Archives pour la catégorie Revue de presse

she

Le déclencheur – review de l’Art de la Pose

Les gens sont gentils.

Parmi les gens gentils, il y a She, qui m’avait interviewée il y a deux ans au moment du crowdfunding de mon livre, et à qui j’ai remis son exemplaire le jour même du second tour de la présidentielle. Ce jour avait été particulièrement difficile, entre les tensions et la violence des échanges de l’entre-deux tours et la certitude que quoi qu’il arrive, ce ne serait pas bon. Ça n’a pas été bon d’ailleurs. Partager un thé à la menthe avec elle aux Pères populaires m’avait fait beaucoup de bien ce soir-là.

Par ailleurs, elle a de glorieuses boucles d’oreilles. Elle m’a aussi, très gentiment, gratifiée d’une review de l’Art de la Pose sur sa chaîne YouTube, review principalement orientée pour les modèles et photographes, et qui revient sur plusieurs points qui me tenaient à coeur. Alors merci à elle <3

entete

Les marmites artistiques

Un peu avant mon départ pour les États-Unis, Coline Rabiosa m’avait proposé d’animer un atelier-conférence-débat au festival qu’elle co-organise ces jours-ci, Les Marmites Artistiques. Le thème de cette année étant « Comme à la maison », le lien avec la question de l’intimité et donc d’une partie du contenu de mon livre était, semble-t-il, assez naturel, et c’est pourquoi elle a pensé à moi.

C’est aussi elle qui m’a suggéré de faire faire des flyers, histoire de promouvoir un peu le livre au passage.

Quand ton print est un peu en retard et que du coup tu commandes des flyers pour ton atelier au festival @lesmarmitesartistiques :)

Une publication partagée par L’art de la pose (@lartdelapose) le

Et puis on a parlé du contenu. J’ai tracé de grandes lignes, prévu des pauses pour débattre avec les gens de façon à ce que ce soit interactif, puis on a décidé d’inclure un mur d’expression (qui était en fait une table d’expression) pour qu’ielles puissent écrire, et j’ai fini par proposer un exercice qui tenait plus de la cruauté que du théâtre, à base de miroirs et de choses gentilles à dire. J’ai peut-être un peu fait glisser mon sujet de l’intimité à la vulnérabilité, et ce de façon délibérée.

Bon, évidemment j’ai paniqué avant le début, j’ai essayé de m’enfuir, Coline m’a ceinturée et fait un plaquage assurée que j’allais être super, j’ai dit :
- Mais tu avais vu le lien que je t’ai envoyé avec ma dernière conf ?
- Ah non.
- Ah ! C’est pour ça.

I’m like the worse vulnerability role model EVER. Brené Brown me pardonnera le vol de cette quote. (Je vais re-regarder cette conf, tiens. Faites-le aussi.)

Je plaisante, ça s’est plutôt bien passé, même si à un moment je suis partie en vrille et ai commencé à citer François Soulages, comme ça, au débotté.

Marmite

Pour cette fois, j’ai testé une autre stratégie : ne pas écrire mon texte en entier, mais un line-up et en faire un powerpoint dont me servir comme guideline, puisque j’avais un rétroprojecteur. Je partage ledit document avec vous.

.

tZdxg4PvjUMu8o_k3RgAD0KtlwnzjRPPK6Xrklh-fMM

Interview par Titobulle

Il y a plus d’un an, j’ai donné cette interview à l’équipe de Titobulle productions, dont les têtes pensantes sont également derrière le site JustFocus.fr, pour lequel je pige occasionnellement.  David et Matthieu ont donc eu la gentillesse de m’interviewer au sujet de mon livre au Dernier Bar avant la fin du monde, pendant la campagne Kickstarter, et donc avant que je n’en commence la rédaction.

Comme la vidéo n’était pas sortie pendant la dite campagne, elle était restée dans les tiroirs et je ne l’avais plus revue depuis très longtemps, et je trouve très intéressant de la revoir maintenant ; elle me permet de voir en quoi le projet est resté le même, ce qui s’est précisé, et ce qui a changé depuis.

(Et je m’amuse beaucoup à voir mes cheveux s’effondrer au fur et à mesure.)

1

La COSconférence

Comme je vous le disais tantôt, lors de la convention du costume, j’ai été invitée par Fanny et Fenriss à dire quelques mots sur la pose. J’avais eu du mal à orienter mon speech, me demandant ce qui pourrait rendre cette conférence intéressante pour spécifiquement des personnes fréquentant les milieux costumés au sens large, c’est à dire reconstituteurs, GNistes, cosplayeurs…

Alors j’ai réfléchi. Je ne trouvais pas quoi dire, j’avais envie de m’enfuir dans la forêt, j’ai voulu poster des GIF sur internet, j’en ai cherché un avec une personne qui courait les bras en l’air, je n’ai pas trouvé, et j’ai fini par trouver que je voulais commencer en parlant de l’impact… du costume.  À partir de là, je me suis assise au Dernier Bar avant la fin du monde qui est un peu en train de devenir mon bureau, et j’ai écrit.

Ensuite, mon texte était trop long pour ma demi-heure et je suis passée de « Je n’ai rien à dire, ça va être nul, les gens vont s’ennuyer » à « C’est trop long, ça va être nul, les gens vont s’ennuyer ».

Forcément.

Bon et en fait ça a été. Je veux dire, on voyait que je ne suis pas à l’aise avec le fait de parler en public, et je ne m’en suis d’ailleurs pas cachée, mais j’ai l’impression d’avoir couvert ce que j’avais à dire (avec la frustration évidente due au fait de vouloir repartir dans tous les sens), les gens du public ont été adorables, l’un d’eux m’a même demandé si on pouvait s’en servir pour donner de l’élan à un pigeon – ce qui m’a, je ne plaisante pas, été d’une grande aide, donc si tu passes par là, merci à toi -, et en fait à la fin j’étais contente d’être venue.

Wopurée #stress #canwepanicnow #envraicestfini #cosconv

Une photo publiée par Florence Rivières (@sirithil) le

D’ailleurs regardez tout le monde avait l’air bienveillant. Quelqu’un a même dit des choses gentilles sur ma conférence sur son blog. J’ai même décidé d’assumer, tellement que si vous descendez un peu dans cet article vous trouverez la vidéo (une partie, ça a coupé une bonne part des questions), et encore un peu plus bas, le texte que j’avais écrit, tel quel. On notera que j’avais écrit directement sur un style oral et, pire, que j’avais prévu certaines de mes blagues. Mais pas toutes, et notamment pas mon imitation d’Anaël Verdier à 4:30.

 

 

En ce qui concerne la pose en costume spécifiquement, vous pouvez être amené•e•s à organiser des séances photo spécialement avec des photographes, mais aussi à être sollicité•e•s directement par des photographes lors d’événements costumés, comme ici, les journées grand siècle, des conventions…, et on va voir que ce n’est pas la même chose.

Globalement, les conseils que je vais donner peuvent s’appliquer à l’un ou l’autre cas, mais lors d’événements c’est quand même davantage une ambiance « Débrouille-toi pour être bien sur la photo ». Bon. La première chose, c’est de vous demander pourquoi vous souhaitez vous faire prendre en photo. Pas pour vous demander si c’est légitime, parce que ça l’est, mais parce que vous n’utiliserez pas les mêmes moyens pour remplir les mêmes attentes et que vous penserez votre séance photo différemment. Est-ce que vous avez envie d’une belle photo de profil à mettre sur Facebook ? De montrer votre travail de costumier•e (J’imagine qu’il y en a) ? De conserver le souvenir d’un moment ? De créer une image artistique ? Moi, je sais qu’en tant que modèle photo je suis paradoxalement accro à un point qui touche au fétichisme aux photos backstage et souvenirs, et que j’ai besoin d’être une personne totalement différente dans l’un et l’autre contexte pour que l’image me fasse plaisir.

Dans la préparation d’une séance (ou d’une sortie d’ailleurs), je n’ai pas envie de vous donner un cours de maquillage ou de choix des matières ou vous faire l’affront de vous rappeler de bien mettre un jupon sur vos paniers parce que ce n’est pas ma place, mais en général en photo on n’aime pas trop les choses qui brillent, peaux comme vêtements. Il y a des exceptions, mais c’est plus difficile à gérer pour le photographe, et on a envie que notre photographe soit heureux. Également, je préconiserais à celleux qui ne maîtrisent pas totalement l’art du maquillage et qui devraient néanmoins se débrouiller seul•e•s d’en faire le moins possible. Un teint bien poudré c’est ce qu’il y a de plus important, et c’est bien plus facile de vous mettre en valeur si vous n’avez pas trop chargé en matière et en couleurs au préalable.

S’agissant de la pose à proprement parler. Un écueil qui peut se présenter très rapidement quand on pose en costume, c’est de se laisser « manger » par le costume. En quelque sorte, de faire non pas une photo de vous en costume, mais une photo du costume et il se trouve que vous êtes dedans. C’est normal. Le costume est particulier, potentiellement imposant, alors que vous vous côtoyez vous-même tous les jours. Et on a souvent tendance à se cacher en photo quand on n’a pas l’habitude de poser parce qu’on n’assume pas forcément d’être dans une position où on se met en valeur. Mais vous pouvez vous mettre en valeur ET mettre le costume en valeur, et même que le costume sera mieux mis en valeur si vous acceptez de vous mettre vous-même en avant.

Donc, détendez-vous. Laissez-vous imprégner par votre costume. En plus, si ça se trouve vous êtes dans un château ou un lieu chargé d’histoire. Tout ce que vous avez à faire, c’est absorber l’énergie de votre environnement, ce qu’il vous évoque, et le renvoyer dans l’objectif assorti de votre propre présence. Le costume, quand on ne s’en sert pas pour se cacher, est une aide formidable parce qu’il porte en lui-même toute une mise en scène préexistante. Il vous cadre, et vous n’avez plus qu’à vous autoriser à exister avec ce cadre. Pour vous inspirer davantage, vous pouvez aller dans des musées, regarder des tableaux, voir comment les peintres de l’époque représentaient leurs personnages, mais poser de façon naturelle c’est vraiment de l’ordre du feeling. Vous pouvez vous raconter une histoire dans votre tête, mais essayez autant que possible de ne pas le faire avec des mots et des pensées formelles, mais plutôt de ressentir les impressions que vous auriez si vous la viviez, ce qui déplacera votre imagination de votre tête à votre corps. Et jusqu’à preuve du contraire on pose avec son corps.

Il faut garder votre corps en tension. Pas crispé, mais en extension permanente. Ça ne veut pas dire que vous devez cambrer le dos et bomber le torse en permanence, attention ! On peut très bien être en extension dans les muscles tout en adoptant une position rentrée, fermée, qui peut être très expressive et très esthétique. Mais le fait est que votre pose doit être dynamique et engager tout votre corps pour fonctionner, même vos jambes qui sont cachées sous votre crinoline. La colonne vertébrale déliée, ça vous permet de garder la technique dite du « cou de pigeon » pour éviter les plis disgracieux, d’être mobile au niveau des épaules, qui enverront un message totalement différent, et de puiser assez de confiance en vous dans votre posture pour ne plus être tenté•e•s de vous cacher. C’est gratuit. Une fois que vous avez fait ça, que vous êtes en énergie et que vous habitez vraiment le costume – je pense aux cours de la Comedia Del Arte où on parle d’ « Allumer le masque », ça se rapproche énormément – vous pouvez vous positionner en faisant toujours partir vos mouvements de votre centre moteur. Ça n’a pas de sens de vous placer, de vous couper du mouvement, puis de bouger juste un bras. Donc vous avez besoin de rester en énergie entre les poses. Et, oui, c’est pour ça que poser c’est physique. Pour tricher un peu et renforcer cette impression de dynamisme, vous pouvez poser un peu de trois quarts, pas tout à fait de face, ça donnera l’impression que vous êtes au milieu d’un mouvement. D’ailleurs, vous devez être au milieu d’un mouvement. Si je m’assois sur une chaise, je continue à être en train de m’asseoir tout le temps que je passe sur ma chaise. Au moment où je me considère en position arrivée, je perds mon intention. C’est fatal.

Dans la pose, vous utilisez votre énergie et vos sensations pour vous placer, mais une « bonne pose », c’est plus complexe que le fait de se mettre dans une bonne position. Il y a un jeu de regards et d’intéractions qui se noue entre le modèle, le photographe… et la lumière. Donc ça veut dire que vous devez vous laisser influencer par la façon dont votre corps réagit à ce que vous voulez exprimer, à l’endroit où est le photographe (comment cadre-t-il ? est-il en face de vous ? En contre-plongée ? En plongée ?) et à la façon dont la lumière vient se poser sur vous. Est-ce qu’elle est zénithale, est-ce qu’elle vient plutôt de côté ? Est-elle dure ou plutôt atténuée ? Quelles ombres est-elle susceptible de faire tomber à quels endroits de mon corps ? Typiquement, si vous posez en extérieur en plein midi, vous aurez des ombres très dures et je préconise d’ailleurs de vous déplacer à l’ombre ou d’essayer d’inventer un léger contre-jour, alors qu’un ciel nuageux vous laisse un peu plus libre parce qu’il diffuse la lumière. Et ça, on aime.

Sur le visage : on a déjà parlé de l’expression et de la position du cou, mais sur un aspect purement technique, si vous avez le regard vers l’objectif, c’est bien de regarder un peu plus haut, à la naissance des cheveux du•de la photographe, pour avoir les yeux bien ouverts et qu’ils prennent la lumière. Également, lever légèrement la tête vous permettra d’esquiver les fameuses ombres qui tombent pile sur vos cernes et vous donnent l’air d’être allé•e à une zombie walk alors que c’est Downton-sur-mer. La lever légèrement de biais par rapport à l’objectif joindra l’utile à l’agréable en évitant de montrer l’intérieur de votre nez. Et, pour détendre votre visage, n’hésitez pas à y aller de quelques grimaces entre les prises. Si vous êtes sur la même pose depuis un moment et que vous sentez que vous êtes en train de vous figez, répétez le mouvement pour en retrouver la sincérité. Et cessez de vous excuser d’être là. Je vois des tas de photos de gens contents d’être en train de faire une belle photo d’eux mais qui ne veulent pas qu’on se dise qu’ils se prennent au sérieux et qui ont ce petit demi-sourire ironique qui dit « oui, bon, je pose, mais franchement ce n’est rien, c’est pour la blague ». Et même si c’est important pour vous ? Quel est le problème ? Autorisez-vous à vous prendre au sérieux le temps de quelques photos !

florence-tournure-queue-decreuvisse-04

Convention du costume

Chers tous,

Si je suivais mon envie profonde de me cacher dans une grotte, je ne vous le dirais pas, mais il se trouve que les organisateurs de la première Convention du Costume sont des amis ; je tombe donc sous le coup d’une obligation morale assez forte, ce que je ne prends pas à la légère.

Donc, je vous l’annonce, j’ai été invitée par Fanny et Fenriss à prendre la parole samedi à 11h sur le thème de… la pose. Je vous laisse le lien vers la page de la conv’ au cas où vous vouliez en savoir plus, et je suis terrifiée, mais ne dit-on pas que lorsqu’on n’a plus le choix, on est libre ?

cosconv

banlivrejam

Histoires de corps, le livre

Hey there,

La série gloss de Jam Abelanet, à laquelle j’avais participé, s’est changée en un projet, « Histoires de corps ». Le projet est devenu un livre, et le livre s’est agrémenté de témoignages manuscrits de tous les modèles, illustrant la diversité des rapports au corps que nous pouvons avoir. J’ai une affection particulière pour ce projet pour deux raisons, l’une évidente – sa proximité avec mon propre champ de recherches – et la seconde très contingente – ma participation coïncidait temporellement avec une phase de forte réappropriation personnelle.

Jam a donc couvert d’huile et photographié des corps et des histoires très différents, avant de demander à chacun de partager un petit bout supplémentaire d’intimité à travers de courts textes… écrits à la main, qui plus est. Pour en avoir vu quelques-unes, il y a de très belles perles, et je suis certaine qu’il y en a plein d’autres que je n’ai pas aperçues.

Tout ceci pour vous dire qu’une précommande est d’ores et déjà lancée sur Kisskissbankbank, et que, si le livre vous intéresse, il vous reste un mois pour vous manifester et faire aboutir le financement !

(Clique sur l’image, copain !)

14794055_10208961782616398_1978060100_n

Déclics – Version courte

Je vous parlais cet été d’un shooting chez Julie de Waroquier pour le tournage du pilote d’une future émission en projet, qui présenterait des photographes inspirants. Ce projet est porté par NoliTa Prod, et si une version longue où on nous verra nous exprimer plus précisément sur notre façon de travailler – et de travailler ensemble -, je peux déjà partager ce trailer avec vous.

DECLICS Julie de Waroquier from Florence Rivières on Vimeo.