Xander

Xander est le fondateur du Vrac, la seule association de Schrödinger à ce jour (pour reprendre l’heureuse formulation d’un de nos camarades de websérie).

Et bref, on est allés faire des photos. La vibe super-héros nous a vite rattrapés et je me suis en conséquence un peu lâchée sur l’un des traitements, mais dans la réalité : j’aime bien ça.

The Yggdrasil Network

Donc, j’étais en train de galérer avec mes couvertures quand Elie Bescont a spontanément proposé de m’aider à prendre la photo que j’avais en tête – sans flou de bougé.

Ainsi, désormais, ceci existe :

C’était étrange, de le finir – dans les temps. Car il y a eu des temps, et ils n’ont pas été franchis. Il me semble que, dans les derniers temps de l’écriture d’une histoire, je vole au-dessus de l’eau : je sais enfin où je vais, et comment j’y vais. Alors que dans les premiers temps, je renâcle, je procrastine, je me distrais, je fais comme suit :

Mais ceci est, déjà, une autre histoire sur le point d’arriver. Parlons de The Yggdrasil Network. Oui, je donne encore et toujours des titres anglais à des textes écrits en français ; estimez-vous heureux, vous avez échappé au titre de travail qui était Stalk-Story.

Mais si Stalk-Story est une comédie musicale, ou à la limite le projet de court-métrage qui a donné naissance à ce livre, alors que The Yggdrasil Network est mon second roman – bien que je ne sache pas encore comment se termine le premier. Il parle de surveillance, de hackeurs, du capitalisme, de mutants, de sorcières et de fantômes. Il parle surtout d’une émotion que j’espère secrètement que vous identifierez.

Pour le lire, vous pouvez :
– Rendre visite à mon Tipeee, sur lequel le roman sera publié au rythme d’un chapitre par jour à partir d’hier.
– L’acheter en Kindle.
– L’acheter en édition print.

Il est possible que j’aie commencé à écrire la suite. Sous une forme, une autre, ou les deux. D’ailleurs, TYN est déjà un peu une suite de Burn-Out. Nous verrons ce qui arrive à ce monde, ce que j’en ferai et ce qu’il fera de moi.

Et de vous.

« Je préfère bosser avec des passionnées »

Il y a des choses un peu agaçantes dans la vie. La dissonance cognitive et les double-standards, par exemple, c’est agaçant. Notamment ce double discours qu’en tant qu’artiste, on expérimente constamment :

Si tu n’arrives pas à vivre de ton art, tu n’es pas un vrai artiste.

Si tu demandes à être payé pour ton art, tu n’es pas un vrai artiste.

Au-delà de la problématique de définir ce qu’est un vrai artiste, qui me semble assez proche du débat du talent qui est une notion qui ne sert qu’à introduire un système de castes, au-delà, même, des débats un peu bas de plafond consistant à se demander quel type d’activité artistique peut être qualifié de métier ou non, et selon quels critères – j’aimerais qu’on se penche sur ce qui se joue vraiment quand un client demande à un artiste de baisser ses tarifs parce que d’autres le font par amour de l’art.

Mais, chers clients, si vos autres collaborateurs et collaboratrices sont suffisamment à l’aise financièrement pour se permettre d’accepter d’être sous-payé•e•s, tant mieux pour elleux. Ce n’est pas mon cas. Ce n’est, à vrai dire, le cas d’aucun artiste que je connaisse. La passion ne nourrit pas, la sensation d’accomplissement artistique ne paie pas les loyers, et quand j’entends des gens essayer de culpabiliser mes camarades (et moi-même) parce qu’ils et elles ont eu le front de réclamer qu’on les paie pour leur travail, je vois rouge.

Ce qui se passe quand un artiste accepte votre tarif cassé, et que vous interprétez ça comme un intérêt plus grand porté à l’art qu’à l’aspect pécunier (l’argent c’est sale, et il est connu que la satiété tue l’inspiration), neuf fois sur dix c’est ceci : il pense ne pas avoir le choix.

Parce que la prochaine facture, la prochaine échéance de loyer, le prochain ravitaillement ou même le prochain renouvellement de matériel – vous savez, ce matériel dont on se sert pour créer des trucs – arrivent. Parce que vous n’êtes pas le seul à dévaluer le travail des artistes. Parce que c’est toute la société qui le fait.

Parce que, pour faire de l’art, encore faut-il être en vie.

Spirituellement vivant aussi, oui. Mais physiquement, corporellement envie, c’est un sacré bon premier pas.

Ce qui se passe quand vous sous-payez des artistes, ce n’est pas que vous vous assurez de travailler avec les plus passionnés – vous vous assurez, en fait, de travailler avec les plus précaires, ceux qui ne peuvent pas se permettre de refuser vos tarifs cassés. Vous capitalisez sur la pauvreté.

Si vous n’avez pas les moyens de rémunérer correctement des artistes, vous faites comme les gens décents : vous vous débrouillez. Si vous n’avez que 100€ de budget pour photographier votre mariage, 20€ pour une illustration, et que sais-je encore, c’est votre problème. Mais quand vous nous culpabilisez, quand vous commencez à remettre notre engagement en question comme si qui que ce soit était susceptible de faire ça pour l’argent, la violence n’est pas seulement symbolique, elle est économique.

Je n’ai pas envie d’entamer une démonstration sur le fait qu’on puisse réclamer une rémunération pour une activité artistique et être quand même passionné, car c’est une évidence. Mais j’aimerais que les gens qui tiennent ces discours réalisent l’endroit d’où ils les tiennent – presque toujours un endroit où la vie est plus confortable que celle à qui ils adressent ces sermons.

Vous nous demandez toujours de nous mettre à votre place, vos discours sur le fait que vous ne pouvez pas faire autrement que de faire de l’art ne se tarissent jamais. Ne vous en faites pas, nous non plus, sinon on ferait autre chose.

Alors mettez-vous à notre place, un de ces jours, ne serait-ce qu’une fois.

On avoidance

So,
You’re so fuckin’ great
I wanna write songs about you
songs and novels and poetry
but I never do.
I never write
about what feels good ;
about anything that’s meant to stay the same for a while,
I must remain silent.

I still tried
to drink you out of my system
to joke you out of my system
to cry you out of my system
to fuck you out of my system
all while you weren’t there

But the truth is
I can’t write about you
because if I do,
I might start to move on
and I don’t want that
because you feel good
because
even though you’re this
impossible boy,
even though I can only think,
there is nothing bad to think about,
and I’d like to keep that
just a little
longer

Fucking myself out of loving you
doesn’t work
Crying myself out of loving you
doesn’t work
Talking myself out of loving you
doesn’t work
Wasting myself out of loving you
I haven’t tried that
because you deserve
so much better

I do not want to risk
writing you out of my head
because the truth is
if I do
I might start to move on
towards what?

And
if you’re
the impossible love of this part of my life
what does that make you
and what’s left of you
when I start growing forward?

That makes you
what you were all along

That makes you my friend