Et si je commençais la photo?

Je pourrais prétendre que j’ai pris la décision de commencer la photo de moi-même, mais la vérité c’est que mon entourage est au moins aussi responsable de ce choix que mes aspirations personnelles. Quand la plupart de vos amis sont des photographes ou des étudiants en art, on les entend forcément parler d’images, très régulièrement. Trop pour espérer échapper à leur influence. Petit à petit, j’apprenais sans y faire vraiment attention les bases de la photo, l’ouverture, la vitesse, la sensibilité, la profondeur de champ. Et au début du mois, ayant envie de sauter le pas, j’ai dit devant un ami photographe que j’hésitais sur le choix de mon futur appareil, parce que, tout de même, le Canon 40D n’était vraiment pas cher, mais beaucoup de gens me le dépeignaient comme obsolète et me conseillaient le 60D. Sa réponse fut inattendue:

« Sinon, j’ai un 60D qui ne me sert pas, si tu veux, je te le prête. »
Eh bien, à vrai dire je pouvais fort bien me passer d’une dépense de cette ampleur ce mois-ci, et après m’être assurée que vraiment, ça ne le dérangeait pas, je suis partie avec le reflex et un 18-135mm comme objectif, bien décidée à vite progresser.

Ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai eu ma première occasion. Mon cher et tendre étant à la maison, je l’ai emmené dans la forêt en bas de chez moi où il a pu jouer le rôle qui lui convient le mieux: celui de poète maudit.

Ce fut, pour lui comme pour moi, l’occasion de découvrir que comme photographe de modèles, je suis le genre exigeant: « Ne tire pas cette tête, souris légèrement, non, ne souris pas en fait, décrispe la mâchoire, attends, tourne-toi comme ça, lève la tête, pas autant, fume pour voir? » Je le dois à mon pauvre cobaye, il s’est montré courageux et patient. Surtout que, pour l’une des photos de cet article, mes instructions se sont précisées: « Va plus loin, oui, au milieu des ronces, retourne-toi? Non, rapproche-toi du tronc, l’autre côté? … Non, en réalité ça ne rend rien, reviens… STOOOOP, ne bouge plus! »

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La photo où il est adossé au tronc ce n’est pas moi qui l’ai repérée, c’est lui. C’est, pour moi du moins, une de ces images qui passent inaperçues au premier coup d’oeil, mais plus je reviens dessus et plus elle me plaît. Et le modèle, lui, est de ces gens très beaux mais qui sont difficiles à prendre en photo. Cela dit, je ne suis pas mécontente pour une première fois.

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Publié par

Florence Rivières

Autrice, comédienne, tête de mule. Aussi modèle, photographe, couteau suisse. Troubadour, hippie, féministe. Et d'autres mots encore.

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Une réflexion sur « Et si je commençais la photo? »

  1. Je termine enfin la promenade le long de ta rubrique photographique, ce fut long et passionnant, comme déambuler dans un rêve plein de douceurs. La photo, c’est un univers que j’aime, sans bien en comprendre les codes, et c’est avec la certitude de trouver ici beaucoup d’inspiration que j’ai entamé cette remontée dans le temps. Un grand merci à toi pour toute cette beauté, qui en ces temps troublés devient encore plus nécessaire.

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