The Untyping

Au détour d’un atelier d’écriture mené par Pauline Harmange, l’un des exercices (vous avez été arrêté.e pour le crime le plus idiot qui soit, écrivez votre plaidoirie) a donné lieu à ce poème, qui m’amuse assez pour le partager.

How many do you need
to make a good one?
the good and fair and honest
people in this town
would say an accurate
ten, of course.

so, the old
white
cis
straight dude
was in his right to film me
right to save the
unforgivable footage
right to be tapping
on my shoulder
right to point out
what a blunt spectacle
was happening in front of his eyes
or rather,
how it was happening
in case I didn’t
notice.

« Miss » he said
– would you even be
judging me
if I didn’t pass
as a « Miss »
to you all? –
« Miss », he said,
« It is so frightening
to see how you move
there is almost
a grace to it. »

And so, with my unability
to take a compliment
as the way out it is,
proof has been sent
to this tribunal
testimony
has been sworn upon
and here I am
before all the judges
of the county,
defending myself
in this serious matter.

You’re afraid to ask
aren’t you

I’ll do it for you
« why would she do it
what twisted mind
would choose
to one-finger-type
through a whole novel?
what evil could drive you
and that sole finger
one letter at a time? »

but the truth, Mister and Misters Jury,
could be even more
disturbing than that.
what if I didn’t have
any choice?
what if I couldn’t use
all my ten fingertips
like the rest of you?
what if my brain wouldn’t let me?
what if I’m too crippled
to not break the law?
how fast can one finger move
before it is called unnatural
how hard do you have
to want the writing
to make it happen
one fingertip
at a time?

the case is closed. I did break the law.
you are scared and you should be.
but before you lock me in,
ask yourself:
if you take the typing
machine away
what new outrageous way
to write will I find?

Les Chroniques de Kin : Préservées

Si j’ai, cette dernière année, un peu délaissé ce blog, ce n’est pas que j’ai aussi lâché le clavier, au contraire. Beaucoup des projets sur lesquels je travaille sont encore secrets (quoique l’un de ces projets secrets ait fini lauréat d’un concours de fantasy young adult, ce qui reste encourageant) et surtout au long cours.

J’étais donc heureuxe que Pa Ming Chiu m’invite à participer à son projet avec Héros en Stock, Les Chroniques de Kin, un univers dark fantasy collaboratif. Vous pourrez lire Préservées, ma nouvelle, et toutes les autres sur le site.

Illustration de couverture : © Koni.

Westmat

Il m’a fallu les mots des autres pour le réaliser – forcément, je ne pouvais pas avoir l’oeil sur ça. Plus encore, il m’a fallu les mots des autres qui me connaissaient mal, qui n’étaient pas habitués, et qui le savaient et ne projetaient pas je ne sais quelles attentes fantasmées sur moi. On a beau savoir que poser c’est plus souvent garder un mouvement en suspension que prendre une posture et y rester, il n’en reste pas moins que ce n’est pas la même chose que bouger.

Les mots des autres, donc, ont fini par me trouver pour m’apprendre combien il était miraculeux que je tienne debout, peu ancrée dans le sol comme je l’étais. Mais c’est évidemment une prof de danse qui m’a achevée d’un Même quand tu marches, on dirait que tu traînes ton corps deux mètres derrière toi.

Je n’ai rien répondu. C’était vrai. Même mon kiné, enfant, le disait : je ne suis pas incarnée, c’est comme ça, ou si peu. Juste assez pour faire illusion si je me concentre très fort au milieu de tous les gens qui de toute façon n’ont pas le temps de remarquer ce genre de détails. Bien sûr, il a bien fallu qu’on me le fasse remarquer : la plupart du temps, tout ça n’est à mes yeux que la façon standard d’être au monde.

Mais pas toujours.

Au bord de la falaise avec le vent qui me force à rester à l’intérieur si je ne veux pas m’envoler définitivement, au sein d’un cours d’eau, sous une cascade – ce sont des milieux qui me permettent de me raccrocher à mon corps parce qu’il n’y a personne pour m’y obliger. J’y reste le temps que j’y reste, et poser aide à recréer cela. Parfois. Pendant quelques heures, quelques jours, tout est plus facile à atteindre ; l’écriture est nourrie, le temps se remet à exister, les gestes se font plus sûrs. Jusqu’à la prochaine fois.

Bien sûr, on pourrait se demander pourquoi cette incarnation mal finie. Assez vite vient la question du trauma. Et c’est possible. Je ne sais pas. Tout ça remonte à loin, et on ne se souvient pas assez bien ces sensations pour savoir si cela s’est amplifié à chaque étape.

On se souvient des étapes pourtant.

Photographe : Mathieu Westmat

The night you started talking

That one moment, when you feel
you’ve been screaming
all that’s been done
all the pain and the hurting
and the crimes
into a void
all these years
loud and clear
then one day you grabbed people’s ears
forced them to listen
and now, they be saying
“we had no idea,
how terrible,
how so sorry we all are!”

well, it was a void indeed

(Images are from a project I’ve been working on with talented comic artist Steren)

Sans vouloir vous inonder

Où je réalise que, depuis des mois, on termine des épisodes de la saison 2 de Sans Vouloir vous Déranger, on les envoie aux contributeurices via Kickstarter et Tipeee, mais ils n’atterrissent jamais… ici.

C’est une excellente occasion, cependant, de vous donner des nouvelles. Onze épisodes sur douze sont terminés et en ligne, nous n’attendons plus que le son du douzième, qui va demander encore un peu de patience puisqu’il implique une composition originale. Mais il se murmure dans les cercles autorisés que des nouvelles devraient arriver à un moment cet automne. En attendant, il est de bon ton de rassembler le reste de la saison ici.

J’ai appris énormément de choses, et la principale aura été, pour la saison 3 ( ! ) et en règle générale, d’arrêter de confondre écrire ce que je veux et écrire ce que je pense pouvoir réaliser. L’histoire d’Estelle et de Solène n’est pas terminée, et je compte bien vous offrir une véritable fin ; nous verrons quelle forme elle prendra le moment venu.

Burn Away

J’ai eu besoin de sortir un texte, il se trouve que cette nouvelle existait déjà. Elle démarre, pour celleux qui l’ont lu, pile à la fin de The Yggdrasil Network, et lui fait suite ainsi qu’à Burn-Out, mais elle peut être lue indépendamment.

Un grand merci à Damien Steck qui m’a laissé disposer pour la couverture d’une capture d’écran de Feel The Life, le film dans lequel il m’avait fait jouer !

On addiction

I’m trying
to stay asleep
as long as I can
so I don’t have to write
in my journal
because if I did, then my journal would hold
what I’ve been through
and it’d remember
and everything
would be terrible

But then I wake up
and I do write
on my journal
in order to avoir
telling my friends
because if I did, then my friends would know
what I’m going through
and they’d say the words
and everything
would be terrible

It’s okay, I’ll tell myself
it’s just dopamine
dopamine’s just chemistry
chemistry can be fought
with established processes
established processes
already exist
so it can wait
until I start
fighting
then it’s all gonna be

fine