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Rencontre à OI Evreux

À la suite de la rencontre chez OI Paris, ce sont les trois clubs photo d’Evreux qui m’ont accueillie dans les locaux d’Objectif Image Evreux, en Normandie.

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Je suis toujours bluffée par la bienveillance des gens dans ces occasions ; on était là pour parler de L’art de la pose, mais je crois qu’on était toustes plutôt content•e•s d’être là, alors on s’est mis à discuter de cicatrices et d’autoportraits tous semble, et ce jusqu’à bien 23h ; et ç’a été l’occasion de « placer » le livre dans une librairie indépendante hors région parisienne. Cela m’a encouragée à enfin créer la carte de référencement des librairies et studios photo où l’on peut trouver le livre, pour qui voudrait se le procurer en direct !

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Convention du costume

La convention du costume, c’est l’endroit où j’ai fait ma toute première conférence, en décembre 2016. Ça implique certaines traditions, comme le fait de demander aux gens s’ils sont bien certains d’être dans la bonne salle avant de commencer, de bannir les amis de la salle par retour du syndrome de l’imposteur, placer des citations de Kaamelott dans les parties improvisées de la conférence et être contente parce que les gens sont gentils.

Alors, voilà.

Merci Fenriss pour la photo (et pardon de te forcer à regarder les captations) !

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Geek Faëries 2018 – Les Souverains et un peu de SVVD

On pourrait, vu mon assiduité en convention des… cinq dernières années,  s’étonner de ma présence aux Geek Faëries de cette année. J’en suis la première étonnée, mais il faut attribuer la paternité de cet événement à Xander et plus globalement au Vrac ; on y présentait la saison 2 des Souverains, dans laquelle j’ai joué un personnage l’été dernier. On y écoutait aussi en boucle la musique du teaser de la saison 1 :

Mais, en fait, outre le fait d’être avec des gens bien et juste à côté du stand des Seigneurs d’Outre-Monde, je voudrais saluer la bienveillance de tout le monde dans le quartier des webséries. L’un des arcs scénaristiques du week-end aura été, pour moi, une sorte de reboot de The Art of Asking sous forme d’escape game grandeur nature. Une cascade d’événements impliquant entre autres les créateurs de Roleplay That Movie, le créateur des Comptines Barbares et plusieurs assistants réal’ de SVVD, je me suis retrouvée à présenter un teaser de la série monté en vingt minutes derrière le stand juste avant la nocturne et à la présenter au débotté.

Du coup, j’en profite pour vous montrer… le nouveau teaser !

Je n’ai pas réussi à intégrer un lien vers leur série à mon histoire, mais je voulais aussi signaler un gros coup de coeur pour l’équipe de Paradigma, dont le travail est plein de promesses, et le genre de promesses qui me plaisent beaucoup : la profondeur camouflée sous l’humour, notamment.

Ce post est finalement assez peu utile, si ce n’est mon envie de remercier ceux qui ont fait de ce week-end ce qu’il a été, et, d’une manière générale, tous ces gens qui sont, pour moi et les autres qui sont comme moi, des occasions de moins s’excuser.

Merci, et ravie. (#Eravis) (#humourdefan)

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Trente-huit minutes

« Dis, ça fait combien trente-huit minutes en âge de renard ? »

Des bribes.

Je n’aurai pas le temps de vous dire au revoir à tous. C’est une évidence. Parce que je frôle tous les milieux sans faire partie d’aucun, parce que socialement je suis presque un outsider professionnel – parce que je n’ai pas le temps et que j’ai réalisé dernièrement que je ne le prendrais pas.

Un an ce n’est rien. J’en connais que ça désespère tellement c’est long. Avant-hier je discutais avec quelqu’un de mon âge et on se disait qu’on allait bientôt mourir et qu’on avait perdu – non : passé – assez de temps à chercher qui nous voulions être. Pourtant, ni l’un ni l’autre n’avons l’intention d’intégrer le très select (non) club des 27 : il y a juste l’urgence de faire et faire encore parce que c’est la seule façon qu’on ait de nous en rapprocher.

Je ne peux plus passer mes étés à faire des tours de France et du monde pour rassurer tous ceux que j’aime sur le fait qu’ils sont importants. Ils le savent. Petit à petit, je me permets d’être un ours quand j’en ai besoin et le monde n’a pas explosé pour autant.

Peut-être que je me referme. Des portes se ferment en tout cas, à l’intérieur, mais pas en réaction. Peut-être ont-elle atteint leur durée d’ouverture maximale. Elles se rouvriront, ou non.  Je ne sais pas prédire ces avenirs-là.

Je crois que je ne connais pas de forme d’amour plus épidermique que les coups de pieds sous les tables, finalement.

Comment tu fais quand tu t’es trompée, et que ça a eu des conséquences sur ceux que tu aimais ? Tu fais comme d’habitude, tu fais avec. Mais cette pilule-là n’est ni rouge, ni bleue : elle est juste dure à avaler. Et toujours cette petite rengaine : si j’avais pris conscience, si j’avais insisté davantage, si je n’avais pas eu cette insistance à croire que c’était moi qui avais provoqué ça, si j’avais laissé tomber le principe de la présomption d’innocence juste cinq minutes.

T’es pas coupable, mais bordel, qu’est-ce que tu donnerais pour revenir en arrière et rejouer toute la scène en ayant ne serait-ce qu’un tout petit peu plus mauvais caractère.

Mais tu ne peux pas.

Et celles qui n’ont pas deviné se sentent encore plus coupables que ceux qui violent, évidemment. C’est comme d’habitude.

Et pour l’autre, le second ? Faut-il avertir ? Mais qui ?

Être une meuf, quand t’as pas de preuves, c’est la merde.

Quand tu as des preuves aussi, remarque.

Par une coïncidence hasardeuse, ma productivité a chuté pile à ce moment-là. D’un coup. Mais tant qu’il reste la possibilité de se raconter qu’il n’y a là que du besoin de repos, tout va bien.

Non ?

Je n’ai pas peur de toi. C’est déjà ça.

L’est-ce ?

Et puis on me le demande encore, et je ne sais toujours pas. Comment on fait. Je l’ignore. Je sais vaguement quoi faire, avec mon corps et mes mains et mes pensées à moi, mais alors « on », comment il fonctionne, c’est un mystère.

Même moi. Je sais comment me redémarrer mais pas encore très bien comment décider de le faire.

J’ai la chance, insensée dans mon milieu de créatifs, d’être consciente de mes forces. La pugnacité. La capacité à faire en sorte que les choses arrivent. Je ne sais pas trop d’où ça vient, mais je décide les choses et après un volume d’efforts et de temps non déterminé, les choses arrivent.

Évidemment la tentation est forte de considérer même cela comme une imposture. Et si le simple fait que mes projets aboutissent, que mes textes soient finis et publiés, que mes épisodes soient tournés, était ma façon de faire croire au monde qu’ils valent quelque chose ?

Du point de vue rationnel, c’est prendre le problème à l’envers. Du point de vue de la Fraud Police à l’intérieur de ma tête, c’est totalement cohérent. Le problème c’est que la police en question est si étroitement attachée à mes émotions – ma matière première donc – qu’il ne m’est pas possible de juste m’en éloigner et l’ignorer comme on le ferait avec toute autre influence nocive. J’ai besoin de rester là, en équilibre, et de la repousser à la main, jour après jour.

C’est bien je crois. Il me semble qu’à force de m’y frotter je la différencie de mieux en mieux de mon instinct de survie.

J’avais oublié ce morceau de moi. J’avais oublié où je me sentais chez moi, et c’est le bord de l’autoroute qui me l’a rappelé.

Comment j’ai pu oublier ?

Qu’est-ce que j’ai oublié d’autre ?

Ceux qui disent que l’ignorance c’est le bonheur n’ont rien compris.

Cette tristesse-là n’est pas partie parce qu’elle fait partie de moi. C’est simplement plus triste certaines saisons que d’autres. Mais il n’y a rien à en faire. Rien sur quoi travailler. Je sais où je suis, et où je ne veux pas être, et quels endroits n’existent plus. Où je suis, en ce moment, n’est ni la seconde ni la troisième option.

La tristesse se contente d’être là. En pointillés, comme l’a toujours été son objet. Mais presque inerte. Juste ce rappel que tu es vivante quand tu tombes dessus, de loin en loin.

C’est comme ça qu’on sait qu’une blessure s’est transformée en cicatrice.

Je crois.

Il y en a trop, partout, et en même temps je crois que je n’accepte pas de dévier de mon agenda. « J’ai décidé de travailler sur cette histoire et je le ferai », me dis-je.

Je crois que j’ai pris un peu trop au pied de la lettre cette histoire de ne pas être l’esclave de ses muses.

Photo : June Sky.

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Stéréotypes Busters

L’interconnexion des milieux et des projets audiovisuels semble porter en elle-même cette simple loi : plus on tourne, plus on tourne. C’est pour ça qu’en terminant l’un des tournages de SVVD, j’ai rejoint notre script, Maxence Fossat, sur son autre projet : ce court-métrage pour le concours Stéréotypes Busters. On était en terrain connu puisque la totalité des techniciens ont au moins déjà travaillé sur la websérie : Gautier Seguin au son, Cédriane Fossat et Raphaël Firon en directeurs de la photographie.

 

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On a fait ça un jour. C’était il y a longtemps. Si longtemps, que je crois que je ne saurais pas vous en retrouver la date pour ranger et article au bon endroit. Il n’y a pas de métadonnées sur les polaroids, je n’utilisais pas Google comme agenda et je crois bien que l’agenda papier sur lequel je notais mes rendez-vous d’alors je l’ai laissé dans les montagnes. J’avais oublié, et puis je l’ai revu il y a quelques années. Peut-être s’y trouve-t-il encore.

Elles ont fait partie de ma vie ces photos, parce que Paul von Borax nous offrait toujours quelques originaux que j’accrochais à mes murs. Au cas où il perde ses négatifs ? Mais rien n’est jamais perdu pour toujours au Piège, manifestement.

Si mon agenda est dans les montagnes, alors je devais avoir vingt, vingt et un ans peut-être. J’étais un bébé. Un bébé qui venait se rouler dans les froufrous et les voilages des autres et tous les miroirs que je me tendais, je n’y voyais que le regard des autres. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas très bien qui j’étais à ce moment-là, même si j’en ai cerné les prémisses.

Mais j’ai bien aimé ces moments-là. J’aime bien avoir avancé. J’aime bien mettre l’enfant et l’enfant plus âgée côte à côte et voir ce qu’elles ont à se dire. Les vieux souvenirs qui dialoguent ensemble, suffisamment longtemps après.

Ce n’est pas grave.
Ça va.
On s’en est sorties.
We made it through.

C’est un peu pour ça que je n’ai pas cherché trop vigoureusement à antidater cet article, finalement.

Je veux bien que tu sois là, maintenant.

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Emilie June

Je ne sais pas comment on fait pour rencontrer les gens. Alors je me suis dit que, pour te rencontrer, il valait mieux t’héberger. Ça, je savais le faire.

Et puis je t’ai prise en photo, et toi aussi tu m’as prise en photo.

C’est comme ça que les gens timides se rencontrent en attendant de savoir comment on fait, non ?

Modèle : Emilie June, bientôt sur Sigilí

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Photographe : June Sky – Modèle : Florence Rivières – Tenue : VoriaghIMG_1099

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Les hommes froids

Il y a quelques mois maintenant, je recevais un texto d’Anaël Verdier. En substance : « Tiens, maintenant que tu écris vraiment, tu pondrais 5000 mots sur le thème des hommes froids ? C’est pour aller dans une anthologie. » Et moi qui déjà à l’époque n’avais le temps de rien : « Allez ! »

C’est comme ça que je me suis retrouvée à écrire Froids, juste avant l’opéra, et à le contempler en me disant : Mais comment je peux écrire des choses aussi sombres en allant aussi bien ? Je crois que j’ai compris maintenant.

En tout cas, l’anthologie dans laquelle elle figure aux côtés de huit auteurs et autrices, coordonné•e•s par Patricia Ricordel, sort le 10 Mai. Tous les bénéfices en seront reversés à l’association Maison des parents de l’Océan Indien, et on espère toustes que nos nouvelles vous plairont assez pour permettre de lui rapporter un joli chèque :)

Et moi, je commence par le précommander : j’ai hâte de lire les autres nouvelles.

Couv-H-Froids.

 

Paris, France | "L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité." Oscar Wilde