Tous les articles par Florence Rivières

Couteau suisse autodidacte, licenciée en philosophie, comédienne, modèle de l'extrême, photographe, autRICE, amoureuse de thé et de voyages et de cascades, féministe (obviously), hippie, troubadour, geek sur les bords.
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Il était une fois

Certains projets mettent tellement de temps à sortir qu’on se dit en les voyant « Tiens, un revenant ! ». C’est le cas de Paradoxe, qui s’appellera désormais Paradoxal urban fantasy suite à un vote citoyen au sein des membres de l’équipe. Elle nous en aura fait baver cette série – et d’ailleurs, si pour la majorité d’entre nous c’est fini, j’ai envie de saluer le courage du compositeur et de l’ingénieur du son en charge du mixage, qui ont encore trois épisodes et une scène à finaliser.

Je devais simplement jouer et « organiser » (en réalité produire, heureusement que je suis une adepte acharnée du « apprendre en faisant »), et finalement… Gautier m’a dit, à un moment donné « En fait c’est très étrange mais puisque le réal est parti et que tu te retrouves avec toute la charge de travail, tu deviens de fait la réal… de post-prod. » Ce qui est un poste qui n’existe pas, et pourtant il fallait bien le tenir, faute de quoi tout le monde aurait travaillé pour rien. C’était une expérience étrange que de se retrouver à la DA, mais avec une matière première déjà existante, donc imposée.

Toujours est-il qu’on a enfin un épisode 1 à vous montrer.

L’épisode 1 :

Le pilote de l’épisode 1 :

La raison pour laquelle on a commis deux versions de l’épisode 1 (et cette explication vaudra aussi pour l’épisode 2), c’est que le personnage de Viviane a eu deux interprètes au début de la série. Or, déjà choisir c’est pour les autres… et ne pas utiliser la scène avec Marion, c’était aussi se priver du plan sur Justine de l’épisode 1 pour lequel elle a attendu beaucoup trop longtemps pour que ce soit acceptable. Voilà pour les explications !

Quand j’ai décidé de prendre mon mois de décembre à monter tous les épisodes, c’était surtout pour ne pas laisser tomber à l’eau les 9 jours de travail d’une grosse vingtaine de bénévoles. Et puis, « Terminer, publier, oublier » est un autre motto qui m’est cher. Ça a été un projet chaotique, dans des conditions qui ont été un tas de choses mais certainement pas idéales, mais on l’a fait et le début est là. Personnellement, j’y attache surtout l’importance des rencontres et des choses que tout ça m’a appris – et c’est déjà pas mal.

Alors j’espère qu’il vous divertira un peu !

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Sélection au FIS-MED

Dans les bonnes nouvelles : il y a quelques temps j’ai monté , en une dizaine de minutes, ce trailer absolument improvisé. Je l’avais fait parce qu’un ami m’encourageait à présenter la saison 1 de SVVD à un fesival, le FIS-MED (Festival Internacional de Series Web) pour sa seconde édition à Medellín.

Et ce soir, alors que j’avais presque oublié avoir candidaté, j’ai reçu la nouvelle : on  est sélectionnés ! Quelle que soit l’issue de la compétition, c’est déjà quelque chose à quoi on ne s’attendait pas, et certainement pas si tôt dans la vie de la série.

Laurel episodio 2

Donc, voilà : en résumé, nous sommes heureux.

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Fabien

Fabien je l’ai rencontré à une murder party. Et puis il est venu nous aider sur SVVD. Alors, quand il m’a demandé de l’utiliser pour essayer de créer des images, je savais déjà que je lui trouvais quelque chose d’un enfant sauvage un peu trop grandi, et c’est ainsi qu’on s’est retrouvés à Fontainebleau au coucher du soleil.

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WTF Fest

Iffic m’a proposé de participer à une non-exposition, sur le What the Fuck Festival, au cirque électrique. Le concept : on prend des gens en photo directement sur le festival, on les imprime sans passer ni par Lightroom ni par Photoshop, directement, et on les accroche sur une corde à linge (ok, sur une corde à shibari avec des pinces à linge.) J’étais en compagnie d’Amaury Grisel et de Niko « Ombilik » de son pseudo. Et l’ambiance était très chouette. Alors, voilà quelques-unes de mes favorites.

(Oui, j’en ai profité pour donner la chasse aux cicatrices, mais même pas tant que ça.)

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Pourquoi je ne viendrai pas ce soir

J’ai pensé à venir.

Et puis je me suis rendu compte que je n’avais plus confiance. Par défaut. Que je partais du principe que peut-être, probablement même, quelqu’un dans la pièce couvrait un agresseur. Par défaut. C’était statistique, mais je crois que je ne voulais pas le voir. Jusqu’à ce que ça m’arrive, plusieurs fois.

Je me suis dit qu’il fallait passer outre, ignorer cette possibilité, parce qu’à partir du moment où je sais où ils sont, qui ils sont, ils ne peuvent pas m’atteindre, pas vraiment, pas dans ma chair. Ignorer tout ça, essayer de voir le meilleur en les gens et tutti quanti. Et puis je me demande pourquoi c’est à moi de faire l’effort d’ignorer qu’il y a des violeurs et que sans doute beaucoup de gens dans la pièce leur serrent la main et les appellent mon ami.

C’est ce que ma mère me disait toujours. De les ignorer. Elle, elle parlait des autres enfants, à l’école, ceux qui trouvaient que je n’avais pas la bonne attitude, pas les bons goûts, pas les bons habits, pas le bon humour – que je n’étais pas assez comme eux. C’était terrible parce que tout ce qu’ils étaient allait à l’encontre de ce que j’aimais et dont j’avais envie, et en même temps j’enviais leur quiétude, leur certitude que le monde était bien en place autour d’eux.

« Ignore-les. » C’était comme un mantra. Personne n’aime être ignoré et c’était une petite école avec peu d’endroits où se planquer. Ça ne les a jamais vraiment calmés. Ni moi, au début.

« Ignore-les. » On ne sait pas comment les gérer tes émotions, alors débrouille-toi pour nous les épargner.

Petit à petit, la consigne d’ignorer ceux qui me faisaient mal s’est transformée en celle, plus simple, d’ignorer simplement ce qu’ils me faisaient ressentir. Et, plus tard, de bien garder mes oreillettes enfoncées dans la rue. Et, encore plus tard, de faire comme si c’était ok de s’entendre dire que des violences pouvaient être des histoires personnelles et, de viols, que chaque histoire avait deux côtés.

Je suis moi-même une sorte de connasse rationaliste. Mais ce n’est pas pour autant que je crache à la gueule des victimes.

Parce que, quand vous ne prenez pas parti lorsqu’il y a oppression, vous prenez celui de l’oppresseur. Il n’y a pas de neutralité. Est-ce que seuls les Siths sont aussi absolus ? Ce n’est pas à moi de le dire. Ce qu’il ne vous appartient pas de dire ? Je ne me permettrai pas de juger. Répète après moi : le viol, c’est mal.

Est-ce que la présomption d’innocence est importante ? Oui. Est-ce qu’elle justifie de se constituer à la fois juge et parti en lançant littéralement à la gueule des victimes Je m’en fous, de ce qui t’est arrivé, ou encore De toute façon qui me dit que tu ne mens pas, hein ? Non, hein. Est-ce que certains violeurs n’ont pas conscience de l’être ? C’est évident. Est-ce que ça rend ces personnes moins problématiques ? Mais à quel moment est-ce qu’il est seulement possible de considérer ça comme une excuse ?!

On ne vous demande pas de former un tribunal populaire et de mettre à mort nos agresseurs à coup de caillasse. On ne vous demande pas de les enfermer dans vos caves et de les torturer pour les faire avouer. On vous demande, juste une fois, de ne pas faire en sorte que vivre dans un monde où quelqu’un nous a fait ça comporte la double peine de ne plus oser ouvrir la bouche, ni pour nous ni pour les autres, à ce sujet. Un monde où, quand tu me demandes ce qui est arrivé et si tu peux en parler à qui de droit, je ne te vois pas trinquer la semaine d’après avec mon agresseur que tu parlais de confronter.

Un monde où on ne serait pas obligés de définir le soutien que devrait recevoir n’importe quelle victime en négatif.

Je ne viendrai pas ce soir, ni un des autres soirs, pas parce que j’ai peur que certain violeur soit dans la pièce, pas parce que je crois que vous êtes tous des violeurs en puissance, mais parce que je pense que pour beaucoup d’entre vous, vous continuez à en couvrir.

Et que la diplomatie, la cohésion du milieu, le fait qu’ils ne vous aient jamais posé de problème à vous personnellement, ne constituent pas des excuses.

Et que quel que soit le nombre de gens dignes de confiance, je ne me sentirai jamais en sécurité dans une pièce où ne serait-ce qu’une personne risque d’être de ceux-là.

Faire semblant de rien, serrer des mains et rendre des sourires dans des conditions pareilles, ce ne serait pas être adulte. Ce serait nier le respect auquel j’ai droit, auquel toutes, on a droit.

Alors je ne viendrai ni ce soir, ni un des autres soirs, parce que sur ce sujet ce n’est pas à moi de composer avec le fait de ne pas être en sécurité dans ce monde. C’est à ce monde de créer les conditions de ma, de notre, sécurité, y compris émotionnelle.

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