Tarothor

Après le trailer, voici le premier volume des interviews de Fenriss qui utilisent un tirage de tarot et le concept du Voyage du Héros de Joseph Campbell pour tenter de retracer le parcours d’un.e écrivain.e. Pour ma part, j’avoue que ça m’a mis.e dans une situation assez inconfortable (comprendre : j’aurais voulu recommencer), mais j’ai bien aimé ce moment !

Pour les consoeurs qui passeraient par ici, Fenriss cherche à interroger des autrices et surtout des personnes racisées, puisque ce sont celles qu’on voit le moins. Je ne peux que soutenir cette démarche.

Clitosaure x Dessine-moi un corps

Au printemps j’ai été convié.e à venir échanger avec les créatrices des podcasts Dessine-moi un corps et Clitosaure, ainsi que la tatoueuse et colleuse militante Anaëlle Goldy. Nous avons discuté de la façon dont notre rapport à l’art a façonné nos sexualités… et l’inverse. C’était un doux moment de sororité et d’échange, que je vous invite à partager avec nous a posteriori :

Quand j’ai reçu l’invitation à participer à ce podcast, motivée surtout par ma série de photos Sigilí, et j’imagine un peu par L’Art de la Pose, j’avoue m’être demandé si ces sujets étaient encore les miens, si cela ne faisait pas trop d’années depuis la dernière fois où je les avais potassés en profondeur. J’ai eu la surprise d’entendre que je n’étais pas læ seul.e à avoir eu ce petit accès de syndrome de l’imposteur, et la joie de constater que l’empathie et l’émulation des idées, ça marche tout de même drôlement mieux quand on ne met pas de mec cis dans la pièce. Bien sûr, comme souvent, une demi-heure après la fin de l’enregistrement, nous frappent en plein visage telle réalisation ou telle idée de dernière minute, mais n’est-ce pas ainsi à chaque prise de parole ?

Poltred

J’étais aujourd’hui chez Poltred à Lyon, en compagnie de Julie de Waroquier pour discuter de L’Art de la Pose, et plus généralement de modèles et de séances photo.

L’échange a été riche, autant entre nous deux qu’avec le public, l’endroit a un peu gagné mon coeur et je me suis même permis le luxe de quelques slides peu académiques.

Clichés de femmes

Donc, je serais bien allée au salon du livre cette année, mais j’étais occupée ailleurs. Cependant Julie de Waroquier m’y a tout de même un peu emmenée, en choisissant une image issue d’une de nos rencontres comme couverture de son dernier livre.

Ça s’appelle « Clichés de femmes », et ça illustre de ses photographies, dont beaucoup d’inédites, des citations de philosophes… sexistes. Les citations, et sans doute aussi les philosophes.

On y trouve donc pêle-mêle un grand nombre de raisons – philosophie, féminisme, photos, Julie – qui me donnent très envie de rappliquer pour le lire sans attendre, et si vous êtes comme moi, vous pouvez essayer de le trouver en librairie ou sur le site de l’éditeur.

Sélection au webisode film festival

Bonjour !

Il s’avère que Sans Vouloir vous Déranger, dont la saison 2 est en cours de post-production, a été sélectionnée au Webisode film festival, qui se tiendra à Houston fin avril.

Comme un peu toutes mes tentatives en festival, je l’ai faite sans trop croire à une sélection mais en me disant qu’il serait plus bête de ne pas le faire que de le faire. Pour vous donner une idée, je m’en aperçois maintenant alors que le festival m’a notifiée il y a… un mois. Ahem.

Autant vous dire que c’est la joie !

La Voix du Nord

Quand j’étais petite, je rêvais de passer dans le journal.

Pas à la télé, bien sûr – je ne rêvais ni de célébrité ni de fans et certainement pas d’une de ces gloires de télé-réalité qui commençaient à apparaître à l’époque. Mais je voyais des articles, régulièrement, sur « telle personne de la région joue dans ce groupe / a fondé cette association / a gagné ce concours / a fait cette chose chouette ». Et quelque part, au fond de mon jardin où je ne pensais jamais sans marcher, au point que j’avais tracé la marque de mon passage comme le font les animaux sauvages – eh bien, oui, je pensais à ce que je ressentirais si, un jour, je recevais la reconnaissance de l’institution locale.

(Depuis cette époque j’ai appris que les journaux avaient des orientations politiques et que les chaînes de télé étaient détenues par quelques milliardaires qui, si la vérité et l’information purement objectives existaient, n’auraient aucun intérêt à nous les donner, mais ceci est une autre histoire.)

Incidemment c’était aussi l’époque où je savais que je voulais écrire sans avoir la moindre idée de ce que j’aurais envie d’écrire. Je changeais d’idée de carrière tous les quatre matins, celle qui avait duré le plus longtemps étant : journaliste. Je n’avais bien sûr aucune idée de ce qu’impliquait le fait d’être journaliste, sinon que je pouvais y projeter les deux choses que je voulais le plus au monde : voyager et écrire. Les deux envies, l’écriture et la reconnaissance, se sont effacées au profit d’intentions plus réalisables, ou en tout cas elles ont essayé : n’étant finalement jamais parvenue à faire s’accorder, dans ma tête, aucun « vrai métier » avec un futur où je pourrais possiblement vivre sans me noyer lentement dans un désespoir constant, je suis simplement devenue cette personne qui se laissait porter par le moment à défaut de savoir quoi faire de sa vie, et qui culpabilisait en silence de n’avoir aucun rêve. Parce que, si elle n’avait aucun rêve, que pouvait-elle valoir ? Qui voulait qu’existe dans le monde d’un être pas même fichu de rêver ?

Depuis, il s’est passé tout ce que vous savez. Bien des détours et détricotages plus tard, me revoilà où j’étais il y a vingt ans : une enfant qui rêve d’écrire et de voyager, et qui, parce qu’elle n’est plus vraiment une enfant, se débrouille petit à petit pour faire arriver ça.

Et puis il y a eu l’article. Une journaliste de La Voix du Nord, le journal local que recevaient mes parents à l’époque, m’a interviewée au sujet de L’Art de la Pose. C’était un très chouette entretien, et si l’article comporte deux inexactitudes et qu’on ne peut pas tout dire en 30mn d’entretien, le ton en était bienveillant.

Ce qui est drôle c’est que c’est loin d’être le premier article qui sort où on me mentionne, moi ou mon livre, dans la presse, même régulière, mais même si le temps est révolu depuis longtemps où j’avais besoin de cette validation-là, je n’ai pas pu retenir une petite bouffée de joie au nom de la petite fille qui se réfugiait en haut des arbres pour lire et dormir mais avait besoin de sentir la terre, même si c’était toujours la même, sous ses pieds pour mettre de l’ordre dans sa tête. Pour ses contradictions, déjà à cet âge. Pour ses renoncements, et le fait qu’elle ait fini par revenir sur eux aussi.

Alors je suis un peu émue ce soir.

vdn

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