Archives pour la catégorie SVVD

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Second miroir

J’ai fait du montage aujourd’hui.

Pas ce matin, tôt ce matin j’écrivais. Mais le reste de la journée, c’était du montage – l’épisode final de Sans Vouloir vous Déranger. La plupart des gens avec qui j’en ai parlé semblent penser que ce doit être l’étape la plus désagréable pour moi – ce qui est le cas.

Monter les images où on apparaît soi-même, c’est quelque chose à quoi je ne connais aucun comédien qui ne rechigne. Dans ce cas particulier c’est me confronter une nouvelle fois, et à mon image, et à mon jeu, et à mon scénario. L’un des plus intimes jusqu’ici – si pas le plus intime. Nous verrons. Je n’ai pas fini. Tout a encore le temps de se casser la figure et d’être reconstruit trois fois.

Mais si cette violence, celle de la confrontation, que j’avais décrite dans L’Art de la Pose, est ici décuplée et multipliée par le nombre de tableaux sur lequel elle s’exerce, je pense encore qu’elle est bonne. Parce que j’aurai toujours ce moment d’autodétestation, même quand je ne fais pas exprès d’être ridicule – surtout dans ce cas – au début, mais je me mets quand même au travail, aussi inconfortable soit-il, épisode après épisode après épisode.

Elle est bonne parce que le mouvement de recul, de dégoût, de peine et de colère en me voyant et en m’entendant a beau arriver à chaque fois, je le balaie chaque fois un peu plus vite. Elle est bonne parce que chaque moment que je ne passerai plus à me laisser distraire par mes (nombreuses) imperfections sera un moment de plus passé à perfectionner ce qui peut l’être. Encore, et encore, et encore. Et elle est bonne parce qu’elle me sert à voir que c’est ce que je fais maintenant, ce que nous faisons – we show up.

Alors, je reviendrai demain.

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Sélection au FIS-MED

Dans les bonnes nouvelles : il y a quelques temps j’ai monté , en une dizaine de minutes, ce trailer absolument improvisé. Je l’avais fait parce qu’un ami m’encourageait à présenter la saison 1 de SVVD à un fesival, le FIS-MED (Festival Internacional de Series Web) pour sa seconde édition à Medellín.

Et ce soir, alors que j’avais presque oublié avoir candidaté, j’ai reçu la nouvelle : on  est sélectionnés ! Quelle que soit l’issue de la compétition, c’est déjà quelque chose à quoi on ne s’attendait pas, et certainement pas si tôt dans la vie de la série.

Laurel episodio 2

Donc, voilà : en résumé, nous sommes heureux.

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Sur tous les fronts

Je crois que je me sens heureuse, en fait. Ça m’a frappée hier matin, cette pensée. Je revenais d’emprunter un sweat-shirt Sea Shepherd, j’avais mes documents de tournage fraîchement imprimés dans les mains, je remontais vers chez moi pour répéter SVVD (comme on recommence à tourner demain, autant vous dire que de la répétition, on en bouffe en ce moment. Dialogue-type : « Et attends, épisode 12 j’ai un SUPER LONG monologue en plan séquence travelling. » « Mais… C’est pas toi, la scénariste ? Pourquoi tu fais ça ? »), et j’ai soudain réalisé que cet ensemble, le soleil, l’odeur du papier, les courbatures et l’excitation, c’était quelque chose que j’avais envie d’appeler le bonheur.

Et puis le soir j’avais cette conférence chez Objectif image Paris, organisée par Nadir Merkal qui a suivi le projet de L’Art de la Pose depuis ses débuts. J’avais décidé que pour une fois, je n’écrirais pas toute mon intervention mais juste des lignes directrices, et qu’on verrait bien. C’était, de mon point de vue, un échec conférencier, mais une réussite humaine – peut-être qu’il va falloir admettre à un moment que je suis plus à l’aise pour parler avec les gens que pour parler aux gens, mais enfin ça se travaille et c’est ce que j’ai fait hier soir grâce à la bienveillance des personnes présentes.

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Et puis, il y a cet article paru sur Le Figaro Madame au sujet du polyamour où je suis citée, et où un lien vers l’épisode 1 de Sans Vouloir vous Déranger est présenté. Évidemment, s’agissant d’un média mainstream, on reste un peu en surface et certains raccourcis n’ont pas pu être évités, mais on retiendra de cette expérience que j’ai réussi à faire placer les mots « anarchie relationnelle » dans Le Figaro, ce qui me remplit de joie quoi qu’il arrive.

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Et ça tombe bien, parce qu’il reste jusqu’au 21 avril à 11h30 je crois bien, pour faire financer la tournage de la saison 2.

L’état du monde est de plus en plus atroce, mais bizarrement l’état de mes projets, ça va.

On se reparle vite ? :)

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Et il y a le reste du temps.

Les jours où ça se passe bien. Les jours où tu te réveilles toute seule à 7h, tu fais avancer ton récit, tu te débats un peu parce que tu es à mi-histoire et elle mute – juste à l’heure – et toi tu l’accompagnes parce que c’est ok et que tu as bien envie toi aussi de voir où elle va t’emmener. Les jours où tu vois un ami, en prends en photo un autre, où tu es évidemment en retard sur tout ce que tu t’étais fixé mais que tu réalises que tu n’as plus que six ou sept jours de tournage à caler et que sur quatorze, ça veut dire que tu as au moins réussi à organiser la moitié, alors, tu relativises : tu t’en sors certes un peu moins bien que ton cerveau malade le voudrait, mais bien mieux que ton syndrome de l’imposteur essaie de te le faire croire.

Les jours où des libraires te disent de venir déposer ton bouquin et où tu te rends compte que oui oui, vraiment, il suffisait de demander.

Les jours où tu montes les premières images de ta websérie et où tu arrives à te regarder avec un oeil plus bienveillant que la fois d’avant.

Les jours où cette école où tu rêves d’aller te confirme qu’elle veut bien de toi.

Les jours où un morceau de conversation te débloque celui qui manquait à ton épisode 10.

Les jours où tu n’as pas la sensation de devoir choisir.

Les jours où les gens se sourient dans la rue.

Les jours où ton kickstarter atteint 100% en moins de dix jours. Ceux où un site web que tu aimes bien publie un article au sujet de ta série en titrant « La web-série à découvrir ». Ceux où il t’en reste 25 de jours, pour franchir deux paliers supplémentaires, et où tu finis par imprimer que certes dans le lot il y a des gens qui font ça parce qu’ils t’aiment, mais que la plupart, c’est parce qu’ils croient que ce que tu fais vaut le coup. Je crois que c’est ce que je retire de plus précieux, en fait, d’un crowdfunding qui réussit : l’argent c’est utile, les félicitations, c’est chouette. Mais cette voix de tous les contributeurs qui, à l’unisson, me murmure : on veut que ce projet existe, et on le veut suffisamment pour le financer,  je me dis parfois que c’est ça le véritable enjeu. La véritable récompense de quête.

Les jours où tu te sens reconnaissante, en fait, pour la vie qui pulse à l’intérieur de toi et pour ceux qui, à l’extérieur, contribuent à ce qu’elle avance dans le sens que tu as choisi.

Je crois qu’aujourd’hui j’avais juste envie d’envoyer un grand « Merci » dans la direction de l’univers.

(La photo est un backstage de l’épisode 1 que j’ai trouvé dans les dérushs de Coline Sentenac)

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« Il ne faut pas être un super héros pour sortir du cadre, il suffit de s’autoriser à être soi-même »

Parce que finalement c’est ça Sans Vouloir vous Déranger : au-delà du polyamour, qui est le thème mais pas le seul sujet, au-delà de l’écriture, au-delà de l’évolution de ses priorités : SVVD c’est l’histoire d’une fille qui, de plus en plus, s’autorisera à devenir elle-même, et prendra en force. Devient-elle, au contraire, plus forte et cela lui permet de s’autoriser à exister ? Peu importe au fond, parce que ces deux mouvements se nourrissent l’un l’autre.

Sans Vouloir vous déranger c’est l’histoire d’Estelle, une jeune fille perclue d’insécurités, et de la façon dont elle sort du déni et accepte que oui, elle est polyamoureuse, et que non, il n’y a rien de mal à ça. Et j’ai fini d’écrire la saison 2. On a même commencé à en tourner une partie.

Si la saison 1 introduisait le sujet principal de la série en évoluant du déni de son polyamour à un tout début d’acceptation en passant par divers stades d’excuses, la saison 2, qui compterait 12 épisodes, entre dans le vif du sujet : on suivra Estelle dans de vraies situations de la vraie vie, ses rencontres avec d’autres personnages (polyamoureux ou non, plus ou moins militants, nonobstant l’emploi ou non du terme par ces personnages), et à la fois sa découverte de cette nouvelle réalité où tous les choix sont valides pour peu qu’ils soient consentis, et son évolution dans son rapport à l’autre, et dans sa vie avec elle-même.

Pour pouvoir réaliser cette saison 2 (plus longue, plus ambitieuse, avec davantage de lieux, de matériels et d’acteurs), nous aurions besoin de… vous. On l’explique mieux dans cette vidéo, et sur cette page.

Cette fois, elle sera entièrement écrite par moi-même, et entièrement réalisée par Cédriane Fossat : je m’appuie évidemment sur la saison 1, mais tout le reste, ce sont mes choix, et ça me convient déjà bien mieux que la précédente. J’ai été épaulée, accompagnée, j’ai suivi certains conseils, d’autres non. J’ai appris, grandi, évolué, et j’espère m’être améliorée. Si on le découvrait ensemble ?

Si vous pouvez/voulez participer au kickstarter : c’est chouette. Si vous pouvez/voulez parler du projet à vos ami•e•s, collègues, amoureu•x•ses, voisin•e•s, camarades : c’est chouette. Si vous avez envie d’écrire un article sur votre site ou votre blog : c’est chouette.

Si vous possédez un café/bar hipster dans lequel on pourrait tourner deux épisodes, c’est chouette aussi, mais je m’égare.

Merci, en tout cas, d’être là, et d’être vous. <3

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Estelle fait un acte manqué

Pendant des semaines, je me suis demandé comment faire arriver Estelle là où je l’avais décidé. Caractérisée comme elle l’était, il lui était impossible de prendre la décision de parler. Pour autant, je ne voulais pas céder à la facilité de la contrainte extérieure. Comment pouvait-elle décider, et cependant être incapable de décider, d’être honnête avec elle-même et les deux garçons qu’elle aimait ? Et puis la réponse m’est apparue, limpide. C’est comme ça qu’on a conclu la saison 1. « En fait, c’est une série sur la psychologie ton truc, quand on regarde les titres des épisodes. »

Sans Vouloir vous déranger, c’est une histoire étrange. Cette saison est faite de bric et de broc, de directions artistiques qui se rentrent dedans, de visions qui s’opposent. De morceaux de chemin qui ne savaient pas qu’ils étaient destinés à durer au-delà d’eux-mêmes, et de contraintes techniques qui s’empilent.

Mais c’est bien. « Comment on décline ce court-métrage en mini-série », « Comment je fais pour développer un arc en intégrant ces épisodes déjà tournés », « Comment je m’accommode des caractérisations déjà présentes pour essayer de les creuser ». C’était technique. C’est pas parfait. Mais ça m’a forcée à être un peu créative, et finalement ça donne une saison qui est un prologue à ce que je suis en train d’écrire : la suite. La saison 2.

J’écris Sans Vouloir vous déranger comme je n’écris rien d’autre, avec de gros morceaux de réel et un blender à peine réglé à 1 ou 2. C’est conséquemment plein de fibres, en tout cas pour moi. Mes amis s’amusent à essayer de deviner ce qui est vrai, ce qui vient du vrai, ce qui est un mensonge pour dire des vérités.

Cédriane me dit qu’elle me trouve badass parce que je suis à poil et confrontée à moi-même à l’écriture, au jeu et au montage, finalement. Je lui réponds que c’est bien pour ça qu’il m’est essentiel de l’avoir, elle, et tous les gens de confiance qui forment cette équipe.

Et puis il y a les épisodes que tu écris, puis que tu vis, puis que tu tournes et quand tu les montes six mois après l’écriture tu réalises : Attends, mais. Quoi ? Je savais tellement bien ça que je l’ai écrit avant que ça n’arrive ? Et tu regardes tes ruptures dans le jeu en te disant : ah oui oui, ça aussi je sais d’où c’est sorti.

Nonobstant la cocasserie de la chose, l’épisode 6 est, je crois, mon favori. Alors… J’espère qu’il vous plaira.

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Estelle s’enfonce dans le déni

Je voudrais que vous sachiez que, pendant l’écriture de cet épisode, j’ai sérieusement dit la phrase suivante à haute voix : « Attends, c’était quoi mes excuses quand je voulais pas admettre que j’étais poly… »

Il y a des preuves en vidéo.

Le son est désynchronisé en plus d’être dégueulasse donc on ne vous en fera pas un teaser comme de cette scène, mais je voulais que vous le sachiez.

Et, à part ça : l’épisode de la semaine prochaine sera le season finale, comme disent les anglais.

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Estelle est dans le déni

Comme vous le savez ou pas, j’ai repris la direction artistique du projet Sans Vouloir vous déranger, et, voyant clairement le gouffre que représentait le fait de gérer à la fois l’écriture, le jeu et la technique, j’ai tout de suite confié la réalisation de la suite à Cédriane Fossat. Et ceci est le résultat de notre première collaboration !

Il introduit deux nouveaux personnages, et s’efforce de rassembler des épisodes épars en trame narrative cohérente.

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SVVD – Estelle réalise qu’elle est en couple

L’épisode 2 de Sans Vouloir vous Déranger est sorti !

Comme l’épisode 3 est en cours de préprod, je ne peux pas vous promettre de le sortir la semaine prochaine (car on le tourne le 21 octobre), mais je peux vous dire qu’il introduira non pas un mais deux nouveaux personnages récurrents, et que ce sera le premier que j’aurai écrit seule, de mes blanches mains. Autant vous dire que j’ai plutôt hâte.