The other hideaway

Fear not. In here, you are safe.
Every last thing inside bites,
Yes, but only at oneself.

Not that you have yet seen
The underneath of that peel.
How do you scratch yourself in ?
You may not. You ask. Politely.
And then you may come in.

You might find yourself lost at first
In this messy, yet familiar labyrinth.
You are not ;
The walls will be holding you
As much as they need company.
So reassure yourself.

While you take one step after another
If you ever rise your fingers
Against bricks and paper and clay,
You could feel the breathing, endearing sighs
Of what’s been left inside.

Then you’ll cross figures in the shadows
– Do they live ?
This you shall find out for yourself
Clues here cannot be handed
– Only heard from lost whisperers.

Fear not, here you are safe
And the house can’t stay
Around of you for long.

Fear not, here you are safe
Although you can’t leave it
It will leave you in time
And without noticing
You will stay there and chafe
The very roots from which
You’d been living inside.

Fear not, but be safe.
If you ever come back
There’ll be two of a kind
That shall fall together.

Je crois que je me suis un petit peu inspirée du premier roman de mon amie Zoé, alors, je lui ai emprunté un peu de titre.
•••

Être adulte et être fort•e

Quand j’étais gamine on m’a appris qu’être “grande”, qu’être “adulte”, c’était être indifférente. Ça a commencé comme une tactique de survie dans la cour de récré. Parce que, la cour de récré, ce n’était pas comme mon jardin – je ne pouvais pas me contenter de grimper en m’accrochant à des branches et des planches vermoulues qui se seraient brisées sous le poids de mes frères et de mes cousins s’ils avaient tenté de me suivre. La cour de récré c’était à 95% cet espace rectangulaire, bétonné, plat, à ciel ouvert. Des 5% restants dépendaient ma conservation – la survie c’était autre chose. Par survie, je n’entends pas l’évitement de notre mort physique, mais de notre conscience de nous-même. Notre esprit. Notre identité. Notre âme, ouais, si vous voulez. Le problème c’est que la tactique qui consiste à refouler toute réaction quand ton père, ton frère ou tes petits camarades sont en train de te rouer de coups pour le plaisir – ça ne marche pas. Ça ne sert qu’à les priver de leur plaisir et peut-être à ce que ça se termine plus vite, mais tu es en train de te cacher tout pareil que si tu avais filé hors d’atteinte, en haut d’un arbre où d’ailleurs tu as fixé des planches – parce que tu sais qu’ainsi, sur cette fourche, là, tu peux te caler et t’endormir, et là, un peu à l’abri, tu peux fixer un livre. Tu as l’habitude.

Mais quand tu te caches, tu ne les empêches pas de te tuer – tu les empêches seulement de le savoir. Cette affaire de fierté, parce que ce n’est que ça – tu n’en gardes rien si ce n’est une capacité à être invisible dont tu peines ensuite à te débarrasser. À raser les murs sans le savoir.

Et donc, on me disait : cache tes émotions, c’est ça ta défense. Bien sûr, je ne pense pas que ça aurait amélioré ma situation concrète si je les avais regardés dans les yeux et que j’avais dit : vous me faites du mal, là, mais peut-être que je n’aurais pas mis tant d’années à comprendre que tout ce truc d’être fort, là, et de ne pas vouloir montrer ses faiblesses, c’était la pire des fumisteries. On ne sait pas comment intéragir avec tes émotions alors s’il te plaît cache-les, comme on cache les vidéos d’abattoirs et d’enfants morts en essayant de fuir des pays en guerre et les statistiques sur les violences conjugales – par décence. La décence, c’est drôle, c’est toujours les gens qui n’ont pas de problèmes qui déterminent où s’en trouve la limite.

Le souci plus profondément, c’est qu’on commence par cacher nos larmes sous les coups, puis notre peur des autres, et à la fin on a tellement caché de choses, tout ce qui pouvait nous rendre vulnérable – qu’on n’a même plus accès à qui on est, ni à qui on pourrait être. Ça reste là, comme une poussière au coin de notre oeil, on sent bien qu’il y a quelque chose qui s’agite et qui griffe mais surtout on ne regarde pas dans cette direction. Parce que c’est devenu pratique, aussi. Si rien n’est un risque, alors tout est confort. Ressentir c’est un risque. Vouloir c’est un risque. Mais ressentir trop fort c’est pour les enfants, et vouloir ce qu’on n’est pas certain d’avoir ce n’est pas un truc d’adulte.

Et c’est important d’être des adultes, non ?

Je ne sais plus exactement quand j’ai arrêté ça, sans doute parce qu’il a fallu que je l’arrête de nombreuses fois, et c’est dommage parce que s’il y avait un mode d’emploi clair ce serait peut-être plus facile d’obtenir des gens qu’ils se parlent et soient vrais sans être dans la stratégie en permanence. Mais ça fait partie du truc – il y a à tâtonner dans le noir, là où sont les farfadets, et les laisser nous malmener un peu eux aussi. Il y a des labyrinthes à parcourir et ça se fait tout seul – et la seule chose qu’on peut faire avec les autres c’est prendre le risque d’être complètement ouvert en deux. Mais leur action à ce moment-là – être là, tout près, au point que tu sentes leur souffle sur ta nuque et l’odeur de leurs crocs qu’ils pourraient y planter à tout moment – ce n’est pas précisément de l’aide. Et tu ne peux pas le faire de loin parce que la vie, c’est autre chose que de regarder les autres gens depuis une distance de sécurité.

Mais voilà : un jour tu arrêtes d’essayer d’avoir l’air adulte et forte et c’est là que tu réalises à quel point tu peux l’être. Et ça fait mal et c’est dur mais c’est là que ça grandit. Et tu recommences, parce que c’est ce qu’il faut.

Mid-point

I don’t sleep • Growing • It’s not working • What if it doesn’t work ? • I can’t make it work • I don’t know who I am anymore anyway • roots • What if it’s not meant to be ? • You’re the most important person in my life and yet if you were to disappear, my schedule wouldn’t shake an inch. • What if I fail ? • I asked for that • It’s mute now, my instincts, they don’t tell me anything, or maybe I forgot how to listen AGAIN • I’m not alone •  I can’t go • I know that • I’ll always be alone, same as everyone • Maybe I don’t care enough • Too many shits given • right after having • What if it’s too late • Maybe I have already given up • and my body is ruined • I just need to keep working • I don’t trust them • I don’t know how • I know they’re somewhere but when I don’t see them it’s like I can’t even remember their faces • I love you pals • branches • and I can’t ever be as flexible again ? • I want to be here •  I never learnt how to focus • Everything will be okay in the end • I care too much • I miss you • grown • Come on, get your shit together already • You should be writing • And yet, I’m still struggling • I don’t have enough time • Sometimes I feel like I’m just spilling all my vulnerability over for people and I should just be putting it on paper • Guilt •  You told me my fear was good, that it meant I wasn’t unconscious, but what if I was ? • Nobody’s here • What the hell am I doing ? • The point is to grow • I can do it • Come what may • Protect myself • (It’s just freakin’ hard) • I’m just trouble waiting to happen • I can take a hint, but my soul won’t •  I just want to climb a tree and sleep there for a while • Everybody’s got their story to write and you’re no exception • GET BACK TO WORK •

… Yes. Yes, I can.
I can, and I will.

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