Archives pour la catégorie Revue de presse

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La Voix du Nord

Quand j’étais petite, je rêvais de passer dans le journal.

Pas à la télé, bien sûr – je ne rêvais ni de célébrité ni de fans et certainement pas d’une de ces gloires de télé-réalité qui commençaient à apparaître à l’époque. Mais je voyais des articles, régulièrement, sur « telle personne de la région joue dans ce groupe / a fondé cette association / a gagné ce concours / a fait cette chose chouette ». Et quelque part, au fond de mon jardin où je ne pensais jamais sans marcher, au point que j’avais tracé la marque de mon passage comme le font les animaux sauvages – eh bien, oui, je pensais à ce que je ressentirais si, un jour, je recevais la reconnaissance de l’institution locale.

(Depuis cette époque j’ai appris que les journaux avaient des orientations politiques et que les chaînes de télé étaient détenues par quelques milliardaires qui, si la vérité et l’information purement objectives existaient, n’auraient aucun intérêt à nous les donner, mais ceci est une autre histoire.)

Incidemment c’était aussi l’époque où je savais que je voulais écrire sans avoir la moindre idée de ce que j’aurais envie d’écrire. Je changeais d’idée de carrière tous les quatre matins, celle qui avait duré le plus longtemps étant : journaliste. Je n’avais bien sûr aucune idée de ce qu’impliquait le fait d’être journaliste, sinon que je pouvais y projeter les deux choses que je voulais le plus au monde : voyager et écrire. Les deux envies, l’écriture et la reconnaissance, se sont effacées au profit d’intentions plus réalisables, ou en tout cas elles ont essayé : n’étant finalement jamais parvenue à faire s’accorder, dans ma tête, aucun « vrai métier » avec un futur où je pourrais possiblement vivre sans me noyer lentement dans un désespoir constant, je suis simplement devenue cette fille qui se laissait porter par le moment à défaut de savoir quoi faire de sa vie, et qui culpabilisait en silence de n’avoir aucun rêve. Parce que, si elle n’avait aucun rêve, que pouvait-elle valoir ? Qui voulait qu’existe dans le monde d’un être pas même fichu de rêver ?

Depuis, il s’est passé tout ce que vous savez. Bien des détours et détricotages plus tard, me revoilà où j’étais il y a vingt ans : une enfant qui rêve d’écrire et de voyager, et qui, parce qu’elle n’est plus vraiment une enfant, se débrouille petit à petit pour faire arriver ça.

Et puis il y a eu l’article. Une journaliste de La Voix du Nord, le journal local que recevaient mes parents à l’époque, m’a interviewée au sujet de L’Art de la Pose. C’était un très chouette entretien, et si l’article comporte deux inexactitudes et qu’on ne peut pas tout dire en 30mn d’entretien, le ton en était bienveillant.

Ce qui est drôle c’est que c’est loin d’être le premier article qui sort où on me mentionne, moi ou mon livre, dans la presse, même régulière, mais même si le temps est révolu depuis longtemps où j’avais besoin de cette validation-là, je n’ai pas pu retenir une petite bouffée de joie au nom de la petite fille qui se réfugiait en haut des arbres pour lire et dormir mais avait besoin de sentir la terre, même si c’était toujours la même, sous ses pieds pour mettre de l’ordre dans sa tête. Pour ses contradictions, déjà à cet âge. Pour ses renoncements, et le fait qu’elle ait fini par revenir sur eux aussi.

Alors je suis un peu émue ce soir.

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Sélection au FIS-MED

Dans les bonnes nouvelles : il y a quelques temps j’ai monté , en une dizaine de minutes, ce trailer absolument improvisé. Je l’avais fait parce qu’un ami m’encourageait à présenter la saison 1 de SVVD à un fesival, le FIS-MED (Festival Internacional de Series Web) pour sa seconde édition à Medellín.

Et ce soir, alors que j’avais presque oublié avoir candidaté, j’ai reçu la nouvelle : on  est sélectionnés ! Quelle que soit l’issue de la compétition, c’est déjà quelque chose à quoi on ne s’attendait pas, et certainement pas si tôt dans la vie de la série.

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Donc, voilà : en résumé, nous sommes heureux.

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Rencontre à OI Evreux

À la suite de la rencontre chez OI Paris, ce sont les trois clubs photo d’Evreux qui m’ont accueillie dans les locaux d’Objectif Image Evreux, en Normandie.

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Je suis toujours bluffée par la bienveillance des gens dans ces occasions ; on était là pour parler de L’art de la pose, mais je crois qu’on était toustes plutôt content•e•s d’être là, alors on s’est mis à discuter de cicatrices et d’autoportraits tous semble, et ce jusqu’à bien 23h ; et ç’a été l’occasion de « placer » le livre dans une librairie indépendante hors région parisienne. Cela m’a encouragée à enfin créer la carte de référencement des librairies et studios photo où l’on peut trouver le livre, pour qui voudrait se le procurer en direct !

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Dédicace à la grand’librairie (Arras)

Tout est dans le titre, non ? Sauf la date.

Le samedi 23 juin, l’équipe de la librairie indépendante La Grand’Librairie à Arras (62) aura la gentillesse de m’accueillir en dédicace pour L’art de la Pose !

Ce sera ma première « vraie » dédicace dans une librairie donc je suis un peu stressée et très contente.

Alors amenez tous vos amis ! :)

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Update du 24 juin : un grand, grand merci à l’équipe de la grand’librairie pour son accueil et sa gentillesse, ainsi qu’à toustes celleux qui sont venu•e•s me tenir compagnie, que ce soit prévu ou dû au hasard des allées. J’étais stressée au départ, mais vous avez transformé ça en (vraiment) très bonne journée !

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Convention du costume

La convention du costume, c’est l’endroit où j’ai fait ma toute première conférence, en décembre 2016. Ça implique certaines traditions, comme le fait de demander aux gens s’ils sont bien certains d’être dans la bonne salle avant de commencer, de bannir les amis de la salle par retour du syndrome de l’imposteur, placer des citations de Kaamelott dans les parties improvisées de la conférence et être contente parce que les gens sont gentils.

Alors, voilà.

Merci Fenriss pour la photo (et pardon de te forcer à regarder les captations) !

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Sur tous les fronts

Je crois que je me sens heureuse, en fait. Ça m’a frappée hier matin, cette pensée. Je revenais d’emprunter un sweat-shirt Sea Shepherd, j’avais mes documents de tournage fraîchement imprimés dans les mains, je remontais vers chez moi pour répéter SVVD (comme on recommence à tourner demain, autant vous dire que de la répétition, on en bouffe en ce moment. Dialogue-type : « Et attends, épisode 12 j’ai un SUPER LONG monologue en plan séquence travelling. » « Mais… C’est pas toi, la scénariste ? Pourquoi tu fais ça ? »), et j’ai soudain réalisé que cet ensemble, le soleil, l’odeur du papier, les courbatures et l’excitation, c’était quelque chose que j’avais envie d’appeler le bonheur.

Et puis le soir j’avais cette conférence chez Objectif image Paris, organisée par Nadir Merkal qui a suivi le projet de L’Art de la Pose depuis ses débuts. J’avais décidé que pour une fois, je n’écrirais pas toute mon intervention mais juste des lignes directrices, et qu’on verrait bien. C’était, de mon point de vue, un échec conférencier, mais une réussite humaine – peut-être qu’il va falloir admettre à un moment que je suis plus à l’aise pour parler avec les gens que pour parler aux gens, mais enfin ça se travaille et c’est ce que j’ai fait hier soir grâce à la bienveillance des personnes présentes.

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Et puis, il y a cet article paru sur Le Figaro Madame au sujet du polyamour où je suis citée, et où un lien vers l’épisode 1 de Sans Vouloir vous Déranger est présenté. Évidemment, s’agissant d’un média mainstream, on reste un peu en surface et certains raccourcis n’ont pas pu être évités, mais on retiendra de cette expérience que j’ai réussi à faire placer les mots « anarchie relationnelle » dans Le Figaro, ce qui me remplit de joie quoi qu’il arrive.

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Et ça tombe bien, parce qu’il reste jusqu’au 21 avril à 11h30 je crois bien, pour faire financer la tournage de la saison 2.

L’état du monde est de plus en plus atroce, mais bizarrement l’état de mes projets, ça va.

On se reparle vite ? :)

FOX

« Vous pouvez déposer ou envoyer le DCP au Grand Action »

C’est une phrase sortie d’un mail que je ne m’attendais pas à recevoir. Il m’informait que Je suis un Renard avait été sélectionné pour être projeté lors du Festivale di u filmu cortu Les Nuits MED, compétition « Jeunes réalisatrices ». Et en plus, en regardant le programme de la soirée sur le site web, je me suis rendu compte que nous étions la seule auto-production.

Concrètement ce que ça veut dire c’est que ma toute première (et unique, pour le moment) réalisation solo va être projetée dans un cinéma (le Grand Action, à Paris, métro Jussieu), que ce sera le 10 avril à partir de 20h, et que je serai là-bas avec une partie de L’Équipe. C’est même Eudes qui m’a sorti le DCP (le format cinéma donc), parce que je suis un bou… parce que je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités de Première.

Venez si vous en avez envie ! On va bien s’amuser, j’en suis sûre.

Je suis un Renard / I am a fox (with english subtitles) from Florence Rivières on Vimeo.

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Et il y a le reste du temps.

Les jours où ça se passe bien. Les jours où tu te réveilles toute seule à 7h, tu fais avancer ton récit, tu te débats un peu parce que tu es à mi-histoire et elle mute – juste à l’heure – et toi tu l’accompagnes parce que c’est ok et que tu as bien envie toi aussi de voir où elle va t’emmener. Les jours où tu vois un ami, en prends en photo un autre, où tu es évidemment en retard sur tout ce que tu t’étais fixé mais que tu réalises que tu n’as plus que six ou sept jours de tournage à caler et que sur quatorze, ça veut dire que tu as au moins réussi à organiser la moitié, alors, tu relativises : tu t’en sors certes un peu moins bien que ton cerveau malade le voudrait, mais bien mieux que ton syndrome de l’imposteur essaie de te le faire croire.

Les jours où des libraires te disent de venir déposer ton bouquin et où tu te rends compte que oui oui, vraiment, il suffisait de demander.

Les jours où tu montes les premières images de ta websérie et où tu arrives à te regarder avec un oeil plus bienveillant que la fois d’avant.

Les jours où cette école où tu rêves d’aller te confirme qu’elle veut bien de toi.

Les jours où un morceau de conversation te débloque celui qui manquait à ton épisode 10.

Les jours où tu n’as pas la sensation de devoir choisir.

Les jours où les gens se sourient dans la rue.

Les jours où ton kickstarter atteint 100% en moins de dix jours. Ceux où un site web que tu aimes bien publie un article au sujet de ta série en titrant « La web-série à découvrir ». Ceux où il t’en reste 25 de jours, pour franchir deux paliers supplémentaires, et où tu finis par imprimer que certes dans le lot il y a des gens qui font ça parce qu’ils t’aiment, mais que la plupart, c’est parce qu’ils croient que ce que tu fais vaut le coup. Je crois que c’est ce que je retire de plus précieux, en fait, d’un crowdfunding qui réussit : l’argent c’est utile, les félicitations, c’est chouette. Mais cette voix de tous les contributeurs qui, à l’unisson, me murmure : on veut que ce projet existe, et on le veut suffisamment pour le financer,  je me dis parfois que c’est ça le véritable enjeu. La véritable récompense de quête.

Les jours où tu te sens reconnaissante, en fait, pour la vie qui pulse à l’intérieur de toi et pour ceux qui, à l’extérieur, contribuent à ce qu’elle avance dans le sens que tu as choisi.

Je crois qu’aujourd’hui j’avais juste envie d’envoyer un grand « Merci » dans la direction de l’univers.

(La photo est un backstage de l’épisode 1 que j’ai trouvé dans les dérushs de Coline Sentenac)

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T&N

Il y a maintenant un bon petit moment, je recevais un mail d’Amélie Orsel, du blog Thread&Needles, qui s’adresse à des personnes réalisant leurs propres vêtements. Elle pensant que je pourrais parler de l’Art de la Pose, son lectorat étant parfois en difficulté autant technique que morale avec le fait de prendre des photos de leurs vêtements portés en auto-portrait. Nous avons échangé pendant quelques temps, et aujourd’hui sort l’interview qui a découlé de ces échanges sur le site. Pour y accéder, cliquez sur l’image ! :)

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Je me rends compte que je n’ai pas posté ici depuis que la dernière interview de She Deraz est sortie, alors que j’ai l’impression qu’un tas de choses sont arrivées. Seulement, ce ne sont pas des choses qui sortent (relativement) vite comme en photo : j’ai fait du montage et de l’écriture. Beaucoup. Longtemps. J’ai aussi développé une tendinite ce faisant. Je vous en parlerai.

En tout cas, She a souhaité m’interroger sur quelques-unes des photos qui ont compté sur mon chemin, et je lui ai répondu de mon mieux. Si jamais…