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Shibari study – Butterfly harness demo

Le site de tutoriels de shibari de Gorgone, « Shibari Study« , a une date d’ouverture annoncée : elle serait pour le 15 avril, et on peut déjà s’y inscrire .

Pour achever de vous convaincre, des démos de suspension sont révélées petit à petit, et parmi celles-ci, on trouve moi en yogi dans le Butterfly harness, ce qui me donne un fabuleux prétexte pour vous en faire la promotion.

DEMO FLORENCE – Shibari Study from Shibari Study on Vimeo.

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The study reherseal

Je vous ai déjà parlé de Marika, à l’occasion du tournage de ses tutoriels de shibari et du tournage du film Planète Kinbaku qui se déroulait (en partie) en même temps. Et je vous ai certainement dit que, ce que j’aimais le plus chez elle, c’est son Étude de la Chute, dont elle a même été assez gentille pour me laisser utiliser un passage dans mon livre, à un endroit où cela faisait plus sens que jamais – l’endroit où la pose rejoint le shibari, en fait. L’endroit où j’avais envie de les lier.

Et là, elle va présenter une nouvelle version de la performance avec miss Eris qui y est associée, en première partie de la tournée d’Asaf Avidan. Dont une date… à l’Opéra Garnier, excusez du peu. Du shibari à l’opéra. L’un de mes rêves est sur le point de se réaliser.

Et, en fait, j’ai eu la chance de servir de modèles pour les répétitions, pendant trois jours. Mon dos vous dirait que ce concept de « chance » est tout relatif mais je suis maintenant en mesure de vous écrire que cette performance est aussi belle à voir qu’à vivre, et ça, c’est précieux.

Study on Falling Gorgone & Miss Eris + Marlène Schroers Live at Place des Cordes 03/11/17

Une publication partagée par Place Des Cordes (@placedescordes) le

C’est précieux parce que mon émotion devant la pièce, qui jusque-là était très forte et teintée d’envie – « Je voudrais être dans ces cordes » -, est maintenant fidèle et éclairée. La vision de la performance ravive les souvenirs des marques qu’elle a laissées sur mon corps durant sa phase de préparation, et à la beauté du lien entre rigger-modèle-rigger, elle ajoute désormais ce que j’y ai ressenti.

Tomber dans les cordes, et m’y étendre, m’y étirer. Tester les limites de mon corps, ces mêmes limites que j’ai cessé d’explorer en photo. Parce que c’est ça qui se passe, en fait. Naguère, la limite était dans les cascades, les montagnes et la neige, mais la paix que ces dernières m’apportent n’est plus dépassement, et est nécessaire mais plus suffisante pour avancer. Un jour, on m’a soutenu mordicus que j’avais dit cette fameuse phrase au sujet de tester les limites de mon corps, que je ne me rappelle pas avoir prononcée, mais si je l’ai fait, ce que j’ai dit ne pouvait être que ça, et pas l’appel au sexe qui y avait été interprété. C’était un appel, mais il ne s’adressait pas à un autre être humain. Un appel à la vie, voilà tout.

La vie dans l’eau glacée d’un torrent de montagne qui vient frapper et caresser, tendre la peau et fouetter le sang. La vie dans la boue qui s’incruste dans les pores de mes pieds nus, dans la corne qui se forme comme un symbole de la capacité de nos corps à se réadapter, la vie dans l’écorce et les crocs de la neige et la fourrure d’un animal qui ne pourra être contrôlé. Et la vie dans les cordes qui enserrent, qui contraignent et qui protègent. La vie dans la confiance en les mains qui nous soulèvent et nous tordent et nous poussent et nous tirent jusqu’au point de rupture, sans jamais nous briser, et l’on s’aperçoit que le point de rupture était en fait un peu plus loin, et qu’on vient de découvrir toute une zone à explorer. La vie dans la proximité et la promesse de cette cassure et dans sa fuite simultanée. La vie dans ces instants suspendus où l’on commence à penser que c’est trop, que l’on ne tiendra plus, que l’on va devoir demander à descendre… dans ce moment précis où l’on se laisse un peu plus tomber, un peu plus profondément, à l’intérieur de soi-même. Et où l’on décide de rester.

Les cordes, qui semblent nous enfermer  à l’oeil du spectateur, conservent intacte notre cohérence interne. Peut-être que, si je me détendais assez sans les cordes, je me répandrais. Peut-être que mon énergie s’en irait ailleurs. Mais la corde la maintient là, avec moi, dans mon corps, et me force à goûter cette intensité sans la fuir. Toujours complète. Peut-être que c’est trop insupportable d’être vivant au point d’en mourir.

Peut-être que c’est pour ça qu’on utilise ça pour aller plus loin dans la vie.

Mon corps, repoussé dans ses derniers retranchements, finit par exploser en couleurs, en sensations, en hormones. Et par submerger mon esprit. Et par s’ouvrir, laissant mon esprit l’envahir à son tour. Il lâche prise. Ils lâchent prise l’un sur l’autre, et enfin, ils commencent à communiquer ensemble.

Force-moi à me regarder en face. Empoigne mes cheveux, tourne mon menton vers le miroir. Je vis, et je vivrai. Montre-moi. Montre-moi parce que sinon je fuirai.

Et je ne veux plus fuir alors je te demande de m’aider.

Mais prends garde ; parce que si je peux m’agenouiller devant toi par plaisir, jamais je ne m’inclinerai devant qui que ce soit par nécessité.

Voilà qui je suis ; voilà où je suis.

La belle douleur, qui n’est pas de la douleur, et l’émotion physique, et la sensation mentale.

L’abandon, et le retour.

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Shibari Study

Je suis assez heureuse de vous annoncer l’ouverture prochaine du site « Shibari study« , l’un des projets de la sensationnelle Marika aka Gorgone, que j’affectionnais déjà beaucoup pour tout son travail sur Study on Falling.

Et là, j’ai pu participer à l’élaboration du contenu dudit nouveau site, puisque j’ai servi de modèle pour certains des tutoriels vidéo qui y seront présentés. Un petit aperçu :

Backstage DAY 2 – Shooting for the Shibari Tutorial • Demo with @sirithil using the Butterfly Harness !

Une vidéo publiée par Marika Leïla Roux aka Gorgone (@marika.leila) le

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Guindala production – Nathanaël FRILOUX – Mathias Rozpendowski – Naïché Caudron – Jean Christople Lion

En attendant l’ouverture définitive du site, vous pouvez toujours aller liker la page Facebook afin de vous tenir au courant des prochaines updates !

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Hery Luck, tournage et kinbaku

L’article d’aujourd’hui est un peu particulier, attendu que je compte à la fois vous raconter ma vie et partager des réflexions que j’ai eues.

Donc, il y a quelques semaines, Alex Bakushi m’a appelée pour me parler d’un projet de clip (de rap) pour lequel il avait été sollicité. L’artiste, Hery Luck, avait écrit une chanson parlant… de shibari. Il était donc question de réaliser un clip contenant du shibari. La chance a voulu qu’il existe dans le monde (et l’entourage d’Alex) une jeune fille qui soit à la fois comédienne, modèle de shibari et dont le physique convienne à la prod : c’était moi.

Donc je suis allée au studio rencontrer l’équipe, et j’ai basiquement passé la journée à me faire attacher. Le fait est que la chanson était plutôt bonne, ce qui est rassurant dans la mesure où elle nous est restée dans la tête à tous, et surtout, assez juste bien que son auteur ne soit pas lui-même pratiquant de kinbaku. En bonne féministe et militante pour la démystification de cette pratique, j’ai apprécié d’y entendre parler de consentement, de lâcher-prise, et même du sub-space, pas en ces termes bien entendu, mais les notions essentielles étaient présentes, et ça m’a fait plaisir.

Là où c’était une expérience conceptuellement intéressante, c’est que j’ai mêlé deux pratiques qui ont un impact fort dans ma vie : le jeu et le fait d’être attachée. Les deux requièrent du lâcher-prise, mais nettement pas le même degré ni de la même nature. Cela m’a ramenée à une conversation que j’avais dernièrement avec un autre attacheur : mes premiers contacts avec l’univers du shibari, il y a bien des années, se sont faits dans le cadre de séances photo avec des photographes, où donc l’aspect esthétique était essentiellement ce qui était recherché. À cette époque, même attachée, même suspendue, je ne lâchais jamais plus que lors d’une séance photo ordinaire. J’étais toujours en contrôle de la moindre de mes sensations, et dans une approche finalement très technique de la pose. Puis, j’ai découvert la place des cordes il y a peut-être deux ans, et avec elle les autres intérêts du shibari : l’aspect érotique, le plus médiatisé, de la chose ne m’avait évidemment pas échappé, mais découvrir la façon dont je le pratique aujourd’hui et qui se rapproche d’une forme de yoga à deux ou de méditation a été une révélation. L’échange entre rigger et modèle donne corps à une véritable forme d’intimité, que je pourrais à nouveau rapprocher de certaines séances photo particulièrement réussies, mais avec une notion de confiance mutuelle bien plus poussée, et la charge de l’action largement plus sur l’attacheur que sur le modèle.

Le jeu, lui aussi, m’a ramenée à la pose d’une façon inattendue, en ce que mon approche de la pose consister à jouer sans paroles. Néanmoins, le cerveau ne s’éteint pas dans le jeu ou la pose comme il peut le faire dans les cordes. Le fait est que le shot d’endorphines délivré pour résister à la pression des cordes lorsqu’on est en suspension libère des émotions qu’on n’a pas l’habitude d’assumer en public, et que la pratique du kinbaku joue également en grande partie sur cette notion de gêne. Cela dit, l’étrange, ce n’était pas tant d’avoir un public que d’avoir à intéragir avec ce même public alors même que j’étais dans les cordes, une position où le seul canal de communication que je suis habituée à avoir circule entre l’attacheur et le modèle – moi en l’occurrence.

Ça m’a fait vraiment plaisir d’avoir cette expérience, parce qu’elle m’a permis de réellement formaliser la différence entre deux pratiques que je classe dans ma bibliothèque d’arts méditatifs personnelle : les cordes d’un côté et la pose / jeu de l’autre. C’est drôle parce que là où dans le shibari le corps est dans l’acceptation totale de ce qui se passe – J’ai envie de reprendre cette phrase trouvée sur le site de Marika, aka Gorgone« Nous pouvons chercher le point de rupture dans lequel le corps tombera vers le haut, dans une extension plutôt que dans un repli. Une intense inspiration plutôt qu’une débâcle. Dans cet espace, entre le haut et le bas, la gravité devient une grâce. » -, où, donc, l’état de semi-transe est plus profond, quand je joue, je suis dans l’action. Et cette journée-là, il fallait trouver une sorte de point entre ces deux postures. Garder davantage de contrôle tout en gérant la nécessaire descente d’endorphines à la fin, au moment où l’on détache, un paramètre qui n’existe pas, ou si peu, en séance photo ou en tournage classique.

Et… C’était très intéressant, et presque un moyen pour Alex et moi de faire plus ample connaissance de façon très accélérée.

(Photos : Nawa Kitsune)

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Shibari avec Amaury Grisel

Il y a à peu près un an, j’ai commencé à pratiquer le shibari de façon plus régulière que dans mes jeunes années à la Place des cordes, un endroit dont je vous parlerai plus tard, mais qui m’est vraiment cher pour un tas de raisons.

Bref, une chose en amenant une autre, cela m’a permis de rencontrer un tas de gens gentils armés à la fois de cordes et d’appareils photo, et, ayant décidé de m’y mettre plus intensément, j’ai eu l’occasion de faire quelques images en souvenir, ici avec Amaury Grisel. (Merci ! :) )

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Des gens attachants

Ce matin avait lieu une petite séance familiale chez moi, en shibari. Cette fois, ce n’était pas mon idée; un ami d’un ami d’un ami avait besoin d’une modèle pour parfaire sa technique et, dans une moindre mesure, de photos de meilleure qualité que ce qu’il avait déjà. On a décidé de partir dans un trip pin-up vintage, et c’est tout naturellement que j’ai fait appel à Pixelles.

Parce que Pixou a de grandes qualités:
Déjà, il est gentil. Et j’aime les gens gentils.
Ensuite, il accepte de se lever très tôt pour venir me voir me faire attacher, prendre des photos de mes chats qui jouent avec les cordes et ensuite prendre les cordes en photo.
Et puis il sait me rendre jolie avec pas de sommeil, un maquillage à l’arrache, une coiffure pareil, et tout ça sans se plaindre. Et ça, c’est beau.

Bref, c’était une bonne matinée, bien que j’aie manqué défaillir, comme disent les précieuses, au milieu du bordel. Ca c’est les marques que m’ont laissé les noeuds:

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Les cordes en elles-mêmes arrivent :)