courant 2013, l’objet, car c’est un très bel objet, se présente sous la forme d’un journal intime, celui d’un homme qui, à la mort de son demi-frère, retrouve des photos de femmes prises par lui et découvre ainsi tout un pan de sa vie durant l’occupation allemande de la seconde guerre mondiale resté caché, à lui comme au monde. Au fil des images, les Fumeuses se dévoilent dans leur insouciance, dans leur intimité aussi, et le frère de l’artiste passe de la colère devant tant de futilité au questionnement puis à la compréhension, pour enfin deviner comment son frère est mort.

Et ce frère, donc, s’appelait Paul von Borax.

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Je suis allée au vernissage de la série, à Paris, Galerie Lanneau, pas très loin du quartier latin. Une petite ruelle sombre et pavée, des caves voûtées qui auraient très bien pu servir de refuge aux Fumeuses: le cadre était parfait.

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Les Fumeuses sont tantôt rieuses, tantôt alanguies, tantôt elles arborent le regard désabusé de la guerre et de l’opium. Danseuses, effeuilleuses, aristocrates, aviatrices, ici la classe sociale semble n’avoir aucune importance, parce que, dans ce lieu protégé, les Fumeuses sont libres d’être uniquement femmes, et de s’aimer à l’abri des regards.

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Ce qui fait, à mon sens, la force et la spécificité des images de PvonB, n’est pas seulement la technique (bien que son usage du polaroïd confine souvent à la perfection), mais aussi une sensibilité très poétique et une capacité à créer l’instant pour le saisir. C’est à dire qu’il a ce feeling qui fait que, lorsqu’on pose pour lui, en réalité on ne pose pas, on se contente d’être devant un objectif, ce qui n’a rien à voir. Regarder un de ses photos, c’est regarder un morceau d’une histoire, d’une pensée, d’un geste.

Pour découvrir d’autres songes aux frais de Paul von Borax.
Pour acheter son livre.
Pour acquérir un tirage à des prix vraiment doux! (Ils sont d’ailleurs en vente actuellement à la dite galerie)

Sans déconner c’était vraiment sympa.

Publié par

Florence Rivières

Autrice, comédienne, tête de mule. Aussi modèle, photographe, couteau suisse. Troubadour, hippie, féministe. Et d'autres mots encore.

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