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Stéréotypes Busters

L’interconnexion des milieux et des projets audiovisuels semble porter en elle-même cette simple loi : plus on tourne, plus on tourne. C’est pour ça qu’en terminant l’un des tournages de SVVD, j’ai rejoint notre script, Maxence Fossat, sur son autre projet : ce court-métrage pour le concours Stéréotypes Busters. On était en terrain connu puisque la totalité des techniciens ont au moins déjà travaillé sur la websérie : Gautier Seguin au son, Cédriane Fossat et Raphaël Firon en directeurs de la photographie.

 

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Odalisques

On a fait ça un jour. C’était il y a longtemps. Si longtemps, que je crois que je ne saurais pas vous en retrouver la date pour ranger et article au bon endroit. Il n’y a pas de métadonnées sur les polaroids, je n’utilisais pas Google comme agenda et je crois bien que l’agenda papier sur lequel je notais mes rendez-vous d’alors je l’ai laissé dans les montagnes. J’avais oublié, et puis je l’ai revu il y a quelques années. Peut-être s’y trouve-t-il encore.

Elles ont fait partie de ma vie ces photos, parce que Paul von Borax nous offrait toujours quelques originaux que j’accrochais à mes murs. Au cas où il perde ses négatifs ? Mais rien n’est jamais perdu pour toujours au Piège, manifestement.

Si mon agenda est dans les montagnes, alors je devais avoir vingt, vingt et un ans peut-être. J’étais un bébé. Un bébé qui venait se rouler dans les froufrous et les voilages des autres et tous les miroirs que je me tendais, je n’y voyais que le regard des autres. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas très bien qui j’étais à ce moment-là, même si j’en ai cerné les prémisses.

Mais j’ai bien aimé ces moments-là. J’aime bien avoir avancé. J’aime bien mettre l’enfant et l’enfant plus âgée côte à côte et voir ce qu’elles ont à se dire. Les vieux souvenirs qui dialoguent ensemble, suffisamment longtemps après.

Ce n’est pas grave.
Ça va.
On s’en est sorties.
We made it through.

C’est un peu pour ça que je n’ai pas cherché trop vigoureusement à antidater cet article, finalement.

Je veux bien que tu sois là, maintenant.

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Emilie June

Je ne sais pas comment on fait pour rencontrer les gens. Alors je me suis dit que, pour te rencontrer, il valait mieux t’héberger. Ça, je savais le faire.

Et puis je t’ai prise en photo, et toi aussi tu m’as prise en photo.

C’est comme ça que les gens timides se rencontrent en attendant de savoir comment on fait, non ?

Modèle : Emilie June, bientôt sur Sigilí

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Photographe : June Sky – Modèle : Florence Rivières – Tenue : VoriaghIMG_1099

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Couv-H-Froids

Les hommes froids

Il y a quelques mois maintenant, je recevais un texto d’Anaël Verdier. En substance : « Tiens, maintenant que tu écris vraiment, tu pondrais 5000 mots sur le thème des hommes froids ? C’est pour aller dans une anthologie. » Et moi qui déjà à l’époque n’avais le temps de rien : « Allez ! »

C’est comme ça que je me suis retrouvée à écrire Froids, juste avant l’opéra, et à le contempler en me disant : Mais comment je peux écrire des choses aussi sombres en allant aussi bien ? Je crois que j’ai compris maintenant.

En tout cas, l’anthologie dans laquelle elle figure aux côtés de huit auteurs et autrices, coordonné•e•s par Patricia Ricordel, sort le 10 Mai. Tous les bénéfices en seront reversés à l’association Maison des parents de l’Océan Indien, et on espère toustes que nos nouvelles vous plairont assez pour permettre de lui rapporter un joli chèque :)

Et moi, je commence par le précommander : j’ai hâte de lire les autres nouvelles.

Couv-H-Froids.

 

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Sur tous les fronts

Je crois que je me sens heureuse, en fait. Ça m’a frappée hier matin, cette pensée. Je revenais d’emprunter un sweat-shirt Sea Shepherd, j’avais mes documents de tournage fraîchement imprimés dans les mains, je remontais vers chez moi pour répéter SVVD (comme on recommence à tourner demain, autant vous dire que de la répétition, on en bouffe en ce moment. Dialogue-type : « Et attends, épisode 12 j’ai un SUPER LONG monologue en plan séquence travelling. » « Mais… C’est pas toi, la scénariste ? Pourquoi tu fais ça ? »), et j’ai soudain réalisé que cet ensemble, le soleil, l’odeur du papier, les courbatures et l’excitation, c’était quelque chose que j’avais envie d’appeler le bonheur.

Et puis le soir j’avais cette conférence chez Objectif image Paris, organisée par Nadir Merkal qui a suivi le projet de L’Art de la Pose depuis ses débuts. J’avais décidé que pour une fois, je n’écrirais pas toute mon intervention mais juste des lignes directrices, et qu’on verrait bien. C’était, de mon point de vue, un échec conférencier, mais une réussite humaine – peut-être qu’il va falloir admettre à un moment que je suis plus à l’aise pour parler avec les gens que pour parler aux gens, mais enfin ça se travaille et c’est ce que j’ai fait hier soir grâce à la bienveillance des personnes présentes.

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Et puis, il y a cet article paru sur Le Figaro Madame au sujet du polyamour où je suis citée, et où un lien vers l’épisode 1 de Sans Vouloir vous Déranger est présenté. Évidemment, s’agissant d’un média mainstream, on reste un peu en surface et certains raccourcis n’ont pas pu être évités, mais on retiendra de cette expérience que j’ai réussi à faire placer les mots « anarchie relationnelle » dans Le Figaro, ce qui me remplit de joie quoi qu’il arrive.

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Et ça tombe bien, parce qu’il reste jusqu’au 21 avril à 11h30 je crois bien, pour faire financer la tournage de la saison 2.

L’état du monde est de plus en plus atroce, mais bizarrement l’état de mes projets, ça va.

On se reparle vite ? :)

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« Worth it » is a fine goal

J’avais oublié mais c’est ce que font les réseaux sociaux – ils nous le rappellent. Ils ne nous laissent rien oublier, et parfois, rarement peut-être, je crois que ça dépend de ce qu’on leur donne à manger, c’est beau de se rappeler.

Ça fait un an.

Il y a un an, j’ai reçu les tout premiers exemplaires de L’Art de la Pose. On sortait de tournage, tout juste l’avant-veille, j’étais épuisée et Maxence était venu attendre le facteur avec moi, ce qui fait qu’il a hérité du tout premier exemplaire que j’aie dédicacé. On a monté les 650 kilos de livres jusqu’à la petite boîte carrée que, et c’était encore un peu nouveau, je pouvais appeler « Chez moi », j’ai ouvert un carton, arrêté pour un moment les mouvements désordonnés de mon corps emporté par l’euphorie, et j’ai ouvert un carton, et je les ai tenus dans mes mains. Les exemplaires de mon premier livre.

Bon sang que c’était bon.

Je me suis rappelé les galères, les moments de résistance, les vampires et les fantômes qu’il avait fallu chasser, les pièges qu’il avait fallu éviter – et ceux dans lesquels, au contraire, il avait fallu que je tombe pour pouvoir apprendre à en sortir. Les moments de doute et de découragement. Les nuits blanches passées à écrire, les pages blanches qui m’angoissaient tellement, les certitudes qui avaient volé en éclats. Je me suis rappelé de tout ça et, alors que mes mains touchaient le papier, je me suis dit que, si rien d’autre, ça avait valu le coup, pour ce moment. Et puis je me suis dit que, que ça vaille le coup, c’était bien, comme but.

Je crois que je me suis promis de ne faire que des choses qui vaudraient le coup sans vraiment me le dire, ce jour-là. Je n’ai pas toujours tenu cette promesse – mais rétrospectivement, j’ai grandi de chaque instant.

J’aimerais vous dire, de façon un peu emphatique, que je n’ai rien accompli de plus important de ma vie, et ce serait peut-être vrai, mais la réalité c’est que depuis que j’ai commencé à écrire ce livre, tout est devenu important. Je laisse les choses qui me tiennent à coeur l’être, surtout. C’est cette première réussite tangible qui m’a appris à quel point les échecs étaient précieux, et en cela, elle marque le commencement de quelque chose qui était resté en germe toutes ces années.

J’ai cet exemplaire que je destine à une éventuelle réédition. Il est plein de post-its indiquant des coquilles, des corrections à faire, des changements. « Cotisations » au lieu de « Charges ». Un pronom neutre pour la personne présente sur cette photo. Ce genre de choses. Je me le suis dédicacé. J’ai juste écrit : « You made it through« . J’étais pressée alors j’ai fait une rature. Il y a la page des remerciements, sur laquelle certains noms sont biffés, les noms des gens qui m’ont déçue, ou à qui j’ai accordé une place que, en réalité, j’étais la seule à fabriquer pour eux. Pourtant, je ne regrette pas de les avoir écrits là en premier lieu. Je crois que ces changements-là, je les ai faits en conscience – la conscience que ce qui était vrai à l’instant T de l’édition ne l’était plus, et que ma loyauté se devait à elle-même une sorte de clause de réciprocité. Certains liens finissent, et même après coup : still worth it.

Je me rappelle de la peur de ne plus rien avoir à offrir à ce moment. D’avoir tout sorti. Quelque part, loin dans les montagnes, un chevalier de gouttière éclatait de rire à ces mots. Il avait beau savoir que j’étais sérieuse, mes mots, eux, ne pouvaient être pris au sérieux. Il avait raison ; on ouvre une porte et on pense avoir déjà exploré toute la pièce sans réaliser le nombre de passages secrets, sorties cachées et dédales imbriqués que recèle cette première pièce.

Je ne peux pas écrire avec mon bracelet, je crois que c’est comme ça que je l’ai perdu. Et pourtant je ne veux pas me passer de lui. Ni d’écrire. Ni de jouer. Ni du moindre centimètre carré de liberté créative et émotionnelle. « J’ai principalement envie de tout« , comme dans Sex’Y.

Je veux écrire et je veux jouer et je veux tomber amoureuse et ensuite je veux écrire à ce propos, et recommencer. À un moment je voulais écrire, écrire, écrire jusqu’à en crever parce que j’aurais tout sorti justement, tout ce qu’elles contenaient, même ce qu’on ne pensait pas pouvoir utiliser. Même les restes et les échecs. Toutes mes tripes posées sur la table et réagencées, recopiées sur du papier. Mais on ne peut pas les faire rentrer ensuite, il me semblait, parce que quelque chose avait changé chez elles, dans leur nature, pendant le processus, ou alors c’est la place, à l’intérieur de moi, qui aurait changé ? Peut-être que je me sentais comme une modèle de Portrait Ovale, une qui aurait été une autoportraitiste – et peut-être qu’il y a de ça. Mais c’est pour ça qu’on a besoin de tomber amoureux – des gens, d’un instant, d’un paysage, d’un mouvement. Parce que c’est du mouvement. Et si ça bouge à l’intérieur, alors ça crée.

Et ça vaut toujours le coup, quand ça crée. Tôt ou tard.

Et dans mon cas, ça a vraiment commencé avec cette chose-là.

test coverEt ça continue dans tous les sens.

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Spectres

Hier il s’est passé quelque chose. Je me suis levée à sept heures, j’ai pris la route pour rentrer et je ne suis pas arrivée chez moi tout de suite. J’ai croisé un café sur ma route, j’avais commencé à griffonner des scènes pour une éventuelle saison 3 de SVVD dans mes pages du matin, et ensuite, une scène pour cette nouvelle que j’avais à l’origine démarrée pour un appel à texte, et qui finalement a largement dépassé la limite de mots dudit appel. Et puis j’étais en train de regarder ces griffonnages que je suis la seule à pouvoir déchiffrer, et il a fallu que je m’asseye et que j’écrive, et c’est ce que j’ai fait. Plusieurs heures et quelques douches destinées à faire croire à mon cerveau, qui s’était laissé distraire par les tâches de la vraie vie entre-temps, que c’était un nouveau jour, plus tard, j’avais une nouvelle terminée. Elle avait manifestement fini de se mettre en place d’elle-même. La bonne nouvelle c’est que j’avais déjà demandé à Paul von Borax son autorisation pour utiliser une de nos photos comme couverture, et que j’ai des relecteurs et relectrices terrifiant•e•s de vivacité. J’ai un truc avec les couvertures je crois. J’aime les faire, même si je ne suis pas maquettiste. Même si ce sont seulement celles d’ebooks que personne ne verra jamais « en vrai », en physique, sur du papier. Donner une couverture à un livre, même s’il n’est pas fini, c’est lui promettre qu’il existera bientôt. Et Spectres existe désormais. J’ai emprunté pour lui les éléments du conte sans en utiliser la forme, et je vous laisse avec quelques phrases et de quoi en feuilleter les premières pages.

Je me suis soudain rendu compte que j’ignorais quel âge j’avais.

J’avais oublié une chose, essentielle dans le rapport entre un miroir et son reflet ; c’est la lutte, intestine, interminable, pour tenter de déterminer lequel des deux est l’original.

Cover-Spectres   Oh ! Et si vous avez envie de lire mes nouvelles sans donner d’argent à Amazon, ce à quoi je vous encourage, il est possible de passer par mon Tipeee !

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Sex’y, teaser

Et puis il y a le souvenir, poignant, de l’émotion, et l’émotion qui était partie voleter, à quelques mètres de là, cachée dans tes cheveux peut-être, à la naissance de ta nuque – puisque c’est de là qu’elle part pour se développer de nouveau. Jamais partie. Jamais bien loin. Toujours là, muette jusqu’à ce qui la rappelle à nous.

Un teaser de Sex’Y est sorti !

C’est drôle, parce qu’hier il y avait cette soirée karaoké géante.

Vous n’êtes jamais bien loin.

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FOX

« Vous pouvez déposer ou envoyer le DCP au Grand Action »

C’est une phrase sortie d’un mail que je ne m’attendais pas à recevoir. Il m’informait que Je suis un Renard avait été sélectionné pour être projeté lors du Festivale di u filmu cortu Les Nuits MED, compétition « Jeunes réalisatrices ». Et en plus, en regardant le programme de la soirée sur le site web, je me suis rendu compte que nous étions la seule auto-production.

Concrètement ce que ça veut dire c’est que ma toute première (et unique, pour le moment) réalisation solo va être projetée dans un cinéma (le Grand Action, à Paris, métro Jussieu), que ce sera le 10 avril à partir de 20h, et que je serai là-bas avec une partie de L’Équipe. C’est même Eudes qui m’a sorti le DCP (le format cinéma donc), parce que je suis un bou… parce que je ne maîtrise pas encore toutes les subtilités de Première.

Venez si vous en avez envie ! On va bien s’amuser, j’en suis sûre.

Je suis un Renard / I am a fox (with english subtitles) from Florence Rivières on Vimeo.

Paris, France | "L'homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité." Oscar Wilde