Archives pour la catégorie Ecriture

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Le bon chemin

Je tends vers l’absolu. En tout, mon premier réflexe va être d’aller jusqu’au bout, au plus fort, au plus loin, au plus radical. On me dit que suis excessive, et même si j’ai arrêté de me complaire dans le goût de l’absolu (*) tel que défini par Aragon il y a un moment, je trouve encore que tout ce qu’il y a d’aimable et de fou en moi peut se retrouver dans des histoires de cascades et d’inondations.

Comme un peu tous les êtres humains je pense, je suis séduite par l’idée d’avoir une ligne de conduite qui fonctionne sur toutes les situations. D’avoir la solution pour trouver à coup sûr comment agir de façon à continuer à grandir d’une façon qui, éthiquement, me convienne.

J’ai trouvé une partie de ma solution avec ce que j’appelle la vulnérabilité radicale. Speak the truth, say it straight, simple and with a smile, comme me l’a intimé mon thé il y a quelques jours. Le principe, c’est une transparence absolue associée à des notions de communication non violente, et il faut bien admettre que cette transparence évite bien des problèmes, et est un bon outil pour choisir les personnes avec qui construire notre chemin.

Harcèlement.

Une publication partagée par L’art de la pose (@lartdelapose) le

Souvent, quand on a été honnête avec autrui, et au passage avec soi-même, le chemin s’éclaire de lui-même : avoir posé des mots sur nos ressentis rend nos aspirations plus explicites. Ainsi, si je suis capable, il y a quelques années, d’admettre un sentiment de jalousie et d’insuffisance personnelle diffuses lorsque j’entends parler de personnes qui, ayant mon âge, sont comédiennes, il semble évident que la réponse est que, peut-être, je devrais m’autoriser à jouer et cesser de trouver des excuses pour ne pas prendre le risque de démarrer.

Seulement, parfois la réponse n’est pas aussi simple. Parfois, grandir ne passe pas par le fait de prendre le monde par les cornes et de soumettre la circonstance. Parfois on apprend davantage en admettant que tout ne peut pas être contrôlé.

Mais à partir de quand la bascule se fait-elle ?

À quel moment se battre devient-il simplement se débattre en refusant l’altérité du monde ? À quel moment l’acceptation et la sérénité deviennent-elles de la passivité ?

Si je suis dans une situation qui me cause de la souffrance, comment savoir si j’ai besoin d’y rester pour apprendre comment la surmonter, parce que cette souffrance me dit des choses sur moi que je peux travailler, ou s’il faut au contraire la fuir parce qu’elle est abusive ?

Si l’un de mes projets ne fonctionne pas, l’univers est-il en train de me dire « acharne-toi », « change de stratégie » ou « ce projet n’est pas celui qui est important pour toi en ce moment » ?

Alors, pour sortir de ce doute, on est obligés de faire cet exercice inconfortable qui consiste à se demander vraiment ce que l’on veut.

C’est inconfortable parce que la société dans laquelle nous évoluons ne nous a pas habitués à avoir des aspirations personnelles qui sortent du cadre de ce qu’elle a défini comme bon. Elle est une machine à formater, non à faire s’accomplir chacun dans son individualité. Et ça se comprend, en un sens : comment obtenir le calme si chacun poursuit une aspiration différente ?

Mais peut-être que ce calme-là n’est pas celui qu’il nous faut.

Peut-être que ça ne l’a jamais été. Peut-être que ce calme est celui de la mort, là où la vie tend vers la pousse, le développement, la diversité, les cycles.

Quand je me pose la question Qu’est-ce que je veux ?, je m’autorise, pour un instant, à exister en dehors des cadres qu’on a construits pour moi. Et c’est terrifiant parce qu’une fois que j’ai compris dans quelle direction je voulais pousser, le fait d’y aller ou non relève uniquement de ma responsabilité.

Une fois qu’on a défini vers où on veut aller, et quel chemin mène vers là tandis que l’autre nous fait régresser, la décision n’est plus de se battre ou d’accepter, mais de grandir ou de reculer, quel que soit le chemin qui mène à quoi.

Et, quelles que soient les choses que j’ai besoin de surmonter (de l’affrontement ou au contraire le fait de laisser passer les choses sur moi) pour grandir, dès lors que je décide de ne pas m’y confronter, je choisis en fait de ne pas grandir. Je choisis le confort de l’échec annoncé. Je choisis les « Je l’avais bien dit » au lieu des « Wow, je ne pensais pas que ce chemin me mènerait aussi loin ».

Quel chemin voulons-nous prendre ?

(*) Pour la culture : Celui qui a le goût de l’absolu peut le savoir ou l’ignorer, être porté par lui à la tête des peuples, au front des armées, ou en être paralysé dans la vie ordinaire, et réduit à un négativisme de quartier ; celui qui a le goût de l’absolu peut être un innocent, un fou, un ambitieux ou un pédant, mais il ne peut pas être heureux. De ce qui ferait son bonheur, il exige toujours davantage. Il détruit par une rage tournée sur elle-même ce qui serait son contentement. Il est dépourvu de la plus légère aptitude au bonheur. J’ajouterai qu’il se complaît dans ce qui le consume. Qu’il confond sa disgrâce avec je ne sais quelle idée de la dignité, de la grandeur, de la morale, suivant le tour de son esprit, son éducation, les mœurs de son milieu.Aurélien, Louis Aragon.

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Shall we rise

Internet,

Tu sais, je pense, que tout ce qui vit est, par définition, amené à changer. Ce qui est drôle avec toi c’est que tu gardes trace de toutes ces étapes. Parfois, on se dit qu’on s’en passerait bien. Tes pages oubliées sont autant d’empreintes irrévocablement figées de fragments de ces personnes que nous avons été. À moins d’un grand ménage, qui est le terme poli pour « censure historique », les adolescents, les jeunes adultes que nous avons été resteront là, en suspens, accessibles. Parfois ce sera la redécouverte d’un vieux blog qui nous fera passer une nuit entière à rire aux larmes, parfois les empreintes de cette même époque nous serreront le coeur et nous nous sentirons désolés pour les êtres humains peints ces moments-là. Parfois même, nous nous sentirons en colère contre nos anciens « nous », en perdant de vue que c’est tout de même eux qui nous ont amené là où nous sommes.

À qui nous sommes. Et ce sont eux, autant que nous, qui iront vers qui nous seront amenés à devenir.

Il y a eu toute une période de ma vie où je me suis définie comme n’étant pas féministe. Je ne pouvais pas être féministe puisque j’étais pour l’égalité entre tous les êtres humains. How ridiculous is that ? Si tu es pour l’égalité tu es obligé d’être féministe. L’inverse n’aurait pas de sens. Mais c’est l’un des arguments marketing employés par le patriarcat pour nous convaincre de fermer la bouche, de faire taire nos voix, et d’endurer cette boule qui alourdissait, de plus en plus, nos poitrines. Endurer, comme s’il n’y avait pas d’autre moyen, pas d’autre voie. Endurer jusqu’à en crever. On a tellement répété que les féministes étaient de hideux êtres humains voulant couper les couilles aux hommes, et non au patriarcat, que les femmes se sont mises à le croire. Je ne suis pas féministe, mais, est devenu un début de phrase obligatoire pour qui voulait essayer de s’exprimer dans l’espace public. On nous a dit qu’on se trompait de combat. Qu’il y avait pire ailleurs. Qu’on avait le droit de vote après tout.

Nivellement par le bas, je crie ton nom.

On nous a même dit, individuellement, que nous, on était cool, qu’on n’était pas comme les autres femmes. Combien de fois ? C’est vieux comme la politique. Divide ut regnes. Et ça a marché. On s’est mises à s’entre-déchirer, et même entre féministes, on avait des débats interminables sur qui était une bonne ou une mauvaise féministe, qui était une bonne ou une mauvaise militante, alors qu’on aurait pu consacrer ce temps et cette énergie à essayer de changer le monde.

Récemment j’ai repris cette blague de Stargate arrosée à la sauce militante. Un vegan, un zero-waste et un macrobiotique se retrouvent sur une planète neutre. la tension monte vite. Les yeux du vegan brillent. Le bec du zero-waste scintille. Et le nez du macrobiotique dégouline. Lequel a raison ? Lequel se trompe de combat ? Les trois. Ce sont juste trois personnes qui vont prendre le même problème par des bouts différents, mais à la fin, elles se rejoindront au milieu. C’est du moins ce que j’espère, parce que ça voudra dire qu’on l’aura gagné ce monde dont on rêve tous.

Alors tu vois Internet, avec Mathilde Aimée, nous avons décidé de retranscrire nos prises de conscience que oui, on est féministes, et oui, on a le droit d’exister et de taper du poing sur la table en actes. Ça va de répondre au harcèlement de rue dans le métro à essayer de sensibiliser les consciences. Et pour ça, on a décidé qu’on avait besoin de notre plate-forme. On aurait pu rejoindre une des plate-formes existantes, mais on avait besoin de le faire comme ça. On avait besoin de notre voix.

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Notre voix, celle qui s’adresse au monde sans passer par nos blogs personnels. Notre voix, consacré au combat de celles qui luttent pour leurs droits, de celles qui élèvent la voix. Et pour celles qui n’osent pas encore le faire, ajouter à cette grande sororité ne peut qu’être un encouragement à élever, elles aussi, la voix. On a choisi la pluralité pour à la fois sortir nous-même et faire sortir les autres de cette fichue caverne.

On est féministes, bordel de merde. Tu entends, Internet ?

C’est acté depuis un moment pour nous, mais voilà, on ne l’avait pas inscrit dans ta chair. Pas encore. On n’avait jamais dit, aussi haut et fort, à quel point nous le croyons, à quel point nous le voulons. Maintenant, c’est fait. On a décidé qu’on avait besoin de notre site, et on a décidé qu’il serait un cri de guerre. Shall we rise. Comme le dit souvent une amie, la honte doit changer de camp. Aujourd’hui, nous contribuons à libérer la parole des opprimées, des timides, de celles qui doutent, de celles qui se soutiennent. De celles qui se battent. De celles qui se conscientisent. De celles qui osent revendiquer.

De celles pour qui baisser les yeux n’est plus une option.

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Clique sur l’image pour accéder au site, copain d’internet !

Je suis vraiment contente de vous montrer enfin ce site, parce que c’est un projet qu’on a depuis environ cet hiver, et qu’on a donc forcément écrit des articles en amont du lancement… dont certains qui dorment depuis quelques mois. « Le monde aura toujours besoin du féminisme dans quelques mois », m’a dit Mathilde… et ça n’a pas loupé, à ma grande déception. Mais bref, je me permets d’ores et déjà un peu de teasing : il y a de l’analyse, des notions de philo, du témoignage, du billet d’humeur, un peu de critique (même si ça, c’est plus sa partie), et surtout de l’amour.

La culture du viol, milieu naturel du prédateur ?
Ces femmes qui reproduisent le sexisme ambiant
Critique de la saison 3 de Broadchurch
Et si on arrêtait de jouer à cel•ui•le qui a le plus gros complexe ?
La fin des croyances

Et vous pouvez toujours lire ce que j’écrivais de féministe sur ce blog jusqu’ici, .

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Lorsqu’on n’a plus le choix, on est libre

Il y a quelques temps que je ressens une forme de frustration vis-à-vis de choses que je voudrais écrire, mais qui n’ont pas forcément leur place sur ce blog. Ainsi, cet article que Jake m’avait suggéré d’écrire sur le stop, des choses plus analytiques au sujet du féminisme, ce genre de choses. Pour certaines de ces choses, la création de plate-formes dédiées est en cours, et pour d’autres… Je me suis soudain décidé à ouvrir un blog Médiapart.

On verra bien ce qui en ressort, en attendant je vous laisse le lien !

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Autrice

Je pense que vous l’aurez compris, j’attache beaucoup d’importance aux mots. Les mots de tous les jours surtout, ceux qu’on utilise sans y penser. Ceux qui sont ancrés dans notre inconscient collectif et qui pèsent comme un cauchemar sur l’esprit des vivants*.

Il y en a qui me tiennent plus à coeur que d’autres.

Autrice, par exemple.

Pour certains il est une évidence, pour d’autres une bizarrerie, pour d’aucuns une coquetterie inutile. Pour moi c’est un mot qui doit entrer dans cette catégorie des mots qu’on utilise sans y penser. Parce que le jour où ça nous semblera naturel d’utiliser le féminin d’auteur, le monde sera un peu plus égalitaire et y exister sera un peu moins un combat permanent.

Un peu.

En attendant de faire la révolution, mot par mot, on peut, un peu, changer le monde. Une habitude à la fois.

Ce un peu n’est pas suffisant, mais s’il existe c’est déjà tellement mieux que s’il n’existait pas.

Ça c’est pour le monde. De façon tout à fait égoïste, autrice, pour moi, c’est bien plus que ça. C’est comme un rivage lointain, inaccessible, qui nous semble encore inaccessible alors qu’on y a déjà mis les pieds. C’est un genre d’effet de sidération. Le temps de réaliser ce qui se passe.

C’est un peu pour réaliser que j’ai demandé à Coline Sentenac de réaliser mes photos officielles d’autrice. Et comme pour le moment, ce que j’écris, ça parle beaucoup d’acceptation de soi, on a fait ça sans maquillage, on est des déglingos**.

* (Oui, je viens de citer Marx dans mon billet en toute décomplexion.)
** (Oui, j’utilise « déglingo » à cause de Guillaume Meurice.)

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© Coline Sentenac

Le nom qu’on choisit

« The name we choose, it’s like a promise we make. »
- Le Docteur

Hier avec un ami, on parlait des paradigmes relationnels, et surtout de leur évolution. Vous savez, un peu comme dans l’expérience des trois catégories de rats. On a tendance à s’arranger, les uns par rapport aux autres, par cases. Dominant / dominé. Soignant / soigné. Leader / suiveur. Ça, c’est en théorie, mais moins on est déconstruit, plus ça s’applique. Et le truc intéressant que nous apprend l’expérience des rats c’est que même en ayant plutôt une nature dominante, on peut se retrouver dans un paradigme de soumission, qu’il soit consenti ou non.

Mais il y a cette troisième catégorie de rats qui nous pose bien des problèmes. C’est celle des indépendants. Les indépendants, on ne sait pas trop quoi en faire. Ni patron ni salarié. Ni mentor ni élève. On n’est pas dans un monde où ça semble normal, ça. Quelqu’un qui ne donne, ni ne reçoit, d’ordres, c’est une anomalie.

Et une anomalie, ça se soigne ou ça s’efface.

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Image parfaite volée sur l’Instagram de Marika (@marika.leila)

De temps en temps on se retrouve dans des paradigmes relationnels qui, soit ne sont pas destinés à durer (crise, accident, circonstances particulières), soit dans lesquels on nous force au chausse-pied et au burin. Cette dernière catégorie de paradigmes, soit on s’y laisse mettre parce que ça nous va d’une façon ou d’une autre (résistance par rapport à nos aspirations réelles, envie de faire plaisir, peur de blesser l’autre), soit on s’y est carrément retrouvés par manipulation. Dans un cas comme dans l’autre, à terme, ça ne nous conviendra pas.

Et il faudra que le paradigme de cette relation change ou qu’elle se brise.

Et plus longtemps vous attendrez avant de la briser, plus grand en sera le fracas.

Changer de paradigme, c’est compliqué.

Je peux citer au moins quatre relations amicales dont j’ai fini par sortir parce que le paradigme ne m’en convenait plus. Vous savez ce moment où vous ouvrez vos ailes et où, au lieu de vous encourager, votre entourage se met brutalement à être énervé par tout ce que vous dites ? Ce moment où, au lieu de malheurs à raconter, vous avez soudainement des choses enthousiasmantes à partager, et où ça n’a manifestement pas la même saveur pour l’autre ?

Et inversement, ce moment où vous commencez à prendre conscience de ce dont vous avez besoin dans la vie et où on vous coupe, où on vous explique que non, vous vous trompez, ce n’est pas ça, qui vous êtes, que ce n’est pas ça, ce que vous voulez, que ce n’était pas ça, ce que vous ressentiez. Et où c’est vous qui commencez à ne plus vouloir tolérer ça.

Il y a quelqu’un dans ma vie que j’ai mis d’office dans la position du sauveur. La mise en scène était parfaite, quoiqu’un brin dramatique. Au cinéma, on m’aurait reproché de trop verser dans une narration explicative. Mais bref, je savais que c’était chez lui que je trouverais les outils pour m’en sortir et je les ai trouvés.

Et je n’ai jamais vu un changement de paradigme relationnel s’effectuer avec autant de facilité.

C’était fluide, logique. On ne l’a presque pas senti passer. En l’espace d’un instant je me suis retrouvée avec un ami et il était évident que cette position-là se trouvait en germe dans tout ce qui avait précédé.

Et c’est beau quand ça se passe comme ça.

C’est beau quand les gens à qui vous tenez vous laissent changer. À la limite, ils n’ont même pas besoin de vous encourager. Vous laisser être, ça suffit largement. C’est beau quand on ne vous interdit pas de grandir à coups d’arguments loyalistes. C’est beau de côtoyer des personnes qui ne nient pas qui nous sommes.

Et c’est beau de pouvoir choisir qui on est et le revendiquer.

En changeant de nom d’artiste il y a deux ans, j’ai clos une phase de ma vie où j’acceptais de me faire marcher dessus pour ne pas blesser les autres. Je me suis quand même encore un peu fait marcher dessus par la suite. Le temps que la tête apprenne ce que le corps savait déjà. No more.

En laissant tomber Sirithil j’ai promis que j’étais désormais celle qui décidait de ma vie, et à quelque chose près, c’est ce à quoi je parviens tous les jours. J’ai promis qu’on ne m’expliquerait plus qui j’étais. J’ai promis que, sans nier les peines de celle que j’étais, je ne la laisserais pas se mettre en travers de celle que je devenais.

En arrêtant d’avoir un pseudonyme par activité, j’ai promis que désormais j’embrasserais tout ce que je faisais, parce que tout ça faisait partie de moi. J’ai promis que je n’étais plus une myriade de personnages, mais bien celle qui les façonnait.

Les mots sont importants.

En changeant les mots, on change la réalité. C’est comme ça qu’on a déqualifié les exploités en défavorisés, c’est comme ça qu’on nous a volé la gauche. Mais c’est comme ça aussi que vous pouvez reprendre vos droits sur cette notion fluide et mouvante, mais qui désigne ce qui vous appartient et vous appartiendra toujours.

Qui vous êtes.

- Photo : Coline Sentenac, qui non seulement me laisse exister mais pressent tout cela en photo avant que ça n’arrive.

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Wild Child

Je me suis enfuie dans la forêt.

Loin, loin du brouhaha des humains. Loin de la folie ambiante. Loin des choix impossibles. Loin de tout, si ce n’est ces deux âmes que j’aime tellement et la chrysalide apaisante qu’elles ont toujours su tisser autour de mon âme. Ambre a peint mon visage. Puis, avec Julie, elles se sont attelées à cela : embellir mon âme.

Il n’y avait plus de lumière, mais nous n’en avions pas besoin. Il me suffisait d’être nue dans la forêt avec le goût de ce souffle d’air si particulier, propre aux bois, qui caresse en même temps qu’il (r)éveille.

J’aurais pu m’y perdre et y rester. Peut-être même que je l’aurais voulu. Mais alors je suis allée me réconcilier avec la forêt du festival, et j’ai enfin fini ce livre qui me dit d’aller courir avec les loups. Comme toujours, il m’a donné ce dont j’avais besoin – le chemin de l’âme qui doit traverser le pays des morts pour se dépouiller de ses dernières illusions. Et c’est ce qui s’est passé.

Je pense que, si j’ai passé tant de temps à me demander où était ma place, c’est parce qu’il n’y a pas de réponse permanente. J’ai passé des années à être une passagère dans tous les milieux, une visiteuse dans tous les groupes que j’ai traversés, et à me dire qu’il fallait que je choisisse entre être une machine de travail et une hippie dans la forêt. Et puis Anaël m’a apporté la solution comme si elle coulait de source : je ne devais pas avoir peur de me transformer en machine de travail, parce que bien sûr que j’en étais une. Je ne devais pas essayer de tendre vers un état d’esprit éthéré, parce que j’y étais déjà.

Je ne suis pas dans le monde des hommes en attendant d’avoir le courage de le quitter. Ce n’est pas ça, ma nature. Ma nature, c’est de faire partie des deux mondes. Et j’ai besoin des deux. J’ai besoin d’entreprendre pour mes convictions, et j’ai besoin de fermer les yeux et de laisser le monde à lui-même, quelques instants. Et je suis aussi pleinement moi-même dans un cas comme dans l’autre.

Comme je le dis souvent : choisir, c’est pour les autres.

Mon rôle c’est de me tenir à la frontière, un pied solidement ancré dans chacun des deux mondes. Peut-être d’être une frontière, allez savoir.

Mais il me fallait le silence pour m’en rendre compte. Bien sûr. Parce que c’est la chose la plus précieuse et la plus rare de ce monde, le silence. Mais, quand on l’a obtenue, on se rend compte à quel point elle en vaut la peine.

Et c’est beau, de regarder les passages entre les mondes.

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© Julie World Tree
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© Julie World Tree
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© Julie World Tree
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Résister

Je ne parle jamais de politique sur ce blog. Pas directement. Pas ouvertement. Mais en fait j’en fais tout le temps.

Dans sa newsletter 101, « Écrire entre les lignes », mon coach et ami Anaël Verdier a écrit ces mots : « L’an dernier j’ai accompagné une jeune femme brillante dans l’écriture d’un livre féministe sur la place du corps dans la société, sur le rapport de soi à son corps et à l’image de ce corps. » Au cas où je n’aurais pas compris de qui il s’agissait, il a ajouté ceci :

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Je défends l’idée que la politique c’est tous les jours depuis l’instant où je me suis acheté une conscience politique. Je répète encore et encore que ce n’est tout simplement pas possible de ne pas s’intéresser à la politique, dès lors qu’on n’en limite pas la notion aux débats et à la macropolitique de spectacle qui sont notre pain quotidien depuis de trop longues années. Que c’est politique de devenir vegan. C’est politique de se mettre à poil. C’est politique d’utiliser un service de voitures plutôt qu’un autre. Tout est politique parce que ce qui est politique c’est ce qui concerne la putain de vie de la cité.

Du coup, j’évite de trop parler partis politiques sur ce blog. Tout le monde voit bien à quelles manifs je vais et quel genre de valeurs je défends, mais c’est tout. Et c’est très bien comme ça, je suppose. Parce que c’est mal, non, de parler politique quand on veut faire de l’art ? Parce que ça ne va pas ensemble, n’est-ce pas ? Mais c’est la même chose.

Mais là, je suis un peu obligée de sortir de ma réserve. Entre les violences en début de cortège, les violences symboliques, les violences verbales envers « celui qui ne vote pas bien », comprendre : pas comme moi. « Politiquement la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal », comme l’écrivait Hannah Arendt, une autrice avec qui j’ai autant d’affinités que de points de tension, ce qui rend notre relation passionnante. Mais bref. Tout s’accélère, et quoi qu’il arrive ce sera de pire en pire. Ça me rappelle un épisode de The Newsroom, où Will McAvoy interroge un expert en réchauffement climatique et lui demande ce qu’il faudrait faire pour sauver la planète, et où l’échange a globalement cette teneur :

- Vous voyez, c’est comme si nous étions dans une voiture lancée à fond contre un mur, sans freins efficaces et sans airbags.
– Oui, mais que faudrait-il faire selon vous pour arranger la situation?
– Stopper la voiture il y a dix ans.

C’est maintenant qu’il faut se lever.

Parce que chaque minute où nous avons toléré ce système et ce qu’il engendre est d’ores et déjà intolérable. Nous sommes endettés vis-à-vis de notre propre conscience.

Parce qu’il ne nous reste que la rue.

Parce qu’on a besoin de se battre, parce que je refuse de croire que ce ne soit plus dans notre ADN, parce que je refuse de croire que ce ne soit pas la peine de parler avec cet Autre qui a si peur et est si désespéré, parce que si on n’essaie pas de convaincre alors quoi ? On décide que les gens sont ontologiquement mauvais et on se suicide tous ?

Parce qu’il reste des champs de bataille et que ces batailles on les livrera. Parce que les déceptions d’aujourd’hui portent en fait l’espoir de demain.

Parce que « dimanche, on met dehors la bête immonde, et à partir de lundi, on s’occupe du banquier. »

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Et puis, au pire, on meurt.

(Photo : JG – Backstage durant un tournage Des Gens Bien Prod)

La semaine dernière, j’ai fait un tournage.

Je vous en parlerai plus en détails bientôt, et je risque d’ailleurs de vous en parler pendant un moment (croisons les doigts) (début de teasing repéré), mais pour le moment, j’ai surtout envie de partager certaines réflexions qui en ont découlé.

Sur ce tournage, j’étais directrice de prod et actrice principale, ce qui, combiné à ma façon d’être la maman de tout le monde, faisait pas mal de choses à gérer. Heureusement, j’avais un régisseur pour la première fois de ma vie, ce qui me l’a sauvée, et l’équipe était largement au-dessus de ce que je m’attendais à trouver à la base, ce qui est cool. Genre vraiment cool. Cela dit, la phrase qui est revenue le plus souvent pendant le débriefing, c’est « Florence, il faut que tu en fasses moins », à quoi je répondais « Oui, oui, je dois apprendre à déléguer », à quoi on me rétorquait « Non mais Florence. Tu ne dois pas déléguer. Tu dois te séparer de certains rôles. » Évidemment, ils avaient raison. C’est compliqué d’être une équipe de tournage à soi toute seule, et j’ose même dire que ce n’est pas forcément souhaitable d’essayer de tendre vers cet état, surtout quand on a douze projets en cours à côté.

J’adore ma vie. Il me faudrait juste des journées de quarante-huit heures. En réalité, il suffit juste que je vérifie régulièrement que je n’ai pas laissé traîner un morceau de moi en chemin.

Mais en même temps, peut-être que ça me va de m’attaquer à des projets trop gros pour moi. Peut-être que, si je m’astreins à des choses qui nécessiteraient plusieurs machines de guerre, c’est que quelque part j’aime ça. Peut-être qu’on ne grandit pas, ou pas aussi bien, quand on essaie d’en rester à ce qu’on est capable de faire. Et je regrette de ne pas avoir plus de traces écrites de la façon dont je me sentais au début de l’écriture de mon livre, mais je suis presque sûre que j’ai eu, à un moment, cette sensation de « Oh, mais dans quoi je me suis embarquée ? Je suis trop petite pour ça ». Et au final, mon livre est fini et le projet en cours, à la fois, est prometteur et jouit de davantage d’aides différentes que je n’en avais à l’époque. Et surtout on le porte à plusieurs. C’est une montagne formée des intérêts communs de nos deux montagnes, et ça fait drôlement moins peur. Le fait de travailler à un projet en lui servant de force motrice, mais sans être impliquée dans la partie créatrice, sans être celle qui l’écrit, ça m’a semblé, d’une certaine façon, reposant.

J’ai besoin, je crois, de ces moments dans ma vie où tout ce que j’ai à faire, c’est trouver des solutions. C’est faire en sorte que les choses soient possibles. Franck m’a dit un jour qu’il me voyait comme une artiste plus que comme une technicienne, mais en vrai j’ai besoin des deux.

Il faut juste que j’arrive à trouver la balance entre mes différents travaux. Ne pas dropper l’écriture parce que je joue, ne pas faire que de la pose alors que je devrais photographier autrui, m’astreindre à conserver des plages pour tel et tel projet, certes moins demandant, mais tout aussi important.

Et puis je me rends compte que clairement, et depuis toujours, mon travail c’est ma vie. Je ne m’en étais pas rendu compte aussi clairement parce qu’on m’avait mis dans la tête que ce que j’appelle mon travail était un loisir, et parce que je n’arrivais pas encore à lui donner la priorité pour cause de normes sociales, mais je suis clairement le genre de personne qui ramènerait son taf à la maison, en étant de préférence mariée avec. Et ça me va ça aussi.

Je suis ce mélange improbable entre l’hypersensibilité et un entêtement au-delà des limites. Plain old stubbornness.

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Vous reprendrez bien un peu de Steven Pressfield.

En fait, tout ça ça me va. Ça me va d’être perçue comme une glandeuse alors que je dois travailler l’équivalent de 70 heures par semaine. Ça me va d’être fauchée. Ça me va d’être crevée parce que c’est de la bonne fatigue, la fatigue de la création, la fatigue qui montre qu’on a fait bouger des choses. Ça me va bien plus que d’être coincée dans des modèles sclérosés, que de suivre l’avis de cette masse de gens qui savent ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, mais ne sauront pas l’expliquer pour la bonne raison qu’ils n’ont même pas essayé. Comment pourraient-ils dire pourquoi c’est impossible ? Ils ne l’ont pas constaté. Ils n’ont pas connu cette sensation de la porte qui se claque à ta gueule en te disant « nope ». Ils n’ont jamais eu à imaginer comment ils allaient percer le mur autour de la porte ou à chercher d’entrée dérobée. Ils n’ont jamais pris le pari de l’échec, et c’est pourquoi ils ne réussissent pas.

Oh, ce n’est pas facile. J’en conviens. S’il ne s’agissait que d’une échéance, une seule bataille, aussi difficile soit-elle, peut-être que plus de gens seraient prêts à la livrer. Mais c’est une guerre, sans pitié et sans fin, un combat sans cesse renouvelé. C’est ce qui le rend si épuisant et si effrayant. Sitôt un obstacle levé, il faudra recommencer. On perdra des batailles. Et il est utile qu’on en perde. Parce que nous devons apprendre à garder le regard fixé sur notre montagne tout en avançant au milieu d’un marais.

C’est pour ça que je n’ai plus de temps à passer à me demander ce qui se passera si j’échoue. Ni de patience pour ça.

Maintenant je m’entoure de gens qui osent savoir ce qu’ils veulent et prendre les mains tendues quand elles se présentent. Et plus je le fais, plus je me rends compte qu’on n’est pas seul, et c’est génial. Le monde qui se met en place pour nous permettre de la vaincre, la résistance interne. Et qui vient t’encourager dans cette certitude : on la racontera cette histoire.

Comme dirait Alexandre Astier, « Apporter la lumière c’est pour que tout le monde y voie. si c’est juste pour ma tronche, je vois pas l’intérêt. »

De la part d’une workhaholic épuisée, mais heureuse : merci d’être là.
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Reconte-moi une image

« Que l’on se considère modèle photo ou non,

que l’on ait posé des centaines de fois ou une seule,
que l’on dirige la scène ou que l’on se laisse absorber,
participer à la création d’une image fait de soi un témoin.

Aussi, à l’instar de l’acte de photographier, l’acte de poser permet de confronter la démarche personnelle comme l’appropriation subjective à celles d’autrui, amenant de ce fait des réflexions.

Nous avons souhaité partager les nôtres, les vôtres, en espérant contribuer à stimuler des échanges. »
Florence & Caroline

Avec Caroline, il y a quelques temps que nous échangeons sur les modèles et la démarche derrière le fait de poser. Et puis, nous nous sommes fait la réflexion que, souvent, on entend les photographes parler de la genèse d’une photo, mais bien plus rarement celleux qui y figurent.

Alors nous avons créé ce tumblr participatif, ouvert à toute personne ayant déjà posé sur une photographie et souhaitant partager l’histoire menant à cette image. Le projet est aussi sur Instagram et sur Facebook. Il est lancé, comme une bouteille à la mer, et nous verrons ce qu’il en advient.

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wild soul

Wild soul

Julie de Waroquier m’a envoyé cette image cet après-midi. Elle provient d’une ancienne séance, et dans ma tête elle est immédiatement entrée en connexion avec un échange épistolaire qui dure depuis plusieurs jours et les réflexions que j’y associe.

En l’occurrence la réflexion de ce matin c’était celle-ci :

« Nous, on n’a pas la patience d’avoir peur. »

wild soul

Et c’est marrant parce qu’en fait, la peur, elle est toujours là. Même quand on n’en tient pas compte. Il est devenu assez cliché de dire que le courage, ce n’est pas de ne pas avoir peur, mais d’apprendre à avancer malgré elle, mais quand on n’en fait pas un slogan vidé de son sens à partager sur les réseaux sociaux et qu’on regarde vraiment ce qu’elle dit, cette phrase est juste tellement vraie.

Parfois ta route rencontre celle d’une comète. Sa présence ici n’a aucun sens, elle repart aussi impromptuement qu’elle est venue, elle t’explose à la figure et avant que tu aies eu le temps de dire ouf, l’impact a complètement chamboulé ta petite intériorité bien rangée. Et là où la comète se différencie d’un astéroïde, c’est qu’elle a son propre noyau bien actif. Et ma comparaison avec l’astronomie cesse de faire sens à l’instant, parce que si les planètes ne peuvent se nourrir de la fusion qui se produit dans le noyau des comètes, le genre d’événements dont je parle, lui, engendre une circulation d’énergie dans les deux sens. On se retrouve à donner et à recevoir sans l’avoir ni demandé, ni prévu, et c’est juste là, et la violence du choc, au lieu de te détruire, te montre que oui, tu es toujours bien ancré sur ton axe.

La peur est là, mais elle est supplantée par autre chose. L’envie ? L’excitation ? Non. La sérénité de celui qui sait qu’il est en train de vivre ce qu’il a à vivre, et non pas de laisser d’autres chemins, d’autres peurs, couper sa propre voie.

Et c’est une sensation merveilleuse, vois-tu.

Petite, j’avais une phrase qui m’a beaucoup marquée dans La place de Vérité de Christian Jacq : « La vie est comme un long couloir bordé de portes. Certains y frappent, d’autres attendent à l’extérieur en espérant qu’on leur ouvre. Moi, je les enfonce. » En mode bulldozer, tu vois. Mais plus la vie avance et plus je me rends compte que, dès lors qu’on entre dans une énergie positive d’acceptation de soi-même et de ses potentialités, les portes, en réalité, non seulement s’ouvrent d’elles-mêmes, mais elles tombent littéralement du ciel, devant nous.

Derrière, on trouve des chemins, des outils, des talismans magiques, des enseignements. Des miroirs. Et tout ça, ça fait peur, parce qu’un miroir ça nous montre qui on est, mais on ne peut pas prévoir sous quelle facette. Ce miroir contiendra-t-il un encouragement ? Un avertissement ? Et si je n’aime pas ce que je vois ? Quand aux outils et aux enseignements c’est encore pire. Si, après ça, je n’allais pas au bout ? Qu’est-ce que cela dira de moi si je renonce en n’ayant même plus l’excuse du « je ne sais pas faire » ou celle du « je ne savais pas » ? Et si derrière la porte, en fait se trouvait quelque chose qui allait me blesser et me laisser pour morte ?

La vérité c’est que le seul moyen de savoir ce qu’il y a derrière la porte c’est de la franchir. La franchir, pas rester sur le seuil en tendant le cou pour apercevoir l’autre côté. La franchir, tout de bon.

Parce qu’on a assez perdu de temps. Parce que la vie, c’est tout de suite et pas plus tard ou dans deux jours ou peut-être le mois prochain, et c’est encore moins « un jour ». Je réprimande tous les gens que je vois utiliser « un jour », parce qu’on sait tous que ça veut dire « jamais ».

Et puis peut-être que le jeu en vaut la chandelle et que vous découvrirez que vous êtes vous aussi une comète. Avec un axe et un champ de gravitation. J’ai sans doute encore le temps, mais je n’ai jamais été très patiente, et c’est une qualité que je ne vais certainement pas cultiver au profit de mes peurs. Et plus je me laisse aller à cet état d’esprit, plus je croise d’âmes qui le partagent. et on est tous d’accord sur ce point.

Assez tergiversé.

On n’aura plus la patience d’avoir peur.

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